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Tour du monde a velo - Terre de paysages

Récits - Europe

 

Mea culpa, suivant les pays les accents sont plus ou moins présents sur les claviers, ce qui explique leur absence dans certains de nos textes. Désolé pour cette difficulté de lecture.


Une traversée de la Grèce ... á la recherche des montagnesAP1110034.jpg
Athenes, le 3 février 2009
 
Après un noël en famille nous revoilà sur nos bicyclettes le long de la cote du Gargano. Une petite pause dentiste s'impose pour Florent...finalement sans gravité. Cela nous aura permis de goûter aux orecchiette de Gina, un régal, et de visiter le castel del monte avec Alessandra. Un château plein de mystères, perdu au milieu du brouillard. Puis direction Bari et la Grèce...
 
Nous allons quitter la Grèce comme nous l'avons trouvée...très accueillante ! Arrivée sous le soleil (enfin, après le lever du jour). Nombreux sont les gens á nous demander d'où nous venons, où nous allons, les klaxons sont amicaux, toujours là pour nous saluer ou nous encourager et même les propriétaires d'hôtels nous propose de planter la tente dans leur jardin,ne s'offusquant pas que l'on ne dorme pas dans leur établissement !
 
A Igoumenitsa Margaritha nous attendait, mais derrière la porte nous avons aussi rencontré Aline et Pierre, deux cyclos de Valence qui font le tour d'Europe en Tandem !  : http://europe.uniterre.com/ . Et nous voila á comparer tandem et vélos, remorque et sacoches, aléas de la vie de cyclo et façon de voyager (avec ou sans guide ? en ours de la montagne ou en personne sociable et avenante ?), puis finalement comme nos routes sont sensiblement les mêmes nous décidons de partir ensemble direction le site de Dodone et Ioannina...par les petites routes de montagne...et sous la pluie ! Partis pratiquement au même moment de France, mais en direction du nord puis du sud ouest, Aline et Pierre nous disent n'avoir eu que deux ou trois jours de pluie sans grande conséquence. Malheureusement pour nous quatre, notre petit diable de la pluie doit être plus fort que leur ange gardien du soleil !
 AP1200263.jpg
A Ioannina, nous commençons á sentir que nous prenons la route de l'orient. Les ottomans sont restés près de 400 ans ici et forcément il y eu des influences culturelles, les gâteaux nous rappellent ceux de la rue Chenoise á Grenoble, la musique nous évoque des sonorités turques, quand aux églises...elles sont byzantines et issues de l'Église d'orient, bien sure. A Ioannina nous routes se séparent avec Aline et Pierre, quand eux filent vers les Météores, nous faisons un petit détours par les Zagorias et le nord du massif des Pindes. Nous prenons de l'altitude á la découverte de villages où le travail de la pierre tient une place primordiale, elle est partout : murs, toits, ruelles...  Au bout de la route, les gorges de Vinkos, inscrites au Guiness des records pour leur profondeur et effectivement les gorges du Tarn nous semblent bien ridicules á coté de celles-ci.
 
Après les Zagorias direction l'est, Metsovo et le col de Katara. Nous quittons les villages touristiques pour nous enfoncer des les Zagorias profondes...plus nous avançons plus les villages se font rares, les fermes déglingues, le brouillard plus épais, plus humide, la route monte descend fait des tours et détours, les indications ne correspondent pas toujours á notre carte... et c'est dans cette région aux aires de bout du monde que nous faisons la connaissance des chiens grecs. La plaie du cycliste. Pire que le zobe croate, le chien grec !
Le chien grec est capable de nous voir arriver du haut de la colline ou du bas de la vallée et de se précipiter sur la route pour vous montrer ses jolies canines. Le chien grec est fourbe, passant son chemin l'aire de rien on peut le retrouver á 20 cm de ses mollets 2 minutes plus tard. Il ne faut jamais le quitter des yeux et surtout pas celui qui laisse ses congénères aboyer quand lui va se planquer de l'autre coté de la route dans le champ de maïs. Armés de gourdins (faute de fusils...malheureusement ou heureusement...sinon il y aurait probablement eu carnage) nous avons pris de l'assurance et commencé á élaborer des solutions : 1. la plus facile, une voiture nous voit pas très á l'aise, elle ralentit, se place entre nous et les chiens, le chauffeur descend, les fait taire....il faut être autoritaire, 2. donc descendre du vélo, leur montrer que l'on n'est que de simples humains et non pas des hybrides potentiellement dangereux et surtout donner de la voix pour leur montrer que l'on a pas peur, 3. accélérer en ayant le vent en face, de cette façon ils ne nous sentent qu'au dernier moment, mais ça ça ne marche qu'en descente ; il y aussi l'option accélérer en criant, le chien est surpris, stop pendant 2 secondes, les 2 secondes qu'il nous fait pour se faire la belle (attention les cris genre lionne en attaque ne marche pas forcement...mais défoulent bien), 4. cailloux ou pas cailloux, that is the AP1210323.jpgquestion... les grecs l'utilisent, nous on y venu dans certains cas, ça défoule et ça marche !, 5. le bâton c'est juste pour se rassurer soit même, parce que le vélo d'une main et le bâton de l'autre, c'est pas terrible terrible, 6. il y aussi l'option arrêter un véhicule en espérant qu'il comprenne notre situation, ça ne marche pas toujours, les camionneurs peuvent croire que vous leurs dites bonjour et vous répondent par de grands signes de la main...gentils mais pas très utile...par contre le camion peut servir de rempart contre les chiens et dans ce cas-là le jeu consiste á avancer le plus vite possible derrière le camion en espérant qu'il n'aille pas trop vite. Parfois le véhicule s'arrête, on discute en anglogrecotruc, on comprend rien, le véhicule repart...et les chiens vus trois lacets au dessus disparaissent comme par magie ! 9. une voiture arrive en sens inverse, elle klaxonne pour attirer les chiens et nous on en profite pour se piquer une bonne suée, 10. Rejoindre des régions plus civilisé, 11. prendre de l'altitude, les troupeaux et les fermes n'aiment pas le froid. Bref remarquant que le salut vient rarement du maître, mais plutôt des passants, motorisés ou non, on en est venu á préférer les nationales aux petites routes de montagnes et comble, á apprécier la présence des camions ! Mais pas de soucis, petit á petit nous développons certains réflexes : odeur de fumier = bêtes = fermes = chiens, cloches = bêtes = troupeaux = chiens, et pour nous = changement de vitesse, préparation vocale et choix dans l'une des options précédentes. Nous apprenons aussi á faire la différence entre les chiens de ferme et les chiens qui gardent un troupeau, les deuxièmes étant plus tranquille que les premiers. Quand aux chiens errants, on ne s'en soucie pas trop. Et puis comme nous le dira Marios á Larissa, les chiens aboient mais s'arrêtent toujours á 20 cm des mollets et laissent un passage entre eux pour te montrer le chemin.... hum.
 
Donc les chiens nous montrant la route á suivre, c'est dans le brouillard que nous passons le col le plus haut de Grèce, le col de Katara, 1690m ! Ensuite descente plein gaz vers les Météores. Une journée pour se balader au milieu de ces formations géologiques aux formes étranges, visiter les monastères construits á leur sommet, manger des loukoums en parlant espagnol faute de parler grec. Après Kalambaka, le paysage s'aplatit et c'est avec une vitesse moyenne de 20 km/h (notre maximum sur une journée, oui oui oui) que nous prenons la direction de Larissa et du Mont Olympe. Malheureusement par manque d'informations, parce que les numéros de téléphone des club locaux et des refuges s'avèrent être faux, parce que l'on ne connaît pas les conditions... nous n'allons pas rendre visite á Zeus mais repartons vers le sud, poser nos questions a la pythie.
 
Les agriculteurs manifestent, les autoroutes sont bloquées, tout le monde nous conseille de les emprunter. Malheureusement pour nous la route la plus direct pour Delphes passe par la nationale, nationale sur laquelle toute la circulation pour Athenes est déviée, forcement. Mais nous aurons quand même le plaisir de rouler pendant quelques kilomètres sur une voie rapide...vide de tout véhicule. Que la route est large, que prend elle comme place dans le paysage ! Les agriculteurs nous félicitent de circuler á vélo et nous laisse le champ libre sur l'autoroute...malheureusement nous prenons la première sortie, direction de nouveaux cols, la mer et Delphes.
 AP1290574.jpg
Visite de Delphes á la lumière du matin. Visite gratuite, privilège de cyclos ! Visite d'un site vide de touristes hormis...un car de scolaires lozeriens ! Florent prend note de l'agencement des pierres, pendant qu'Aurélie demande grâce aux dieux pour son ventre. Peine perdue, et Zeus (par vengeance de n'être pas venus le saluer ?) nous envoit une fois de plus la pluie. Heureusement Agghios Lukas nous a en sympathie et fait revenir le soleil quand nous approchons de son monastère. Mais Zeus reste le plus fort et souhaite plus que tout de nous voir arriver trempés á Athenes.
 
Nous voyant attaquer notre dernier massif avant Athenes sous la pluie, Gregory et son camion s'arrêtent et tiennent absolument á nous faire passer le col au sec. Hésitation, hésitation, il est 16h30, on serait á 17h30 soit á la tombée de la nuit á Elefsina, ville au bord de la mer, de l'autre cote d'une colline par rapport á Athenes. La ville est grande, on dormira-t-ton ? Nous essayons d'expliquer notre problématique á Gregory, mais notre grec est plus que limité. Hésitation, hésitation...finalement on monte. Sur la redescente on essaye d'expliquer a Gregory, qu'il vaut mieux pour nous s'arrêter dans la montagne, plus propice au camping, sauvage ou pas. Peine perdue et nous arrivons á Elefsina de nuit, comme prévu. Gregory nous laisse entre le port et la gare routière...Et lá, katastrOphe, comme dirait Branco. Florent s'en veut, veut, veut. Notre salut : une course cycliste qui se termine pile á l'endroit où nous sommes. On arrête un premier cycliste, pas d'ici, ne peut pas nous aider. KatastrOphe. On arrête deux autres cyclistes : "en français, c'est plus facile non ? on va trouver une solution !".  La solution : charger les 4 vélos, les 11 sacoches, les roues de secours et les 4 passagers dans la voiture pour prendre la direction du Pirée. Au passage, un aperçue de la voie rapide á laquelle nous avons échappée pour rejoindre Athenes. A Nikea c'est un foyer chaleureux qui nous ouvert sa porte. Après avoir maudit (un peu) Gregori nous devons le remercier de nous avoir permis de rencontrer AP2010090.jpgPanaios, Angeliki et toute la famille. Pendant deux jours nous faisons le plein de bonnes énergies et repartons complètement secs, propres et revigorés !
 
Cette semaine petite pause Athénique  : visites, repos...et travail. Et oui, qui parle de vacances ? Nous n'avons jamais vu le temps défiler aussi rapidement que depuis notre départ de France. Mais c'est sans doute parce que nous prennons le temps de déguster chaque instant...
 





Le long de la côte croatePB230246.jpg

Le 3/01/2009, Peschici (Italie)

Premier reveil croate : un petit port, le bruit des vagues, des petits vieux qui discutent, une nouvelle journée qui commence sous le soleil, tout ce dont nous rêvions lors de nos précédente pédalées pluvieuses. Si Mira avec qui nous étions en contact depuis plus d’un mois ne pouvait nous accueillir chez elle, elle tenait néanmois à nous rencontrer et nous inviter à manger. Nous sommes donc allés la chercher au "Grand Hotel" d’Opatija où elle participait à une conférence. "Mais vous existez vraiment alors ! " et oui Mira n’en croyait pas ses yeux de nous voir enfin. Ni une ni deux et nous voilà devant une soupe aux haricots puis des pates aux champignons et un bon morceau de sanglier. Un regal de spécialitées croates, pendant ce temps Mira se dépêche d’avaler son thé parce que si nous nous avons le temps, elle doit vite rejoindre sa conférence pour participer aux conclusions. Entre deux bouchées, elle a quand même pris le temps de nous trouver un toit pour la nuit et c’est ainsi que nous nous retrouvons chez Irena et son ami. Plutot qu’une nuit, ce sera deux que nous passerons chez eux pour cause de pluie et surtout de fort vent du sud. Le surlendemain nous repartons nous attaquer à la côte croate. La bura, ce vent froid mais du nord (donc celui que l’on aime sur cette partie du parcours), a poussé les nuages et la route se transforme en vrai partie de plaisir. On nous avait prédit une cote bétonnée à outrance, une circulation infernale et lorsque nous évoquions de possibles échapées dans les montagnes envirronantes, la route se transformait en calvaire insurmontable. Du coup nous avions fait une grosse préparation psychologique en s’imaginant pédaler aux pieds de barres d’immeubles et au milieu des pots d’échappements. Et … surprise : en dehors des villes, les maisons ont rarement plus de deux étages et si la côte est habitée, elle est loin de ressembler à la côte d’azur. Pour ce qui est de la circulation, l’autoroute draine camions et autres véhicules faisant de longues distances et en l’absence de touristes, il nous a seulement fallut nous méfier des bus et des estafettes des artisans. Une voie presque royale au milieu de paysages ne méritant pas les médisances qu’on leur fait, bien au contraire. Ici pas de plages de sables, pas de grandes falaises non plus, mais des montagnes descendant doucement mettre leurs pieds dans l’eau, des criques caillouteuses et surtout une mer d’une transparence à s’y jeter les yeux grands ouverts… s’il faisait un peu moins froid.


Après quelques centaines de kilomètres sur route goudronnée, le port-bagage de Flo casse une nouvelle fois. Au même endroit que précédemment. Nous passons devant un soudeur qui accepte de nous aider et Flo voit avec crainte le gars s’attaquer au métal. Nous qui avions fait attention de ne prendre que du matériel en acier nous apprenons avec surprises que la pate d’attache du port-bagage n’est pas en acier mais fait d’un alliage pour le moment inconnu et surtout beaucoup plus difficile à réparer. Notre ours-soudeur fini malgrès tout par faire tenir la chose, il nous promet que le tout va tenir jusqu’en Grèce mais certainement pas jusqu’en Turquie. Pendant que Florent remet le porte-bagage en remerciant, Aurélie boit deux grandes tasses de nescafé. Et oui quand l’un peu et l’autre pas, le premier a souvent double dose. Double dose de liqueur, double dose de café. Malgrès sa gentillesse le port-bagage cassera à nouveau quelques jours plus tard. Nouvelle réparation croate, puis renforcement italien quelques semaines plus tard, jusqu’à quand tout ça va tenir ?


La côte croate est parsemée d’îles au point qu’il y a peu d’endroit d’où il est possible de voir la pleine mer. PB230266.jpgPour cause de morte saison, les lignes de ferries entre les îles sont pratiquement toutes fermées, seules les lignes îles-continent fonctionnent et bien souvent à partir d’un seul port, nous obligeant à revoir un peu notre itinéraire. Première île, l’île de Pag, réputée pour son fromage de brebis. Le camping sauvage est interdit en Croatie, mais on nous avait dit que Pag était un des rares endroits où cela était possible. En effet le coté de l’île face au continent est plutôt désertique, mais n’est qu’un immense champ de cailloux. Ce qui est bon pour les moutons et le fromage, ne l’est pas forcement pour les campeurs et c’est avec un fort vent de face, nous forçant à pédaler dur dans les descentes, que nous avons rejoint le camping au centre de l’île. Pag est une des îles que nous avons préférée (sur les trois ou quatre que nous avons vu !), peut-être à cause de sa particularité caillouteuse justement et de ses étranges lignes formées par des milliers de murets en pierres.


Après Pag direction le parc de Paklenica et ses gorges, de grandes falaises bien connues des grimpeurs des balkans. Le parc est limité à l’ouest par la route et la mer et à l’est par … les champs de mines. C’est la première fois que nous croisons cette plaie de l’humanité. De nombreuses zones, anciennes lignes de combats pendant les guerres des années 1990, sont encore minées, nous en reverrons autours de Zadar.
Le lendemain : pluie (et oui). Visite a la maison du parc, pour glaner des infos...en faite une guitoune avec caisse pour payer l'entrée. Le garde (ranger, normalement il n’est pas derrière la caisse) nous conseille un sentier qui remonte une gorge passe sur un plateau et redescend par une autre gorge. Très tentant. Nous prenons les horaires d'ouverture de la guitoune et revenons le lendemain très tôt...pour ne pas rencontrer le ranger... Un deux trois pas, le vent nous fait face puis c'est au tour de la pluie, mais les gorges sont vraiment belles et impressionnantes. Le sentier traverse le ruisseau, on déchausse puis rechausse, l'eau n'est vraiment pas très chaude. On monte, on traverse le plateau, on essaye un chemin, puis un autre pour finalement revenir sur le premier (c'est ca la radinerie et ne pas vouloir acheter les cartes...) et on descend tout droit dans les autres gorges....et leur ruisseau bien en eau. Parce que ce qu'il a oublié de nous dire le fourbe de ranger, c'est que le sentier il est dans le lit du ruisseau. L'été, disparue l'eau, pas de problème pour les cars de oui-oui oui-oui en sandales, mais l'hiver c'est plus la même. Et nous voila pour une dizaine de kilomètres à sauter de cailloux en cailloux, tenter des traversées rapides dans l'eau en slip et polaire, en soufflant bien parce que l'eau très froide ca coupe complètement le souffle. Florent tente des sauts de grenouille, mais ca ne marche pas a tout les coups et hop les deux chaussures dans l'eau...c'est partit pour quelques jours humides (de toute façon entre la pluie - et un peu de grêle- on est complètement trempés). En entendant les coups de tonnerre, on commence à regarder les échappées possibles en cas de soudaine montée des eaux. On s'en souviendra des conseils du ranger !

La fin fut surréaliste, la rivière disparue, à sec, complet, le soleil réapparu, lumières magnifiques, le vent chaud sèche nos vêtements...est-ce qu'on a pas un peu rêvés ?PC010441.jpg

 


Paklenica aura été notre seule pause rando en Croatie. Pour la suite le voyage est devenu plus urbain et bitumé : Zadar, Ŝibenic, Trogir et Split. De belles villes où l’on sent l’influence d’une longue présence italienne et vénitienne., tant dans l’architecture que dans la vie quotidienne : petites rues étoites, magnifiques cathédrales, façades ouvragées, mais aussi linge qui sèche aux fenȇtre et chats à tous les coins de rue. Par contre nous avons vu peu de lieux publics, de bancs, de petites places vivantes où les gens pouvaient se retrouver, les enfants jouer… quant aux fontaines pour remplir nos gourdes que ce soit dans les petits villages ou les villes plus grandes elles étaient pratiquement inexistantes. Un début de remise en cause de nos standarts français ? Avec nos vélos et surtout nos belles sacoches oranges DDE, nous ne passions pas inaperçus et Aurélie a fini par faire une belle crise de zobophobie à Split (pour Florent ça s’est déclaré à Dubrovnik, mais ça c’est une autre histoire). Le terme "zobophobie" est issu du mot "zobe", lui meme étant un dérivé du mot croate sobe signifiant zimmer, room ou plus simplement chambre en français. Les zobes sont des personnes proposant des chambres à louer chez l’habitant (donc chez elles). Les zobes sont pret à tout pour arriver à leur fin : poursuivre un cyclo dans une cote à 15% (au moins), prétendre l’absence de camping dans les 50km à la ronde (meme si le panneau indiquant le prochain est à 100m), se servir de la foule présente dans une rue étroite pour faire une embuscade, demander trois fois dans la meme journée "Do you need acomodations ?". Mais surtout le zobe peut avoir une façon bien particulière de proposer ses services : s’approcher l’air de rien et tout en regardant ailleur et pronnoncer à voix basse le mot "acomodation" et repartir toujours l’air de rien si la réponse est négative, sortir furtivement un carton de sous son manteau avec écris "sobe - zimmer - room". Non non le zobe ne fait pas du commerce illicite, tout au plus un petit peu au noir. Le zobe n’est donc pas bien méchant, juste un peu trop présent. Il faut quand PC070032.jpgmeme savoir que la zobophobie ne se déclanche pas comme ça, il faut bien souvent qu’elle soit associée à d’autres phénomènes tel qu’une overdose de klaxon, l’absence de courriers tant attendu à la poste restante, la fermeture de nombreux lieux (heu …  presque tous) pour cause de morte saison et bien sur la pluie, le vent, les chaussures mouillées, les porte-bagages qui cassent …  tout ce qui fait la vie d’un voyage à vélo !


Décision prise : les prochaine saccoches seront noires, si possible nous visiterons les villes à pied et puis … il faut bien accepter son statut de touriste (mais pas de pigeon, non mais on n’est pas des … quand meme !).


Stop aux zobes, direction Korcula, ile qui aurait vu naitre Marco Polo ! Mer, bateau, port, oliviers, montagnes, nuit, pluie et … zobe ! arghhhhhshrgh, "no camping", mais résistance et … oui il y a bien un camping à 200m sous les oliviers juste au bord de la route. Vite vite partons et arrivons chez Branco. Branco parle un peu français "probleme, camping fermé, plus la saison, les olives, pas possibles sous les arbres, vous voir demain, bon ici, mais pas propre, pouvez rester gratis, aujourd’hui beaucoup soleil : eau chaude, probleme pas propre, pas la saison, vous comprendre, probleme, mais si vous voulez, fatigué, moi dormir". Et nous voilà à planter la tente au milieu des oliviers sous l’oeil morve de quelques chats. Branco revient "Mademoiselle, après la tente vous venir dans la maison, soupe chaude". En plus de la soupe, Branco nous a également servis des patates, des carottes, du fromage et des gros morceaux de viande : un régal ! Le lendemain pour le remercier nous proposons de l’aider à ramasser les olives et finalement nous passerons trois jours chez lui : nous aux olives, lui à la cuisine. Nous avons appris la cueillette : au rateau pour Aurélie avec interdiction de monter plus haut que le deuxième barreau de l’escabeau, au "trident vibrateur" pour Florent avec obligation de monter tout en haut de l’escabeau pour aller chercher les olives les plus hautes, puis le tri : mains, trilleuse et balayette. Après trois jours nous sommes repartis sous le regard désprobateur de Branco : "catastrophe le temps" car c’est sous la pluie et dans le vent que nous prennons la direction de Dubrovnik . Notre tente ce souviendra longtemps de notre passage à Prizba : elle maintenant parsemée de petits trous regroupés par cinq … les cinq griffes des chats venus s’y prélacer.


Dubrobvnik. Belle ville. Ville reconstruite à l’identique après la guerre et le pillonage de l’armée yougoslave. PC160426.jpgVille aux petites ruelles, aux milles escaliers, mais ville morte. Pas de touristes, peu d’habitant, où sont les enfants ? Une ville musée où à nouveau tout est fermé parce que ce n’est pas la saison.


Et c’est le depart … houleux de la Croatie. De la Croatie direction les Pouilles en Italie pour feter noel en famille. Mais trois heures avant le départ du bateau nous apprenons qu’il est annulé pour cause de mauvais temps. Dommage pour nous le bateau de la semaine précédente avait déjà été annulé et le prochain ne part que dans trois semaines. Seules solutions proposées : remboursement des billets et basta ou depart de Split dans deux heures pour Anconne. Les filles de l’agence rigolent quand nous leur expliquons qu’il nous a fallut quinze jours pour venir de Split et que Anconne est à 450km au nord de Bari, soit au moins trois jours de vélo pour nous si le vent tourne au nord. Florent fait une crise de zobophobie. Il y a une autre solution : affronter le fort vent du sud qui s’est à nouveau levé le lendemain pour rejoindre le Monténegro sous la pluie en espérant que les bateaux monténégrins sont plus costauds que les bateaux croates. Finalement, le temps a eu raison de nous et nous restons à Dubrovnik une journée de plus. Nous en profitons pour tester une recette de risotto aux calamars et boire quelques verres de prosek, histoire de ne pas se laisser aller. Puis c’est un nouveau depart en bateau pour Split, où nous retrouvons quelques zobes, puis bateau pour Anconne et train pour Peschici. Un petit détour de plus de750 km … un entrainement pour les détours qui nous attendent lorsque l’on voudra rejoindre l’Alaska depuis le Kamtachtka.


Le ventre bien remplis après ces trois semaines passées en famille, nous sommes à nouveau aujourd’hui sur le départ, direction la Grèce, ses montagnes, sa neige….

 

 

 

 

De Skofja Loka a la frontiere sloveno-croatePB160076.jpg
le 24/11/2008, Opatija (Croatie)

 

Petit retour en arriere temporel pour ces dernieres nouvelles...

Nous voila a nouveau parti de nuit pour une etape de ... 9km entre Škofja Loka et Kranj. Božo est surpris de nous voir arriver jusqu'a chez lui. Ici pas de rues dans les villages et les bourg, ou pas au sens ou nous l'entendons. Chacun veut sa maison et son bout de jardin (si possible d'une autre couleur que celle du voisin, au plus grand dame de Božo). Cela forme une mozaique de maisons dans laquelle il parfois difficile de trouver le bon numero. En l'absence de sa femme, Božo nous invite dans une auberge. A nouveau on se regale de specialitees slovenes accompagnees d'une petite degustation de vins egalement slovenes. Qui a dit que l'on allait perdre du poid ?

Le lendemain visite de Kranj puis Božo nous guide sur les petites routes jusqu'a Ljubljana. Capitale de la Slovenie, Ljubljana compte 200.000 habitants. Petite capitale qui se reveille presque quotidiennement dans le brouillard. On teste les differents chocolats chauds, les differentes connexions internet. On profite d'un joli centre ville (et oui il n'y a pas que la montagne...).

Apres avoir repare le porte-bagage de Florent (trop lourds les bagages ?), nous repartons sur la route direction les grandes grottes du Karst. Le soir un renard vient voir ce que l'on fabrique dans sa foret. Apres avoir mis la nourriture en hauteur, nous essayons de nous persuader que les ours sont plus au sud...forcement puisque le guide le dit. Aurelie s'endort comme une masse, Florent garde l'oreille tendue toute la nuit.

Le lendemain, en cherchant un distributeur dans une assurance (tout ca c'est un peu la meme chose, non?), Florent rencontre Iztok qui nous met en garde contre les ours presents dans la foret alentour. Trop tard, on a deja passe la nuit. Histoire de pouvoir parler voyage a velo plus longtemps, Iztok nous invite a passer la nuit chez lui et Mateja. Nous repartirons le lendemain le ventre a nouveau bien rempli et les sacoches lestees de sauces tomates et a l'ail, de vin et de confiture...ce n'est pas encore cette fois que l'on va mourir de faim !

Pour notre derniere nuit slovene, nous nous sommes mis a l'abri d'un moulin. Entre une scie "a eau" et une petite centrale electrique, nous avons attendue la neige promise...qui semble s'etre arretee en France.

Si sortir de l'espace schengen s'est passe sans probleme, la douaniere croate a par contre regarde la carte d'identite d'Aurelie d'un air suspicieux. Et oui c'est le resultat d'une bonne coupe de cheveux et le fait de porter a nouveau des lunettes. Esperons que cela ne pose pas trop de difficultes aux autres frontieres.

Et maintenant c'est la descente vers la mer... la plage, les cocotiers, le soleil...

 

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De Ljubjlana
le 17/11/2008. Ljubljana

 

Et oui et oui, nous restons un jour de plus dans cette belle petite capitale. Ce matin il a fallu ressouder le porte bagage avant de Florent. Visite donc d'un atelier de metallurgie. L'affaire roule...

 

 

4 jours de rando dans le parc national du TriglavPB090326.jpg
le 17/11/2008. Ljubljana

 

Si son pere nous a conseille des massifs plus a l'ouest de la Slovenie, Domen nous a lui pousse a aller dans le Triglav. Quand a Matej et son fils Jaka, ils nous accompagneront lors de notre premier jour dans les Alpes juliennes, de l'autre cote des Alpes. Premier jour de beau depuis quelques temps. Alors que Jaka reve de velo (de descente bien sur), Matej mitraille (de photos bien sures). Nous, nous profitons d'un paysage qui enfin se degage.

Le Triglav est un etrange massif calcaire avec de hauts plateaux boises a partir desquels se detachent sommets et arretes. Les mots de karst et doline viennent de Slovenie et sur de longs vallons nous decouvrons des reliefs n'ayant rien a envier au Vercors.

La-haut il a neige. Belles ambiances hivernales en perspective. Alors que Matej et Jaka redescendent, nous rejoignons notre premier refuge hivernal. Nous ressortons les doudounes et la soupe aux pates !

Direction Triglavski Dom, le refuge au pied du mythique mont slovene (qui figure meme sur le drapeau national). Les Permanants de la station meteo nous proposent crampons et piolets pour rejoindre le sommet. Un groupe de tcheques vient de faire la trace. Les conditions semblent, malgre les avis de tous, bonnes. Les crampons sont deglingues, nous demandons juste les piolets. Ils refusent. "without cramponsPB100387.jpgyou can't go". Tant pis on decide de redescendre vers le refuge suivant. Les meteorologues nous conseillent une route somme toute magnifique, mais certainement plus difficile que le precedent sommet ... bah c'est ca les mythes ... et en plus ils montent en helico, faut pas trop leur en vouloir. D'autant que de l'autre cote du Triglav il y a une autre route vers le sommet. Les conditions - hivernales - sont bonnes. 50m avant la longue arrete menant au sommet nous faisons demi-tour. Il est tard et nous voulons profiter du jour restant pour rejoindre le refuge prochain. See you soon Triglav. La lune presque pleine eclaire nos dernieres traces avant le petit refuge d'hiver. Le lendemain magnifique mer de nuage avec un vent a decorner Aurelie. Belle montee d'arrete. Hummmm Aurelie est tres fan. Particulierement quand il y a un petit pas d'escalade. Redescente en luge. Du vrai bonheur. En quelques minutes le temps se gate et nous rejoignons doucement les 7 lacs entre chamois et pins. Nous sortons les pieds de la neige pour retrouver le quatrieme jour la pluie...vous savez ce crachin qui dure. Bref on descend vers le lac de Bohinj, d'ou l'on rejoint Bohinjska Bistrica. "Le train pour Škofja Loka, prosim ? - Courrez il arrive dans une minute" ni une ni deux nous montons dans le train surchauffe retrouver Matej, Jiva, Jaka et Jure.

 


Arrivee en SloveniePB040188.jpg
le 17/11/2008. Ljubljana

18% : notre epreuve pour meriter la Slovenie ! 18% + 10 jours de nourritures (+ tout le reste) = la limite d'Aurelie en matiere de cote. Attaque cote autrichien dans le brouillard, passage du col sous le soleil puis redescente dans la grisaille cote slovene. "Allez plus au sud" qu'ils nous ont dit en Autriche "Ici l'hiver arrive a grand pas!". Passons les montagnes, descendons les rivieres, peut-etre atteindrons-nous la mer ?
Slovenie, petit pays, petite distance. Premiere ville : Granjska Gora. L'office du toursime essaye de nous renvoyer dans nos chaumieres : trop de froid, trop de pluie, trop de neige, tout est ferme ... rien a faire ... on reste. Popov Popov nous ouvre sa fenetre. Le petit voisin se met a hurler, sa mere ne nous adresse pas un regard. Sont-ils de meches avec l'office de tourisme ? En l'absence de son proprietaire mais sous ses recommandations telephoniques, nous attaquons donc la maison par le cote droit. Etrange maisons aux plusieurs vies....parties? Empilement de meubles demontes, de cagettes de petits bois, de courriers, de vetements en tout genre, mais de l'electricite, un robinet d'eau et surtout un toit pour nous proteger de la pluie froide. Pour donner le change nous allons consuletr nos mails dans un hotel 4 etoiles. Entre piscine chauffee et manteaux de fourrure, Matej nous invite a aller chez lui nous secher. Il nous ramenera dans le Triglav quand le beau temps sera revenu. Nous acceptons sans beaucoup d'hesitations. Sur le chemin nous nous arretons a Naklo. Domen et Jozika nous voient arriver de nuit sous des trombes d'eau. A peine dit bonjour, on nous met d'office sous la douche chaude. Mmmmh quel bonheur ! Bonheur d'un accueil chaleureux, bonheur des specialites culinaires slovenes, bonheur de discuter maisons passives et "autres voies". Promis nous reviendrons prendre des notes au retour pour notre futur "home sweet home". Le lendemain depart de nuit (forcement a force de parler) direction Skofja Loka et sa maison de mountain-bikers !


De Trento a la Slovenie...en passant par l'AutrichePB030175.jpg
le 17/11/2008. Ljubljana

Pourquoi passer par le nord ? pour l'amour des Dolomites ? celui des cols ? le plaisir de parler allemad ? non pour celui des pistes cyclables. Deux jours, voire plus, de pistes cyclables, ca influences les decisions quand au trajet a prendre. C'est donc avec joie que nous remontons sur nos bicyclettes, meme si les premieres gouttes commencent a tomber. Malgres quelques petits detours sur les pistes forestieres, des travaux qui nous renvoit sur la nationale, se sera pour finir pratiquement 4 jours de pistes cyclables auxquels nous auront eu droit !


Traversee des Dolomites a piedPA170541.jpg
le 14/10/2008

Le magnifique accueil que nous reserve Sarah et Manu nous permet de preparer sereinement notre periple dans les Dolomites. Sur leurs conseils avises, nous passons un bon bout de temps dans une librairie de voyage autour des cartes des Dolomites. Nous decouvrons petit a petit que les Dolomites sont immenses et qu'elles sont formees de multiples petits massifs ou "gruppo". Impossible de savoir quel itineriare choisir pour une quinzaine de jours, nous savions juste qu'il existait deux grandes traversees nord-sud, l'alta via 1 et l'alta via 2. "Attention maintenant il fait froid la-haut, et puis il y a de la neige alors... tenez achetez plutot ce bouquin en anglais et cette carte." Bref pas montagnard le libraire, mais il nous a tout de meme conseille sur l'edition des cartes (pour couvrir les dolomites il y a au moins trente cartes au 25.000° qui se chevauchent toutes sur leur moitie (malin...)). Aurelie au bout de 2 heures va se calmer en allant acheter un bout de pizza. Bon, on reviendra acheter les bonnes cartes des que nous serons decides sur l'itineraire. Pour nous consoler nous allons acheter du gaz et de l'essence pour les rechauds. Le bidon nous semble un peu leger compte tenu du volume affiche. A l'office du tourisme on nous propose la balade familiale du dimanche apres-midi, mais on nous donne aussi l'adresse du Club Alpin local. La permanence est ouverte : "quoi, vous n'y pensez pas. Il y a de la neige la-haut ! Allez plutot autour du lac de Garde". Les conseils sont sympas, mais nos informations sont de plus en plus floues d'autant qu'il fait vraiment beau et chaud depuis plus d'une semaine. Nous loupons le bus, Florent doit remonter en courant a Povo ou nous avons promis a Manu de faire du baby-sitting. On s'apercoit aussi qu'il manque presque un litre dans notre bidon d'essence. Arrr... On reviendra ! Nous venons peut-etre de passer la journee la plus dure de notre periple dans les Dolomites.PA140475.jpg

On appelle tout de meme un puis deux bureaux des guides au centre du massif - entre un mauvais anglais et un mauvais italien, et entre les rotations d'un helico pres du guide - nous comprenons que les conditions sont plutot bonnes : de la neige dans les faces nords, 20cm bien travaille la journee et sec au sud. "Are you alone or with clients ? so ok come it's wonderful". Ni une ni deux on se decide pour l'alta via 2 (Aurelie a lu que c'etait plus en altitude. Alors...). On achete les cartes correspondantes et on prevoit egalement une petite variante en fonction des conditions. On part avec 7 jours d'autonomie. Manu avec toute sa gentillesse nous ammene a la gare. Direction Bressanone. Alors que notre voisin lit courrier international en francais nous decouvrons progressivement les contreforts des Dolomites. Un bus nous ammene a San Magdalena. C'est la fin du week-end. Tout le monde descend, nous montons, echangeant quelques mots en allemand, parce qu'ici wir sprechen deutsch.

Nous decouvrons pendant 15 jours de magnifiques massifs calcaires aux formes elancees sortant d'alpages vivants. Une belle foret de melezes et d'epicea surligne de tres vertes prairies alpines ponctuees de nombreux chalets d'alpages. D'incroyables pins s'accrochent sur les faces rocheuses tantot pourries tantot compactes.
Les premiers jours les sacs sont lourds et nous rencontrons effectivement de la neige dans les faces nord - avec quelques passages (parfois cables) nous laissant croire que nous faisons de l'alpnisme hivernal. Et des sentiers au sud profitant des rayons chaleureux du soleil. Avec des etapes parfois longues, nous nous levons tot autour de 5h30 pour profiter des journees. La gestion de l'eau est vite devenue une preoccupation, la neige fondue au rechaud nous a parfois sauve notre traditionnelle soupe aux pates. Nous ne regrettons vraiment pas les doudounes parce que 15 jours entre 2000 et 3000 ca caille ! meme au soleil (alors la nuit...). Parfois dans les nuages - souvent au dessus - nous avons donc empruntes de somptueux sentiers quelque fois vertigineux et en balcons. Mais apres un carre de chocolat tout va mieux ! Les bivouacs d'hiver sont globalement minuscules, le seul refuge ouvert etait ferme (?). Nous ne regrettons donc pas la tente.PA190580.jpg

Sur l'une des montee dans un vallon bien encaisse nous venions de rejoindre la neige - l'itineraire est evident - un petit couloir puis un epron rocheux cable et enneige. L'attaque est au pied d'une cascade ou de beaux glacons pendent. Florent signale a Aurelie de ne pas trop trainer au pied. Un pere et son fils redescendent d'une via ferrata visiblement sans trop de probleme. Le pere interpelle Aurelie juste sous les glacons pour echanger quelques mots en allemand. Florent n'a pas vraiment l'habitude d'etre mechant, mais la, il a gentiment demande a Aurelie et au pere de bien vouloir tracer leur route... le pere surpris reprend sa descente et la... 2s. apres... LE glacon tombe ! Tout con il remercie Florent... Nous filons.

Nous redescendons une fois pour refaire des courses a San Martino. Nous avons bien cru qu'entre tout les hotels vides nous ne trouverions pas d'epicerie. En tout cas apres avoir courrus entre tout les magasins, nous ne trouverons pas de gaz (bah nous mangerons moins de pates et plus de fruits...nos dos etaient moins ravis).

Entre chamoix, couchet et lever de soleils eclatant, la tete enfoncee dans le bonnet, nous avons passe 15 jours splendides sur l'alta via 2 avant de rejoindre le train a Feltre. Nous avons alors a nouveau profite de l'accueil de Sarah et Manu, ou nous avons meme pu partager la gastro avec Constance !


Sur la route ... d'Aoste á Trento0810---48---lac-como.jpg
le 30/10/2008, Trento

Sur notre route il y a eu un petit serrage de dent d'Aurélie quand la descente du Val d'Aoste s'est révélée de plus en plus pentue, de plus en plus circulée et de plus en plus vertigineuse, il y a eu une plaine avec des champs de blé (heu...peut-être du riz, en faite), il y eu un lac, un grand, celui de Come, il y a eu Vito qui malgré sa fatigue nous a accueillis, nourris et promené dans sa ville, il y a eu des jardins, des beaux (avec la surprise d'en reconnaître un peu á peu pour cause de visite antérieure), il y a eu des cols, des longs avec peu de pente, des moins longs et bien raide, il y a eu de la musique pour aider á passer les cols (merci á tous ceux qui émoustillent nos oreilles, heu, surtout celles d'Aurélie), il y eu une mamie invoquant Jésus et Marie pour nous dire que non il était impossible de planter la tente (sur les terrains plats autour du village vide) et qu'il fallait rajouter une heure de cote á notre longue journée de cols, il y eu une cabane perdue entre téléphérique, piste d'atterrissage et bâtiment surcamératisé, il y eu des pistes cyclables, il y a eu une nationale interdite aux vélos empruntée avec la bénédiction des gendarmes, il y eu des pistes, puis un sentier, puis une barrière, puis une décharge derrière la barrière, puis un portail infranchissable pour sortir de la décharge...á 1km á peine de Trento, heureusement il y eu un ouvrier, qui lui pouvait sortir de la décharge, puis il y a eu une cote, mémorable, de Trento a Povo...et enfin il y a eu Sarah, Manu et Constance et un foyer chaleureux d'où l'on a du mal á repartir aujourd'hui...


Le Grand Paradis
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le 29/09/2008, Aoste

Tout est fermé qu'ils nous ont dit à Degioz. Tout sauf le resto au bout de la route, à Pont. Après avoir laissé nos vélos dans ses caves, nous voilà partis pour 5 jours de randos, plein ouest. A croire que l'on voulait rejoindre la France par d'autres chemins ! De Valsavaranche nous sommes passés au val de Rhemes puis à Valgrisanche et retour. Les cols à 3000m sont enneigés mais, il suffit descendre de 100m au soleil pour que tout est disparu...sauf le froid. 4° dans les refuges d'hiver, mais au moins 18° et une douche bouillante dans celui encore gardé pour cause de travaux. Le dernier jour s'est passé sous le soleil et au milieu des chamois (ils avaient bien choisi leur coin ceux-là).
Nous avons tenté de faire quelques images. Pour ce qui est de la photo, Florent s'est essayé au reportage animalier. Pas encore gagné. La polaire en moumouttes sera peut etre plus efficaces pour l'approche des ours en Slovénie. En ce qui concerne la vidéo, nous ne sommes pas tout à fait d'accord : Florent opte pour les plans fixes des montagnes enneigées, quand Aurélie propose un thriller sur les marmottes...affaire à suivre.
La redescente s'est faite à l'ombre, comme il se doit, et après avoir vidé le demi-kilo de givre de nos sac-à-dos nous avons été tentés par des lasagnes au resto gardien de nos vélos. Peut être aurait-il mieux valu nous rassasier de notre sacro-saint mélange pâtes-soupes !
Aujourd'hui retour à la civilisation et pour le coup changement de rythme en prévision. Face à l'automobile nous choisissons la vitesse et espérons rejoindre au plus tôt Trente puis les Dolomites.



De Grenoble au Valsavarenche0809---10.jpg
le 23/09/2008, Degioz

Nous profitons de la connexion bas débit de la maison de la montagne de Degioz pour donner quelques nouvelles bien fraîches !
Et oui finalement nous avons réussi à partir de Grenoble ! Merci à tous ceux qui ont cru à tous nos faux départ et sont restés jusqu'au dernier, merci aussi à ceux qui ont été contraints de repartir sans nous voir partir, merci à Gael de nous avoir accompagné pendant deux jours.

Après une superbe descente depuis le col du Petit St Bernard, nous avons choisis de partir dans le grand Paradis plutôt que de prendre la direction du Mont Rose et du Mont Cervin. A priori se sera 5 à 6 jours de balade par ici, histoire de changer les efforts.


De la lozère à GrenobleIMGP0039-copie-1.jpg
le 16/09/2008, Grenoble

7 jours. 7jours de vélo pour rejoindre Grenoble depuis la Lozère.
Parti en catimini de Montferrand, nous avons rejoins le Causse Sauveterre direction le Mont Lozère et le Pic Cassini, notre première ascension ! Les premiers coups de pédales avec les vélos chargés sont difficiles sur les pistes, mais les paysages nous récompensent bien.





 

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