Récits - Asie de l'Est

 

Mea culpa, suivant les pays les accents sont plus ou moins présents sur les claviers, ce qui explique leur absence dans certains de nos textes. Désolé pour cette difficulté de lecture.

 

 


Japon : au pays des dieuxJapon (07)

Mis en ligne le 16 février 2010 à Vancouver (Canada)


Busan, lundi 26 octobre. Deux cyclos devant la billetterie du port confrontés à un choix difficile : Tokyo, Osaka ou Fukuoka. Deux rois de l'indécision. Deux rois du je sais pas, comme tu veux. Finalement ils choisiront Tokyo, via Shimonoseki. Pour revenir vers l'ouest en vélo et retraverser la mer un mois et demi plus tard à destination de Busan d'où ils embarqueront pour Seattle.


Une nuit pour traverser le détroit de Corée. Une journée pour passer le pont reliant l'ile de Honshu, l'ile principale du Japon, à Kyushu, la troisième plus grande ile de l'archipel et la plus méridionale des grandes iles. Deux nuits et une journée pour rejoindre Tokyo depuis Shin Moji. Trente-six heures pour profiter des bains communs. Plonger dans l'eau chaude en regardant la mer. Assister aux répétitions du groupe de percussions de l'armée japonaise sur le pont. Découvrir peu à peu les mille et une astuces de la société japonaise : les cuvettes de toilettes chauffées, les sèches-mains à soufflette verticales, les distributeurs de boissons à tout les coins de rue et de campagne, les distributeurs de livres, les piscines chauffées pour chiens, les poussettes à chiens (d'accord on en avait déjà vu en Corée, et en Corée il y avait aussi le bouton pour faire le bruit de la chasse d'eau pour que personne n'entende que tu fais pipi).

Japon (02)

 

Tokyo, arrivée à 5 heures du matin, petit tour obligé par la marché aux poissons. Les anguilles nagent dans leur eau rougeoyante tandis que les thons rouges congelés se font découper à la scie. Les livreurs avec leurs chariots électriques regardent d'un mauvais œil ces touristes arrivés trop tôt. On quitte les poissons pour les buildings du centre ville : trouver un atlas routier, savoir où habite Catherine, l'ex-colocataire de Yann qui avait gardé nos colis à l'ambassade de France à Oulan-bator, se faire inviter à manger au milieu des costards-cravates par Vincent Shortino, un américain qui met en ligne des animé, les dessins animés japonais. De Tokyo on rejoint Yokohama, chez Catherine, notre camp de base pour les visites touristiques de la capitale. Puis ce sera le grand départ vers l'ouest. Nous longeons la mer pour rejoindre Kamakura et ses temples. C'est dimanche, les femmes ont revêtues leur plus beau kimono pour la cérémonie du thé. Kayo nous prépare une soupe traditionnelle et nous fait gouter à un des meilleurs saké. Un régal ! Le lendemain, premier col pour rejoindre Numazu. La pente se fait raide et les virages de plus en plus serrés. Arrivée à la nuit tombante face à une des vues les plus connues du Japon : Le lac Ashinoko avec le Mont Fuji en toile de fond. Nous attendons en vain un levé de lune. Le froid tombe. Nous sommes attendus en bas.


Retour en haut. Nous sommes accueillis au Fuji San par des tirs. Fuji, montagne sacrée, protégée... Nous passons la nuit dans une pagode du parc de Fuji-Kawaguchi. Réveil avec le soleil et les premiers joggeurs. Le temps est superbe. Le Fuji est fermé. Enfin, les quelques dizaines de refuges sont fermées. Hésitation, hésitation. Mais voilà, Aurélie a fait un planning avec 4 jours de retard dès le départ... La décision est prise. Il faut rattraper le temps perdu, prendre de l'avance. Il ne faut rien regretter, mais … Mais le tour des cinq lacs est superbe. Les couleurs d'automne sont au rendez-vous et les voitures aux abonnées absentes.

Japon (19)

 

Retour à la mer. Direction l'ouest et le cap d'Irago. Grosse journée à venir (pour nous, petits cyclos aux petits mollets et sacoches trop lourdes). Nous sommes partis un peu tard, mais ce n'est pas grave. Il fait beau, nous sommes au bord de la mer. Sauf que. Sauf qu'Aurélie n'a pas regardé le dénivelé et Florent en changeant l'itinéraire à mal compté les kilomètres. A 14h après avoir fait 50km, content de notre performance, nous recomptons, il reste encore 90km. Le moral fait le yoyo, mais les jambes tiennent le coup et nous améliorons la recette donnée par Fanny rencontré en Russie : aux pâtes chinoises mangées crues comme des gâteaux apéritifs, nous y ajoutons de la confiture. Et oui.


Du cap d'Irago nous rejoignons la péninsule d'Ise, début de nos pèlerinages. Au Japon se côtoient bouddhisme et shintoïsme, sur les lieux de cultes et dans la vie des pratiquants. Le shintoïsme pour ce qui à trait à la vie, le bouddhisme pour s'expliquer la mort. Les pèlerins vont sur l'ile de Shikoku pour rendre aux visites au 88 temples bouddhistes, mais ils vont à Ise et dans la péninsule de Kii pour retrouver les dieux animistes du shinto. Une fois n'est pas coutume nous arrivons sous la pluie. Mais c'est de cet élément que Kumano, le pays des arbres, tire sa force, sa magie. Après avoir longé des fjords embrumés nous remontons des vallées escarpées. LJapon (34)es pentes sont couvertes d'épineux immenses, de feuillus aux mille couleurs. Les routes se font étroites. Les barrages inondent les vallées encaissées. On monte, on monte, les tunnels nous évitent les derniers coup de culs. Pas d'éclairage sur cette route de bout du monde. Un tunnel, plus long que les autres. La route : une voie. La dynamo qui ne veut pas fonctionner, trop humide. Le tunnel est droit, heureusement. Notre seul point de repère : un bout de lumière un bon kilomètre plus loin. Dans quel monde allons nous entrer ? Un monde de silence. Les singes grimpent aux arbres en nous voyant arriver, mais pas trop loin, un peu curieux quand même. Les ponts enjambent des torrents qui dévalent les pentes. Au détour d'un virage surgit un sanctuaire shinto, un petit bouddha de pierre nous sourit sur son coussin de mousse. Nous redescendons vers les villages aux maisons coiffées de tuiles grises. Nous faisons nos courses dans les libres-services ruraux : des grandes étagères abritées où les paysans du coin laissent leurs produits : courges, champignons, carottes, pomme de terre, oignons, choux... avec un prix et une tire-lire, boite en bois à peine fermée. Enfin nous arrivons à la croisée des chemins, Hongu. Nous plantons la tente dans le village, avant de se précipiter dans la rivière. Vite, vite creuser son trou, faire remonter l'eau chaude et profiter d'un bon bain sous la pluie de Kumano... hum les onsens.

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Réveil sous la pluie, notre rando tombe à l'eau. Nous ne suivrons pas les pas des milliers de pèlerins qui depuis des centaines d'année parcours le pays de Kumano à la recherche des dieux cachés sous les cailloux et derrières les arbres. Nous remontons des vallées qui n'en finissent plus pour attraper la sky line au nom bien prometteur. Mais ô rage, ô désespoir, plus l'on monte et plus le brouillard se fait épais, le vent froid. Mais pourquoi sommes-nous venus sur cette pufeziofgez de crête ? Peut-être juste pour croiser ce motard qui fera trois fois le trajet pour nous offrir des kakis ! Et puis le brouillard c'est l'âme du Japon. Apercevoir l'enchevêtrement de vallées au couché du soleil quand la brume s'effiloche valait bien une petite grimpette. Mais il fait froid dans les hauteur et nous décidons de redescendre...trop bas. A nouveau le camping est impossible et le cimetière de Koya San n'est pas le lieu le plus propice au plantage de tente. Retour en arrière. Une avancée de toit nous avait paru très accueillante. Le bâtiment est certes un peu austère, mais il nous permet de dormir au sec s'en avoir à s'énerver sur les sardines qui ne plantent pas et le terrain qui n'est pas plat. Quelques jours plus tard nous nous ferrons traduire le panneau...nous avons dormis devant la porte du funérarium.


Le cimetière de Koya San : des milliers de tombes au milieu d'immenses cèdres noirs. Des milliers de petits bouddhas portant serviette et charlotte rouge. Après avoir passé la nuit dans un des nombreux temples de la ville, les pèlerins viennent s'y faire photographier dans la lumière du petit matin. Le calme règne et l'on s'amuse à voire le monument pour les employés de Toyota côtoyer les tombes des moins bouddhistes.


De la montagne de Koya à la plaine de Nara, une route étroite descend une vallée vêtue d'orangé. Les torrents alimentent les villages et vergers en eau. Nous sommes dans la région des plaqueminiers. Ici les kakis se mangent dure comme des pommes. Lorsqu'ils sont trop mûrs, à point à notre goût, ils sont abandonnés au pied des arbres. Autant dire que la pause s'est faite longue et que les sacoches ont pris quelques kilos.

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A Nara nous retrouvons Jun. Jun est rentré il y a quelques mois des Amériques. Partit il y a quatre ans pour un tour du monde à vélo de trois ans, il a commencé son voyage au cercle polaire en Alaska pour rejoindre la Terre de feu...trois ans plus tard. Il a pris son temps et su saisir les accidents de la vie qui ont croisé son chemin. Nara fut la première capitale « fixe » du Japon (auparavant les capitales étaient déplacées à chaque changement de souverain). Jun nous fait faire la visite des principaux temples et jardin.. Derrière une lanterne nous rencontrons le petit Marceau, avec ses parents, il a pris un an de vacances pour faire un tour du monde, histoire de voir si les cailloux sont différents ailleurs ?


Poursuivant notre route touristique nous nous rendons à Kyoto, également ancienne capitale impériale. Les temples (bouddhistes) se succèdent avec les sanctuaires (shintoïstes). Les balayeurs s'affairent dans les jardins. Pas un grain ne doit s'échapper du tas de sable des jardins zen. Pas une feuille ne doit se laisser aller sur le jardin de mousse. Les arbres sont peignés et les tatamis époussetés. Les marchands de gâteaux de riz ne rivalisent pas dans l'originalité de leur recette, mais néanmoins pas une dégustation ne nous échappera. La visite du marché éveillera davantage nos papilles : étales d'algues aux mille préparations, légumes en saumures et poissons séchés s'enchainent dans les ruelles étroites.


De Kyoto à Kawanashi, la même langue urbaine se déploie à flanc de montagne. La route est longue lmorsqu'on débute les 70km à 14h. L'attente aux feux rouges est interminable. Les routes sur notre carte sont des rues étroites sous nos roues. Un labyrinthe heureusement écrit en alphabet latin. Nous finissons par retrouver Daisuke chez ses parents. Daisuke que nous avons rencontré à Pekin et qui vient de rentrer chez lui après 11 ans de vagabondage à bicyclette autour du monde. Si les parents sont heureux de retrouver leur fils et de recevoir les amis qu'il s'est fait de part le monde, le retour est dur pour Daisuke. La société a changé et après 11 ans de liberté, il retrouve avec difficulté les règles de la vie japonaise. Courage, Daisuke, courage. N'oublie pas que tu es devenu un passeur de messages.

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De Kawanashi nous filons à Himeji et son fameux château de Samourai où nous sommes accueillis par Shin et toute sa famille. C'est définitif nous adorons la cuisine japonaise, d'autant plus lorsque l'on se retrouve dans une famille aussi souriante. Mais après avoir demandé les recettes, je me retrouve avec une liste d'ingrédients impressionnante. Dans une seule tasse de soupe Chawa-Mushi il y a du poulet, des champignons, des gâteaux de riz, des crevettes, des algues (longs et noirs), des petits poissons séchés, des œufs, du bonito (à priori du thon, en tout cas un poisson à chaire rouge), du tofu et certainement un ou deux ingrédients tellement indispensable que l'on n'y pense pas. Nous quittons un peu trop vite à notre goût Shin, Eriko, Michiyo et Shiori. Mais il s'agit de ne pas rater le bateau pour l'Amérique et la route est encore longue surtout quand on fait tour et détour.


Avant la grande ile de Shikoku, traversée de la petite ile de Shodo-shima connue pour ses oliveraies. D'olivier nous n'en verrons aucun, pas passés sur la bonne route, mais les singes du parc, ça oui on les a vu...mendier auprès des voitures...


Shimonoseki. Visite du jardin de Takamatsu avant de rejoindre à la nuit tombante Nikolaï, notre hôte du soir. Les explications qui paraissaient claires par mail, ne le sont plus vraiment une fois rendu sur place. Les numéros de téléphone deviennent inutiles lorsqu'il n'y a pas de cabine. Je finis par arrêter quelqu'un, il compose le numéro, parle avec la personne et me tend le téléphone. Je suis bien en mal de comprendre tout ce qui m'est dit en Japonais. Très manifestement le numéro est faux. Le propriétaire du téléphone me fait comprendre qu'il est flic et qu'il appel un de ses collègues qui parle anglais pour venir nous aider. Entre temps Flo est parti en suivant les indications : à droit, à droite, à droite et à gauche et quand on est en haut c'est bon. Les collègues arrivent avec...un petit traducteur électronique de poche et me demande d'expliquer mon histoire en tapant sur la clavier. Heuuuu. Finalement je finis par réussir à expliquer que nous sommes attendus par un certain Nikolaï, jeune professeur d'anglais dans un collège ou lycée du coin. Et les voilà qui appellent une par une les écoles pour savoir s'il n'aurait un Nikolaï dans leur rang. Flo arrive. Après avoir toqué à deux ou trois portes il a réussi à trouver Nikolaï. Les flics repartent après l'heureux dénouement de cette étrange affaire du dimanche soir.

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Le lendemain départ pour la vallée de l'Iya. Nous laissons sur notre droite les gorges d'Oboke et Kokobe, trop circulées à notre goût pour remonter la vieille route 32. La route est superbe, à flanc de montagne. La vallée se fait étroite et profonde. Nous faisons le plein d'eau à la fontaine du dernier village. Les voitures se font rares puis inexistantes. La nuit commence à tomber et au détour d'un virage nous trouvons un camping fermé. Toilette sèche et eau courante, grand luxe pour cette nuit passée entre tables et barbecue. Réveil de nuit, dans le brouillard. Les nuages s'effilochent avec les premiers coups de pédales et les premiers rayons de soleil. Nous continuons vers l'est, évitant les grands axes de l'ile. Les vallées sont inondées. La partie visible laissant imaginer la profondeur de l'invisible. Continuer jusqu'au bout de la péninsule de Sadamisaki. Profiter de la saison des clémentines. Attraper un bateau pour Kiushu, l'ile aux volcans et aux sources d'eau chaude. Notre dernière étape japonaise, notre premier volcan en activité. Étrange vision que cette arrivée au bord de la plus grande caldeira du monde après avoir traversé un paysage bosselé couvert de bambous dorés : en contrebas une plaine bien plate quadrillée de champs entoure le Volcan Aso. Le soleil se couche, la lune se lève et nous déroulons pour la dernière fois nos duvets au Japon.

 

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Grande descente jusqu'à la mer, jusqu'à Fukuoka. Première nuit chez Miès, deuxième nuit chez Mayu et ses parents. Fabuleuse dernière soirée, en famille, à manger pour la dernière fois les si goûtus plats japonais. Mayu nous fait une cérémonie du thé pour nous tout seul. Nous ne sommes pas dans une maison de thé, nous n'avons pas évacuer nos énergies négatives en traversant le jardin, mais la chaleur et l'amitié de Mayu, Shigekino et Yuri remplace tous les protocoles. Nous quittons le Japon, fatigués par les kilomètres, les dénivelés, les nuits courtes et les jours roulés qui se sont enchainés, mais au combien heureux d'avoir découvert le pays d'Hayao Miyazaki et les paysages du Château ambulant.

 


 

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Au pays du matin calme (mais non frais le matin, je te dis...)

Mis en ligne le 28 janvier 2010 à Vancouver (Canada)


Incheon. Séoul. Erell nous attend. Est-ce parce que c'est une amie d'amie? parce qu'elle est française ? En tout cas tout est simple avec elle. On nous avait prévu les pires chauffards en Corée du sud. Erell ne connait sans doute pas les indices de circulation, mais elle s'est mise en tête de nous faire gouter à un maximum de spécialités culinaires du pays. Le problème quand on se sent bien dans un endroit, c'est que l'on a tendance à y rester. Erell part en week-end, à son retour nous sommes toujours là. Mais il faut songer à repartir. Nous ne prendrons pas la diagonale sud pour rejoindre Busan. Trop facile. Nous irons au nord-est avant de tourner vers le sud.

Sortie de Séoul par les pistes cyclables. Nous nous retrouvons face à un barrage que nous ne pouvons traverser. Comment ça pas possible ? Florent s'approche des grilles espérant amadouer un gardien avec son petit vélo. Une alarme se met à sonner. Trente secondes plus tard c'est un hélicoptère de l'armée qui vient faire demi-tour au dessus du barrage ! La Corée du sud est dans l'attente permanente d'une invasion de son voisin du nord. Toute la journée, c'est un défilé d'avions au dessus de nos têtes. A l'approche de la frontière les casernes se multiplient. Drôle de frontière. Un no-man's land de 4km qui séparent les deux Corée d'est en ouest. Une zone démilitarisée qui n'apparait pas sur nos cartes routières ! Infranchissable pour le commun des mortels, les camions la traverse régulièrement, rien n'arrête le commerce. Depuis 1948, la Corée est coupée en deux. Administration américaine au sud, administration soviétique au nord. Les guerres de Corée ont déplacé la frontière pour toujours la ramener aux alentours du 38ème parallèle. L'armistice n'a jamais été signé. Très officiellement la frontière n'existe donc pas. Sur nos cartes, des régions du sud englobent des territoires du nord. Seul indice pour ne pas aller trop loin : le nombre de routes et d'informations qui diminuent au fur et à mesure que l'on regarde au nord.

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Nous remontons des vallées inhabitées au son des entrainements de tirs. C'est décidé nous irons dormir au barrage de la paix. Mais dans quel sens va la courant ? Pas d'eau retenue, pas de traces sur les rives, ni d'un côté, ni de l'autre. Des photos, des panneaux explicatifs : plus haut, vers le nord, un autre barrage, une arme potentielle. Le barrage de la paix est en fait une arme de défense.

La montagne est abrupte, les côtes sont raides. Les rares terrains plats sont occupés par les rizières et les tombes : monticules herbeux parfois obligés de creuser la montagne pour se faire une petite place. Les tombes sont libres, elles sont partout et au risque de déranger les vivants, nous avons finis par forcer l'hospitalité des morts. Le riz est doré à point. C'est l'heure du ramassage. Les jeunes semblent avoir déserter les campagnes. Ce sont les mamies qui font contrepoids sir les machines de coupes et les papis qui agitent la serpettes dans leurs petites parcelles. Grand chapeaux en tissus sortis tout droit de La petite maison dans la prairie et sarouel à fleurs constituent les habits de travail de ces campagnes, loin des immeubles high-tech de Séoul. Pas de bétails dans ces vallées, c'est à peine si l'on croise quelques poules, le terrain ne se prête pas au pâturage et les rares vaches sont enfermées dans des étables ouverts aux quatre vents. Les maisons, même lorsque le toit est peint en bleu roi ou en orange DDE, restent traditionnelles. Un rez-de-chaussé surélevé pour permettre le chauffage au sol par des foyers extérieurs et des toits bien avancés qui forment une galerie tout autour de la maison. Il y a un petit quelque chose dans cette architecture qui nous donne envie d'avoir son chez-soi. De poser les vélos et de se tenir tranquille face au soleil d'automne et aux forêts flamboyantes. Nous sommes au pays du matin calme.

Mmm, mais qu'est-ce donc que cette odeur ? Le piment rouge bien sur ! Celui qui dans le kimchi, le choux fermenté que mangent tous les coréens comme nous mangeons le pain, matin, midi et soir. Le remède miracle qui maintient tout un peuple en bonne santé. Mais le piment n'est pas que dans le kimchi, il est dans toute les plats, au plus grand dame de Florent qui doit sans cesse expliquer les drôles de réactions que lui inflige cetteCoree--23-.jpgpetite plante. C'est la saison sèche et le piment prend le soleil sur le bord des routes, quand au riz, les graines sèchent directement sur le bitume et les tiges en fagots sur les barrière de sécurité. Les kakis, moins nombreux, ont droit à plus d'égards : en guirlande dessous des avancées des toits. Tout est mis à sécher, même les courgettes !

 

Nous arrivons un samedi en fin d'après-midi à une des portes du parc de Seoraksan. Des dizaines de bus attendent patiemment le retour de centaines de personnes venus pratiquer le sport nationale : la randonnée. La queue devant les toilettes est impressionnante. Pendant toute la fin d'après-midi les gens continuent d'arriver, les un derrières les autres. Séance de lavage de pieds dans la rivière avant de profiter du repas préparé par ceux restés au bus. On nous rassure, demain c'est dimanche. La plupart des gens préfèrent se reposer chez eux avant d'attaquer la semaine de travail. De fait, les lieux se vident peu à peu et bientôt ne reste plus qu'un seul bus. On étend les duvets sous les arbres, prêt pour une bonne nuit. Un bus nous réveille. Quoi ? Nous n'avons pas entendu le réveil ? Non, il est simplement 3 heures du matin. Entre 3 et 6 heures, 11 bus sont arrivés ! Nous partons avec les premiers rayons du soleil. Tranquilles. Une, deux personnes, trois, quatre puis dix et soudain le catalogues entier du vieux campeurs défile sous nos yeux ! A la queuleuleu, toutes les marques, toutes les couleurs avec une petite préférence pour le rose du côté des femmes. Ils viennent de l'autre coté du col. La vallée que nous remontons est jolie, une belle rivière, de belles vasques, mais une petite voix n'a de cesse de nous murmurer « Fais pas ci, fais pas ça », ne t'écarte pas du chemin, ne passe pas la barrière, ne va pas faire trempette, ne ramasse pas les fleurs, ne suit pas ce chemin, ne tient pas les bâtons comme ça, tient toi droit, ne court pas. Pause pique-nique dans la descente. Un embouteillage commence à se former sur les passerelles. Un pas un peu pus difficiles que les autres fait ralentir la cadence. On attend que ça passe, mauvaise option. Il nous faudra une heure pour faire les 100m jusqu'au pas ! La descente se fait longue. Le rythme est uniforme, comme le costume et l'âge des participants. Pendant que les embouteillages routiers se forment en direction de Séoul, nous prenons notre élan pour les 50km qu'ils nous restent jusqu'à Sokcho.

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Le surlendemain nous réitérons. Retour au Parc de Seoraksan. En bus. Pour une traversée ouest, sud-ouest sur deux jours. On est en semaine. Il ne devrait pas y avoir affluence. Le camping est interdit ... mais le bivouac ? Nous laissons la tente et prenons les duvets. Le bus nous laisse devant un parking : une bonne cinquantaine de car, voir davantage. Comme deux aimants qui se repoussent nous prenons la route à la recherche du départ du sentier alors que la foule est en contre-bas. La barrière est ouverte. Nous n'avons pas fait cinquante mètres qu'un garde nous intercepte. « C'est fermé. Comment ça c'est fermé ? Oui il est 14h, il va faire nuit, vous n'allez pas avoir le temps de rejoindre le refuge. » Et Florent d'argumenter, accompagnateur en montagne, vélo, rando, la nuit on sait quand exactement quand est-ce qu'elle tombe : 18h largement le temps de rejoindre le refuge (…). On peut continuer. Le garde nous précède. Au bout d'un quart d'heure, il fait demi-tour. Avons-nous réussi le test ? Nous montons, quelques personnes descendent. L'orage commence à gronder. Des gens continuent de descendre, pas bien pressés. Le tonnerre se fait plus proche. Encore un quart d'heure et on fait demi-tour. Finalement l'orage s'éloigne, mais les gens continuent de descendre. Rapide calcul. Ceux-là, comme les suivants n'arriveront certainement pas avant la nuit. Monsieur le garde, mais où êtes-vous donc ? En tout cas nous concernant, tout est mouillé et il continue de pleuvoir par intermittence. Bien obligés de se rapatrier au refuge comme promis au garde. Sauf que le refuge est complet. Les quelques 300 places sont prises et une trentaine de personnes espèrent d'improbables désistements. Et c'est pareil dans les deux autres refuges alentours ! Relecture du guide : Seoraksan, parc le plus populaire de Corée, l'automne, la haute saison de la randonnée. Tous le monde veut profiter de l'été indien. Mmm. En attendant de savoir s'il y aura un coin où l'on pourra passer la nuit, nous nous dirigeons vers la salle à manger. Les repas ne sont pas servis au refuge, mais la salle où l'on mange est une véritable cuisine de restaurant : kimchi (biens sur), riz a la cocotte minute, barbecue sur réchaud, viande en sauce, soupe aux légumes, petites salades, fruits variés... Mais où mettent-ils tous ça dans leur sacs ultra-light ? Nous sortons nos pâtes chinoises et quelques regards de compassion se tournent vers nous. De l'autre bout de la salle quelqu'un nous amène de la viande préparées aux herbes. Notre voisin de gauche nous offre quelques mandarines, celui de droite une boisson au ginseng pour l'énergie. Et tous le monde de se préoccuper de notre couchage. Après un an de vélo, faisons-nous un peu pouilleux parmi tous ces gens équipés de neuf ?

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Sommes-nous les petits jeunes français dont il faut prendre soin ? Plus simplement nous faisons connaissance de la gentillesse et de la générosité coréenne. Sur la route, les gens s'approchent, nous posent des questions et une fois leur curiosité assouvie s'en vont, tout simplement. Des voitures s'arrêtent pour nous donner des pommes, des patates douces toutes chaudes. On nous a offert des bonbons, des barres chocolatées, des jus de fruits, un bol de riz, de l'eau minérale et même du produit anti-moustiques de l'armée coréenne ! Il est rare de rencontrer des gens aussi simple dans leur générosité. Les hauts parleurs annoncent quelque chose, nous ne comprenons rien. Quelques minutes plus tard, le gardien du refuge vient nous chercher. Il nous indique la place non-officielle sous l'escalier. Si l'on veut la garder il faut s'installer tout de suite. Nous avons un toit. Toute la nuit, les gens se succèdent pour monter aux toilettes. Aurélie estime avoir dormi trois fois vingt minutes, Flo penche plutôt pour dix fois deux minutes. 4h, le gardien allume les lumières et ouvre les portes. 4h30, les hauts parleurs appellent au réveil général. Il fait nuit, le soleil ne va pas se lever avant 6h30. Il pleut et le sommet par lequel nous sommes passés la veille et pour lequel tout le monde se prépare est à 10 minutes. L'incompréhension plane et aussi un petit peu de mauvaise humeur, il faut bien l'avouer. En attendant que la pluie se calme, on regarde les frontales monter et redescendre entre les nappes de brouillard. Flo prend un cour de brossage de dent. De la même façon qu'il y a une façon de tenir les bâtons de marche, il y a une façon de tenir le manche de la brosse à dent... Dans la descente nous ne verrons pas les fameuses falaises, mais la beauté des canyons nous font oublier un instant le défilé de capes aux couleurs acidulées. Le soleil pointe son nez et c'est une tempête de ciel bleu qui nous accueille à Skocho, mais pourquoi donc s'être levés si tôt ??


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Retour à la mer. Des milliers de guirlandes de calamars sèchent, tentacules au vent. La côte est grillagée. Entre deux casernes, un village et son marché aux poissons. Ici les poissons sont vendus vivants. Et la poissonnière de t'attraper la tentacule pour te montrer comment elle est belle sa pieuvre. Attention au jet d'encre ! Quelques plages sont autorisées d'accès en journée. La nuit, tout est fermé, surveillé, interdit. Nous l'apprenons in-extremis en déroulant nos duvets près d'une paillote. Un panneau écrit en rouge nous avait retenu de poursuivre le chemin sur la côte. Des soldats passent. Rien. Une jeep arrive. Le chauffeur vient discuter avec nous. Il est interdit sur la plage. Heureusement, nous sommes juste avant le sable. Suffisamment prés des habitations. Quand au chemin nous avons bien fait de ne pas le prendre, il y a des entraînements de tirs cette nuit dans la crique à côté ! 1h, tirs, 2h, tirs, 4h quelques goutes. On s'agite. Ranger les duvets avant qu'ils ne prennent la pluie. Bruit. Soudain les projecteurs s'allument, balayent la côte. Ouhouh, c'est nous, les petits français. Pas de soucis, regardez même la pluie a cessé. Les jeunes soldats veillent. Régulièrement des espions nord-coréens se font attraper au sud. Il ne faudrait pas qu'un sous-marin en amène d'autres comme ça a été le cas en 1996 quelques kilomètres plus sud. On se dit qu'au XXIème siècle, il doit exister d'autres moyens pour obtenir des renseignements ou infiltrer des espions. Mais peut être que nous n'y connaissons rien, ou que Kim Jong-il voudrait refaire un remake de James Bond. Son père, Kim Il-Sung, le « Président éternel » de la République démocratique de Corée, grand amateur de cinéma, avait bien fait enlever le réalisateur sud-coréen Shin Sang-ok pour le mettre à son service (http://www.guardian.co.uk/film/2003/apr/04/artsfeatures1 ). Mais cette nuit là pas de débarquement sur notre plage.

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La route de la côte est montagneuse. Sokcho-Busan est une classique des cyclistes coréens et nous ne sommes pas peu fières de rattraper dans les montés les moulés qui poussent leurs vélos tout légers. Gniaquegniaquegniaque. Décidément c'est trop facile, nous retournons dans la montagne, vent de face comme il se doit. Les coréens sont pris de folie de chantiers. Au bord des route vides de circulation, sont en construction 2x2 voies, ponts et tunnels. De nombreux villages ont été engloutis suite à la construction de barrage ou déplacés pour devenir des folks-villages. Visite des anciennes écoles confucianistes...le grand homme serait-il à l'origine de cette culture asiatique aux règles qui nous semblent si étranges : entre l'admiration du respect porté aux ainés et le rejet quand ce même respect se transforme pour nous en soumission au mari ou à la hiérarchie.

 

Descente à toute allure vers Busan. Enfin presque. Petit passage à Gyongjou, une des anciennes capitales. La visite du musée et des Bouddhas taillés dans la montagne se fait plus longue que prévue. Délaissant une nuit au bord de la voie rapide, nous retournons chez Clément notre hôte de la veille. Le temps de faire les 20km de retour vers la ville et il a déjà appelé un de ces collègues pour un petit repas entre français : foie gras, baguettes, vin et un plateau de fromages d'importation directe qui nous fais encore saliver rien que d'y penser !

 

Allez, bientôt le Japon et les sushis...

 

Ps : d'après les rédacteurs de Wikipédia, le surnom Pays du matin calme serait une mauvaise traduction du royaume de Chosŏn par des missionnaires du XIXème siècle. La traduction littérale exacte serait Pays du matin frais. Mais nous on trouve que Matin calme ça lui va bien à ce pays.

 

 


 

Welcome to Chinaland, sourires under control !
Mis en ligne le 2 novembre 2009 à Yokohama...Japon
 
Passage de frontière. Sortie de la gare d'Erlian : des vélos partout. Des à moteurs, des sans moteurs. Des qui grincent, des qui font pas de bruit. Des jeunes, des vieux, sur leurs deux ou trois roues avec planches, étagères, cartons, bidons d'eau, fruits et légumes... Ah! les fruits et légumes, il y en a plein le marché, de toutes les couleurs, de toutes les formes. Après le désert mongol, une orgie se prépare!

A la sortie de la ville, une 2x2 voies, vide, doublée de chaque coté d'une piste cyclable, nous lance vers le...rien. Mais si petit, je te le dis, au bout de la ligne droite il y a forcement quelque chose. Tiens, regardes, des dinosaures. Ils ne sortent pas de nul part ceux la!
C'est bien platte par ici et comme en mer, on voit les orages arriver de loin, jusqu'à ce que le brouillard tombe. La route devient alors une ligne dans le néant.
Peu a peu des champs apparaissent, mosaïques de cultures. Il devient nécessaire de se ravitailler. Un village, au bout de la rue un camion qui vend des légumes. De part et d'autres de la rue, hommes et femmes se reposent. Les premiers en casquette et costume mao, les secondes coiffées de toques blanches. Nous posons les vélos et tous de se lever pour faire cercle autour de nous. Nous ne les avions pas vu aussi nombreux! Il me faut fendre la foule pour atteindre le camion, tous se retourne pour voir ce que j'achète. Une dizaine me suive à l'épicerie, pendant que les autres tâtent du pneu avec Florent. Ça y'est nous sommes en Chine : 1/5ème de la population mondiale. Des sourires et des grands éclats de rire fusent face à notre incompréhension de la langue. A chaque ville le cercle se reforme, les rires éclatent. Une personne seule ne s'arrêtera jamais, mais il suffit qu'une seule ralentisse pour qu'une autre en profite et qu'ensemble elle forme un groupe qui grossira très vite.
Traverser les villages c'est aussi souffrir des odeurs. Les ordures s'éparpillent au bord des routes, à l'entrée des villes, les rares bennes laissent s'échapper un jus aussi ragoûtant que leurs odeurs. Un vrai poème. Quand à cela s'ajoute le bruit des crachats, ce n'est que pure bonheur!
Sortie des villes et de leur kyrielles de cantines et réparateurs de camion, la campagne, pour la première fois depuis le début de notre voyage, nous dépayse complètement. Les collines se parent de terrasses en tous sens. Les villages en terre cachent des ruelles zigzaguant entre des jardins à l'abri des murailles. Dès qu'elles prennent un petit peu d'altitude, les montagnes se font abruptes.

Contre toute attente, notre passage en Chine aura été des plus facile. Pas de voitures particulières, tous le monde à vélo sur les pistes cyclables qui longent les routes. Des policiers toujours prêt à nous aider et pas du tout soupçonneux de nous voir nous balader librement à vélo et dormir sous la tente. La sécurité règne et il n'y même pas d'alcoolique pour venir nous réveiller la nuit ! Et cerise sur la gâteau, c'est le premier pays depuis bien longtemps où nous n'avons pas à nous préoccuper du prochain visa. Nous sommes libres. Nous sommes à l'est de la Chine, bien loin du Tibet et d'Urumqui.


Grottes de Yungang. 50.000 Bouddhas taillés dans la falaise. Très beaux. Devant le site : des travaux. Le quartier de maisons basses et de petites ruelles a été entièrement rasé et au vu des fondations, c'est un immense complexe qui est en train d'être monté. Bienvenu à Chinaland ! Ses sites touristiques impeccables, ses routes à faire pâlir d'envie les conducteurs de Formule 1, ses carrefours bordés de jardins entretenus par des armées de jardiniers prêt à sauter sur la première feuille qui dépassera de la haie, ses parcs nationaux avec parcours (automobile) prédéfinis et pause photo obligatoire. Ici personne ne crache.

Mais avant Pékin, la route continue. Les camions se font de plus en plus nombreux. Nous sommes noirs de crasse, nos poumons se remplissent de poudre de charbon et nos yeux se maquillent tels des Sherazades. Nous passons prêt de camions transportant de longs tubes chauds...sans nous éterniser. Le vent nous pousse, tellement vite que nous en manquons la Grande muraille. Vous savez, ce mur plusieurs fois centenaire et qui fait quelques 8.000 km. Bien sur nous en avons vu des bouts à l'état "naturel" : des tours de guets en terre sèche se succédant sur les crêtes. Mais le haut lieu touristique, la muraille rénovée et ses 3 mètres de hauts sur des dizaines de kilomètres, ça non, nous ne l'avons pas vu, pas cette fois là. Refusant de prendre l'autoroute, nous avons pris la route avec sa file de camions. Une fois descendus les 1000m de dénivelé, il a bien fallut se rendre à l'évidence : nous avions pris la mauvaise vallée. Dépités, nous sommes allés dormir derrière les tombes de Ming. Le lendemain, l'envie d'aller se reposer chez David à Pekin à vite pris le dessus sur celle de remonter vers la muraille. Et c'est une petite réunion de cyclos qui a eu lieu, avec David, bien sur, madrilais, venu en vélo pour les JO de 2008, Daisuke, japonais, sur le chemin du retour après 11 ans de pédalage autour du monde et Ahn et Hyoill, coréens, partis depuis une semaine pour un tour du monde de 6 ans !

Pékin s'est paré de beaux atours pour les JO de 2008. Allant même jusqu'à doter les jeux d'un quartier artistique : une ancienne usine investie par des artistes et où aujourd'hui se succèdent galerie d'art contemporain et boutiques bobo. La jeunesse branchée aime à venir s'y photographier. Pendant que nous prenons notre temps à faire les touristes, à préparer la suite de notre voyage, la capitale se prépare pour le 60ème anniversaire de la République Populaire de Chine. Les rues se couvrent de drapeaux et de lampions. Balayeurs et jardiniers s'affairent. Tandis que le Xhin-Xhan n'est toujours pas relié au réseau internet, ni aux communications téléphoniques internationales, le Tibet est à nouveau fermé. Notre blog est censuré, comme la plupart des autres blogs. Les gardes civils sont toujours plus nombreux et les communautés d'habitants fournissent chaque jour davantage de "volontaires de la sécurité". Cette petite armée au brassard rouge regarde, observe, que rien de mal ne se passe. Car les chinois sont décidément trop nombreux et le moindre écart serait fatal à la tranquillité du pays. Nous visitons les monastères aux restaurations flambant neuves, se demandant si des acteurs ne se cachent pas sous ces habits de moine. Le nombre d'encens à offrir à chaque divinités est clairement indiqué, il s'agit de ne pas faire d'impaire.

Nous quittons la ville sous l'oeil de quelques-unes des caméras parmi les milliers qui surveillent la population. Hop, un petit flash. Comme tout véhicule entrant et sortant d'une ville nous avons droit à la photo...souvenir pour qui ?

Deux jours pour rejoindre le port de Tianjin où nous prendrons un bateau pour la Corée du sud. On nous a annonce 150km, nous en ferons plus de 200 pour cause de perdition à la sortie de Pékin et dans les deux grandes villes traversées. Nous retrouvons nos amis les camions et une poussière plus noire que jamais. L'aire moite nous colle à la peau. Nous arrivons au port dans la lumière des phares des camions. Pendant que nous cherchons le quartier des hôtels, l'orage se prépare à nous fondre dessus et c'est sous une pluie battante que les lits nous sont refusés les uns après les autres. Tranquilles sous la tente, nous en avions oublié que tous les établissements n'étaient pas autorisés à accueillir les étrangers. Sur le bateau, le samovar nous attend et pendant que les coréens marchent en rond sur le ponton, nous profitons des banquettes et des lits au trois-quarts vides. Nous allons vers l'ouest, rejoindre la mer de l'est.

 

 

 

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