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Tour du monde a velo - Terre de paysages

Récits - Asie continentale


Mea culpa, suivant les pays les accents sont plus ou moins présents sur les claviers, ce qui explique leur absence dans certains de nos textes. Désolé pour cette difficulté de lecture.






La Mongolie, c'est pas pareil !mongolie--15-.jpg

5 septembre 2009, Mongolie intérieure (à la Chine)

Mis en ligne le 1 octobre à Seoul

 

La Mongolie c'est différent. Il a finis par nous le dire le monsieur. La Mongolie ça a été différent parce que nous y sommes entrés au son du rock et du flamenco dans une tata mobile pleine à craquer. Le no man’s land qui sépare la Russie de la Mongolie, nous l'avons passé avec le bas de caisse à 20cm du sol, la voiture pleine d'essence, de roues de secours, d'eau, de nourriture, de nos sacoches, de nous et des trois participants au Mongol Rallye. Trois devant dont un plus dehors que dedans et nous deux l'un sur l'autre derrière. Une fois le dernier poste frontière passé et le goudron quitté, le plus lourd de la voiture a continué sur la moto anglaise qui nous suivait. Au poste frontière mongol c'est retrouvailles de rallymen. Certains sont bloqués depuis cinq jours parce qu'ils leur manquaient les documents leur permettant d'importer et de faire don de leur voiture à Oulan-Bator, but de leur périple. Tous resteront bloqués au moins deux jours encore. Quand à nous, nous sommes libres de partir sur les pistes les sacoches chargées de ration de survie de l'armée espagnole. En chemin, Joëlle et Klaus, des germano-savoyards, nous remplissent la bâche à eau car autant l'Altaï russe est boisé et couru de rivières, autant l'Altaï mongol n'est que steppe et sécheresse. Les jeunes yaks accourent du fin fond de la prairie. Nous foncent dessus, s'arrêtent, nous observent, puis repartent comme ils sont venus.

 

Olgi. Pas de prolongation de visa possible. On a voulu y croire, un peu, qu'on allait les avoir ces deux mois de liberté. On a voulu les croire le consul de l'ambassade de Mongolie à Almaty et la bible Lonely Planet. Mais non, rien à faire, il nous faudra rejoindre Oulan-Bator dans les 30 jours qui nous sont impartis. Le compte à rebours est lancé. Plus que 28 jours. A vos marques, prêt, partez!

 mongolie--12-.jpg

Direction plein sud, Khovd. Car quitte à être dans l'Altaï autant en profiter. Car le vent, il vient du nord-est. Il parait. Nous l'avons espéré souvent celui-là. On va au sud, il vient du sud. On va à l'est, il vient de l'est. Ha, ça oui, on a bien fini par le connaître. Les deux derniers jours, sur le bel asphalte nous menant à Oulan-Bator. Comme pour nous dire qu'il y aussi de belles routes, bien goudronnées qui vont vite en Mongolie. Car quand t'es dans l'Altaï, c'est pas pareil. C'est pas pareil quand il y a une armée de moustiques qui t'attaques lorsque tu t'approches de la seule rivière de la région. C'est pas pareil quand tu crois leur échapper en pédalant à nouveau vers de paysages secs, mais vent de face avec la piste qui se met à monter et qu'en plus elle devient sable. Tu fais moins le malin quand tu tombes une fois, deux fois et que les moustiques attendent juste ce moment là pour se faire plus nombreux. Mais tu te dis que ce n'est pas grave, qu'une fois arrivé au col, le vent sera tellement fort que vous ne pourrez pas tenir bande de salopiauds ailés. Alors tu repars, le dos couverts d'insectes, le chapeau à moustiquaire de Finlande sur la tête (oui, de Finlande, c'est ça). Tu pousses ton vélo sous l'œil des camionneurs bienheureux que tu ne sois pas sur leur piste. Parce que si tu y avais été, c'était foutu pour eux. Plus qu'à repartir en marche arrière dans le sable pour trouver un terrain plus propice pour reprendre leur élan. Le col. Enfin. Mais là, rien. C'est la désespérations et avec tes moustiques sur le dos, tu te dis qu'Éole il se fout bien de ta gueule quand même. Mais tu t'en fous. Tu plantes ta tente en te disant que demain sera un autre jour.

Demain, ce sont les cailloux qui tapissent la route et cassent le dos et les fesses. C'est le carrefour pas vraiment à l'emplacement indiqué sur la carte. Remarques  les cols ne le sont pas vraiment non plus ou disons qu'il y en toujours un plus haut avant celui indiqué. Mais cette fois, droite ou gauche ? Citerne ou désert ? Aller, on suit le prochain véhicule. La moto passe à gauche. Mais quelle circulation ! Un deuxième pour confirmer ? À droite, loupé. Et nous au milieu. Des rallyman arrivent, délivrés par la douane. Ils nous donnent quelques litres d'eau, au cas où. Et tous le monde de suivre les camions-citernes russes, car eux c'est sur qu'ils ne vont pas terminer leur course dans une yourte. Au petit matin les chameaux remontent nonchalamment la vallée, nous rappelant que nous sommes bien loin des glaciers et des hautes montagnes que nous imaginions lorsque nous entendions le nom "Altaï". Fichu visa qui nous oblige à couper au plus cours. Entre montagnes et yaks, nous continuons notre route. Les motos tombent de plus en plus en pannes à notre approche. Comme si nous avions développé des énergies particulièrement négatives envers ces engins motorisés. La panne est toujours la même : coté avant-droit. Et le propriétaire de disparaitre derrière sa roue. Mais ne vous en faites pas amis motards. La machine repart toujours une fois que nous l'avons franchie. Sans un mot. Car la parole n'est pas de mise ici. Par contre il y a toujours quelqu'un pour venir te voir. 0,65 habitant au km² en campagne, c'est peu, mais ça fait toujours un habitant tous les kilomètres et demi. Dans un pays aux paysages tant ouverts, il y a toujours quelqu'un pour te voir et accourir au grand galop du plus loin de la steppe et s'assoir à tes cotes. Bien sur tu t'essayes au langage mongolie--19-.jpgdes mains, celui que tu as peu à peu appris à maitriser depuis 11 mois que tu es sur la route. Car le mongole, il y a comme un blocage. Après tout ce n'est que la 9ème langue que tu rencontres. Sauf que c'est la première fois qu'il n'y a aucun lien avec une des précédentes, ni le latin, ni le slave, ni même le turc. Sans parler de ces prononciations sorties dont ne sait comment du fin fond de la gorge. Alors tu en reviens aux mains. Mais il y a comme un grand moment de solitude face à ce visage, sourire aux lèvres, mais sans plus de réactions. La ger à l'est, à l'ouest. La route pour Khovd à droite, ha, également à gauche. Forcement, tous les chemins mènent à Rome... Les derniers kilomètres avant la ville, avant l'eau, que l'on espère derrière ce col, ou le suivant. Une voiture en panne. On nous demande de l'eau, à nos petits cyclos. Pour le jeune qui repart. Mais on veut bien en donner aussi à la petite fille, à la mamie et à la maman. On repart en espérant que la ville, l'eau, est derrière celui-ci de col.

 

Khovd. Mission : prendre un bus pour Bayankhongor. Parce que la suite de la route c’est de la tôle ondulée dans le désert, parce que nos visas sont trop courts, parce que nous avons envie de grimper les pentes de l’Arkhangay. Un chauffeur de minibus nous annonce un prix qui est le triple de celui que nous pensions payer, les chauffeurs de camions veulent parler en dollars, enlève un dollars, en rajoutent deux et nous présentent un chiffre dont ils ne connaissent pas la valeur prohibitive. Il se fait tard, la douche nous appelle. A chaque jour suffit sa peine. Le lendemain nous commençons à discuter avec un chauffeur de minibus quand celui de la veille arrive criant que non il n’y a pas de bus pour nous. Petit flottement chez les chauffeurs et nous de tenter de lui expliquer que son prix est prohibitif. Rien à faire, il nous dit non et les autres se taisent. On repart. Quelques minutes plus tôt nous avions croisé des rallymen qui avaient accepté de nous prendre en répartissant nos vélos et sacoches dans leurs six voitures. Sauf que les voitures de tourisme surchargées ont du mal à supporter les pistes mongolesmongolie--26-.jpg. Plusieurs doivent être réparées et en fin de journée nous finissons par apprendre qu’une des voitures ne pourra continuer la route. Ils doivent se repartir passagers et bagages entre eux ce qui signifie plus de place pour nous. Entre temps nous nous sommes fait connaitre dans le carrefour : les chauffeurs de minibus nous reçoivent sourire aux lèvres en nous proposant toujours le même prix prohibitif. Quand nous essayons de négocier, ils s’en vont en disant « bye bye ». C’est fou comme l’anglais s’apprend vite ! Quand aux chauffeurs de camions … ils nous renvoient vers les minibus ou font semblant de nous ignorer. Ambiance, ambiance. Le lendemain à force de tourner dans la ville à la recherche de véhicules susceptibles de nous prendre, Flo trouve une autre station de minibus. L’un d’eux accepte de nous prendre (au tarif normal) direction Ulaangom, plein nord, une sorte de retour en arrière… Nous faisons une croix sur les montagnes de l’Arkhangai, mais nous espérons qu’à nouvelle ville, nouveau départ. Interloqués, nous regardons le chauffeur charger son van de deux roues de secours… Nous crèverons seulement deux fois. Une passagère égrène son chapelet, nous sommes protégés pendant qu’un autre apprécie la musique traditionnelle délivrée par les haut-parleurs. Plus tard ils donneront de la voix ensemble et les pauses réparations deviendront prétexte à quelques pas de danse au milieu de la steppe. On commence à reprendre gout à ce pays.

 

Ulaangom. En pleine nuit trois cavaliers nous réveillent pour nous demander de l’alcool puis de l’argent. Un coup de frontal dans les yeux et ils partent dans toutes les directions. Nous finissons la nuit pas très tranquille. Le lendemain un berger guette notre sortis assis devant l’entrée de la tente.

 

Notre salut viendra d’un groupe d’espagnols de retour de l’Altaï. Sur six personnes, cinq prennent l’avion, seul Jose rentre avec le minibus, chauffeur et guide qu’ils avaient engagé. Le chauffeur et le guide accepte de nous aider. Et c’est reparti pour un jour et demi de bus. Jose est cyclo. Ses plus beaux souvenirs : Madagascar et l’Alaska. Les pauses sont rapides, sur le rythme de la conduite. Une règle : ne jamais avoir un véhicule devant soi. Une interrogation : la pédale de frein existe-t-elle ici ? Arrivée au lac blanc, là où nous avions décidé de recommencer à pédaler, la fatale question : maintenant parlons un peu argent, combien allez-vous nous payer ? Nous sommes lourds et le véhicule consomme plus d’essence et nous nous devons de participer aux frais. Ok combien avez-vous consommé ? Pas de réponse mais nous devons payer sinon ils ne s’arrêteront jmongolie--39-.jpgamais ! A force de discussion, on  nous annonce un prix trois fois supérieur à la normale. Mais c’est dans les règles de faire payer les touristes trois fois plus chère. Enfin ils trouvent la pédale de frein. Flo tente d’expliquer le sens du mot aide. Sans succès. La Mongolie c’est différent qu’on nous répond. Nous nous le tenons pour dit. Nous donnons l’argent, pour réparer les freins qui ont souffert de notre poids… Mais où est donc la légendaire solidarité mongole quand le litre d’essence est vendu à celui tombé en panne au bord de la piste, quand des automobilistes sont obligés de quémander de l’eau voire de l’essence auprès de cyclos ? Au moment de nous dire au-revoir, Jose a les larmes aux yeux. Trois semaines merveilleuses entre amis, une rando superbe dans l’Altaï. Mais trois semaines de tension, à toujours se dépêcher. Chaque jour un problème, petit, mais chaque jour. Et nous sentons que le vase commence à déborder. Le bus repart et deux petites filles qui ont assisté à la scène nous regardent en souriant. Comme pour nous faire oublier le mauvais moment passé, elles se précipitent pour nous aider. Nous apportent les sacoches pour les mettre sur nos vélos, se demandant ce qu’il y a dedans. Il y a des « Golden Salmon » dans la rivière et on peut camper juste là. L’orage gronde. Flo accroche la tente par l’intérieur à toutes les sacoches qu’il trouve. Ouf, c’est passé dans la vallée d’à coté.

 

Peu à peu nous commençons à réapprécier la Mongolie. La route du nord est bien plus facile que celle de l’Altaï. C’est aussi la plus circulée…au moins une vingtaine de voitures par jour ! Août, pic touristique en Mongolie. En s’approchant de Tsetserleg et Karakorum, on s’approche également des lieux touristiques. Ca nous fait bizarre d’entendre parler français, espagnol, italien. Nous avions l’impression d’arriver au bout du monde et nous vivons un petit retour en Europe ! Rencontrer tous ces sourires nous fait beaucoup de bien. Merci à tous ceux qui sans le savoir nous ont redonné l’énergie de poursuivre notre périple mongol avec une sérénitude retrouvée. Peu à peu mongolie--73-.jpgnous avons aussi compris qu’il fallait nous tourner vers les enfants pour poser nos questions. Contrairement aux adultes, ils comprennent toute de suite que nous cherchons de l’eau pour boire. Ils sont curieux de tout et se prennent pour des champions du cyclisme quand ils mettent nos casques. « Come on, o year », la télé a pris la place de Bouddha dans les yourtes. Ils sont dans l’échange : je te prête mon cheval, tu me prêtes ton vélo. Toujours prêt à aider et jamais dans la provocation.

 

Peut-être parce que nous vivons physiquement les paysages, mais chaque jour nous avons l’impression de découvrir de nouvelles vallées, de nouveaux espaces. Le monastère de Khakhorin sera notre première rencontre avec le bouddhisme tibétain. La plupart des bâtiments sont d’influence chinoise, un seul est d’inspiration tibétaine. Karakorum était la première capitale de Mongolie pendant une trentaine d’année avant son transfère à Pékin. Le monastère construit avec les pierres de l’ancienne capital a été en grande partit détruit pendant les purges communistes. Aujourd’hui rénové, les mongols y viennent tourner le moulin à prière tout en conversant avec leur téléphone portable. Nous sommes bien loin des clichés sur la piété tibétaine. Nous sommes en Mongolie.

 

Oulan-Bator. La ville n’est pas si pire que l’on nous l’a décrite et l’on a plaisir à en visiter les monastères avec Timur le petit frère d’Elena, notre hôte. Ils sont russes, de Bouriatie où le bouddhisme est la religion dominante. Timur parle russe, anglais, chinois et espagnol. Il se débrouille en japonais et pour le plaisir a étudmongolie--67-.jpgié le suédois et pleins d’autres langues…nous faisons pale figure, d’autant plus que nous avons du mal à avouer que si nous n’avions pas lu Balzac et Zola à l’école, nous ne les aurions probablement jamais lu.

Dernière capitale où nous demandons des visas. Nous avons abandonné la Russie (trop chère, trop long) au profit de la Chine. Contre toute attente, ce sera un de nos visas les plus faciles à obtenir ! Demain sera la traversée du Gobi en train jusque de l’autre côté de la frontière. A nouveau nous ne pouvons passer cette frontière en vélo et nous n’avons pas du tout, mais alors pas du tout envie de nous frotter encore une fois aux chauffeurs mongols qui font office de passeurs pour piétons. Ce sera donc le train, en compartiment, avec un lit chacun, deux pour nous, deux pour les vélos !



D'Almaty a la Russie2-Kazakhstan--10-.jpg

mis ligne le 30 aout a Oulan Bator, redige le 22 juillet 2009....
Enfin nous prenons un peu de temps pour taper tous ces textes ecrits il y a plus d'un mois pour certains.... Aujourd'hui nous sommes a Oulan-Bator en attente du train de ce soir pour la frontiere chinoise.
 
Almaty : entre deux demenagements, nous faisons nos demandes de visas mongol et russe. Pour cause de soucis d'enregistrement, nos reves de randonnees dans les Tian Shan se sont resumes a deux week-end dans les Zaga, au sud de la ville comme tout bon citadin. Le president nous a tout de meme offere un jour de plus : le jour de la capitale, coincidant etrangement avec son propre anniversaire... Samedi, dimanche, tous le monde va en montagne. Tous le monde prend son 4x4 et va faire griller des chachliks sur le bord de la piste. Les randonneurs n'ont plus qu'a monter plus haut pour retrouver les marmottes.
 
Les chinois d'Urumchi se rebellent, la frontiere est fermee. Les Kazakhs bloques de l'autre cote, sommes de justifier leur volonte de rentrer dans leur pays. On nous fait comprendre que ce n'est pas le bon moment pour demander un visa urgent et nous n'avons pas le temps d'attendre, notre visa kazakh arrive a expiration...il nous faudra attendre Oulan Bator pour trouver une porte de sortie a la Mongolie.
 
Mardi 14 juillet, fete nationale francaise, nous quittons la paisible maison de Polat, Aldyar et Balchiar pour prendre le train direction la Russie. Arrivee a la gare, pas de wagon-bagage pour nos precieuses bicyclettes. Gloups. Impossible de mettre nos velos dans le train. Des personnes semblant travailler pour le train se proposent de nous aider. Nous pouvons soit mettre nos velos dans un compartiment ferme pendant le trajet soit les mettre dans le double-plafond comme ca il n'y aura pas de probleme a la douane.... sauf que les deux comperes ont sans doute quelque chose a voir avec la compagnie ferroviaire mais pas avec ce train. Un premier controleur refuse nos velos, un deuxieme, celui de notre wagon, accepte qu'on les mette dans l'entre-deux-wagons...comme n'importe quel bagage. Les deux comperes reclament leur du et nous on trouve que 50 euros c'est un peu chere pour le simple fait d'avoir demande a notre place s'il etait possible de mettre les velos dans le train. Ils insistent. Polat arrive pour nous dire au-revoir et en tant que businessman rompu aux negociations, il leur fait vite comprendre qu'ils peuvent aller se faire voir. Il en profite pour faire confirmer au controleur que oui il n'y a pas de probleme pour les velos et que non nous n'avons rien a payer.
Le train demarre. Cette fois nous avons fait attention a demander les places du haut. Celles ou l'on peut passer la 2-kazakhstan--14-.jpgnuit allonge tout en esperant d'avoir un peu d'air frais. Nos voisins du bas ne sont pas bien loquaces. La nuit approche. Le "personnel de service" a peur du vol pour nos velos et ils veulent qu'on les mette dans le double-plafond a l'abri des regards. Impossible, il y a une barre horizontale qui risque de tout arracher. Un bon U devrait suffire.
Le lendemain le controleur se reveille, il reclame son du pour avoir accepter les velos et pour la "surveillance". Oui, oui, on verra ca plus tard, a Barnaul.
La frontiere approche, les vendeurs ambulants distribuent leur marchandise et chacun de se retrouver avec un sac de 20 paires de chaussettes, 5 vestes dans leur enveloppe, une dizaine de serviettes eponges... Personnellement je refuse de prendre en charge 3 magnifiques sacs a mains noir brillant. Je sens qu'il va y a avoir suffisement de complication avec la carte d'immigration, les velos et nos propres bagages pour ne pas avoir a justifier le fait qu'en tant que cyclo je me trimballe avec 3 sacs a mains! Le gars tente bien de negocier avec Florent qui lui repond que c'est avec la gina qu'il faut voir. Tout est regle tres vite. Dans un pays ou la femme se doit d'etre mariee a 20 ans (quand l'homme peut attendre les 30 ou 35 ans), ou elle est constamment releguee aux taches menageres et ou elle ne peut surtout pas prendre la decision de laisser deux cyclos planter leur tente a 500m de la ferme, il suffit qu'une femme hausse le ton et dise non-stop, pour que l'homme en face soit destabilise et cesse toute poursuite de negociations (ou de harcelement touristique).
Les douaniers kazaks arrivent et ne nous posent absolument aucune question sur le fameu deuxieme tampon qu'il est cense manquer sur notre carte d'immigration. Un des vendeurs ambulants se fait pincer. Entre les deux postes frontieres, le controleur prend peur et fait enlever toutes les marchandise qu'il avait dans son compartiment. Frontiere russe. Verification des passeports, des visas, remplissage et tamponage de la carte d'immigration. Et on attend, on ne sait pas quoi, mais on attend. Personne n'ose bouger. Au bout d'un moment les plus temeraires tentent une approche du samovar. Aucun douanier n'est sortit pour remettre le passsager a sa place. Mais sans electricite l'eau ne chauffe plus et descend en dessous des 80 degres purificateurs. On attend. Rien. Pas meme un moustique. Soudain le train redemarre, un peu d'air frais, enfin.
 
Barnaul, 4 heure du matin. A travers un nuage de moustiques, Julia et Mickael apparaissent. Avec Constantin, ils ont saccrifie leur nuit pour devancer notre potentielle fatigue, alors que c'est nous les vacanciers et eux les travailleurs. Les velos prennent la direction de la maison 5 etoiles de Constantin tandis que nous allons finir la nuit chez Julia et Mickael.
Russie, J1 : se faire enregistrer. Entre la poste qui ne veut pas enregistrer les visas touristiques, Julia qui pensait qu'il nous fallait moins de trois jours pour rejoindre la Mongolie et le service d'immigration qui refuse de nous enregistrer, nous avons failli faire tourner Julia en bourrique. Tout ca s'est fini a l'Hotel (sur indication du service d'immigration pourtant censer nous enregistrer...), a prendre une chambre juste pour avoir un tampon sur notre carte. Au passage on apprend que Colette et Philippe sont passes par la il ya deux mois avec leur velo...decidemment il y a toujours un cyclo ou que l'on aille. Le soir pas d'eau chez Julia. On va tous se refugier chez Constantin et Nina et on se retrouve face a un tee-shirt " Chartreuse on the rocks"!! Et oui Constantin, parapentiste de son Etat, est alle faire quelques sauts depuis Saint Hilere...russie--03-.jpg
Le lendemain visite de Barnaul organisee par Mickael et Constantin : le sanatorium et son parc dedie aux mariages davantage qu'aux patients : caleche, cervides, chevaux et moutons pour soigner les chevaux (oui, oui, mettez deux moutons autour d'un cheval et il remarchera!), la ferme aux oiseaux et demonstration d'un entrainement de faucon pour la chasse et le soir : chachliks et bain russe, sauna humide et fouettage aux branches de bouleau. De quoi vous revigorer pour repartir sur les routes de Siberie
 
Les premiers kilometres se font dans la plaine ou alternent a perte de vue prairies fleuries et forets de bouleaux. La Siberie telle que je me l'imaginais en lisant les romans russes. On s'attendrait presque a voir apparaitre trois planches en bois rappelant un passe fait de deportations et de disparitions. Mais aujourd'hui la M56 c'est l'autoroute des vacances ! Toute la Russie semble aller ou revenir de l'Altai. Pause pique-nique. Nikita et sa famille choisisse le meme champ. En 1h30, il evoque ce que nous n'arrivons a aborder qu'en trois jours avec les gens que nous rencontrons : le voyage, les relations franco-allemande, la peur de la guerre en France et en Russie, la confiance aveugle des russes en Poutine, les programmes sociaux en allemagne, l'interet des echanges universitaires, les difficultes de vivre en pays etranger, le code du travail francais, l'Altai, la rando et le vin. Ce qui nous vaut de rapartir avec une bouteille que nous croyons francaise. Les qualites gustatives sont decrites en russe au dos de la bouteille, mais la petite phrase "Melange de vins issus de different pays de la communaute europeenne" est elle en francais. Fourbes de commerciaux!
Le soir c'est la guerre. Lutte inegale contre des millions d'assayants. Comment faire un brin de toilette alors que des milliers de moustiques sont a l'affut du moindre cm carre de peau nue ? Se brosser les dents en pantalon, chapeau a moustiquaire, tee-shirt a manche longue et col roule +  chemise bouffante pour le plus de distance entre la peau et les insectes. Tenir d'une main la brosse a dent en essayant de maintenir fermee la moustiquaire du chapeau. Marcher, etre toujours en mouvement. Se rincer les dents en marchant. Pour la douche : sortir de la tente avec un minimum de vetements tout en etant un maximum couvert. Se desabiller en 5/5, se mouiller, se savonner tout en faisant la girouette. Bouger, toujours bouger. Se rincer puis se secher. Courrir vers la tente, se faufiler a l'interieur par l'ouverture ouverte au mininum au ras du sol (les moustiques sont toujours un peu en hauteur). Vite refermer les remparts et achever les ennemis ayant reussis a s'introduire dans la forteresse. Le lendemain grasse mat', on a confondu le bruit de la pluie  avec celui des mouches et des moustiques tapant contre la tente...
 
 
A travers l'Altai russerussie--20-.jpg
 
10 jours a remonter les vallees, a longer les rivieres. Deux cols a passer, facile qu'ils nous disent. Et Monique et Alain qui n'ont meme pas vu que la route elle faisait que monter et descendre. 12%, toujours les memes panneaux et puis des 11 pour mille quand il y a eu pennurie. Une succession de "nice place to camp". Les buses qui nous regardent passer en rigolant. Peut etre parce qu'elles savent ce qui nous attend plus loin. Parce que du Quebec a la Belgique en passant par Bezier et Munster, on nous promet bien du plaisir sur les pistes mongoles. Heureusement Fanny et Joachim (de Grenoble, et oui, encore) nous rassurent. 4 semaines de pedalage (seulement !), couche (les velos), d'Oulan Bator a la frontiere russe. 4 semaines difficiles (incluant casse de porte-bagage et bleux suite aux chutes), mais au combien jolies. Plus loin Jan et son arc (pour l'entrainement, pas pour la chasse qu'il a precise), nous montre les rayons qui commencent a s'arracher des jantes. Ok....
On continue le long de la riviere Katoum. Les arbres se font de plus en plus rares, les villages de plus en plus perdus. Les tombes turcs et les petroglyphes font offices de pause culturelle. Et les vetetistes russes descendent des montagnes nous offrant au passage leur atlas de lar egion au 200.000 beaucoup mieux que notre carte au 2.500.000! Et les vetetistes russes montent dans la montagne avec leur velo de ville et crampons et piolets (pour la securite qu'ils disent...).
 
Lettre du bout du monderussie--30-.jpg
 
Le bout du monde c'est ici. Apres on ne sait pas. Une immense plaine aride. La route et son collier de poteaux electriques. Au milieu de nul part, notre tente. Les orages nous cernent. De temps en temps une voiture passe. Venue d'on ne sait ou, allant on ne sait ou. Nous attendons. Meme les moustiques nous ont abandonnes. Il n'y a que les sauterelles pour nous tenir compagnie, et parfois une vache un peu curieuse, ou perdue. Nous avons fuit les alcooliques du village d'a cote. La frontiere est fermee. Double grillage qui se perd dans la montagne. Il est interdit de faire sa lessive au point d'eau entre les barraque en bois, mais la riviere est a sec. Magasin : vodka et vino, le pain n'est pas vendeur. Le joubarbe semble bien etre la seule a s'epanouir ici. Nos deux velos eloignes de la tente pour ne pas nous attirer la foudre sont comme deux squelettes au milieu du desrt. Tournes vers l'ouest comme si ils avaient peur de ce qui les attends de l'autre cote de la frontiere, de l'autre cote de la montagne. Nous attendons juste l'ouverture de la barriere.






Une échappée dans les montagnes kirghizesKirgiztan--07-.jpg

Almaty, le 1 juillet 2009

 

Ça y'est c'est décidé, nous allons prendre le frais dans les montagnes kirghizes. Seul problème au passage de la frontière : se faire tamponner les passeports par les douaniers kirghizes. Quelques minutes auparavant, les Kazakhs nous avaient bien précisé l'endroit exact où leurs collègues devaient apposer leur tampon. Donc quand les (trop ?) jeunes douaniers kirghizes nous soutiennent que nous n'avons pas besoin de tampon, nous sentons qu'il y a entourloupe. Et effectivement, c'est un petit jeu récurrent : pas de tampon pour pouvoir mieux taxer à la sortie. Il nous faudra trois quarts d'heures pour obtenir ce fameux tampon, alors que le timbre et là sous nos yeux, à porte de main. Menfin. Nous attaquons la première cote et là, paf, Lénine surveillant le barrage que nous ne devions même pas apercevoir depuis la route...nous nous sommes trompés de poste frontière ! Mais bon, la piste chaotique marquée sur notre carte s'avère être une route goudronnée plutôt bonne : le raccourci que nous avions hésité à prendre.

 

Nous commençons notre remontée de la vallée de Tallas, accompagnées, accompagnant les moutons en transhumance dans les alpages. Au bout du troisième troupeau, nous trouvons le truc. Comme nous ne savons pas siffler à la mode kirghize, nous tentons humblement d'émettre un son en laissant passer l'aire entre nos dents du bas. Et, magie, magie, les moutons s'écartent nous laissant enfin le passage libre. Clack-clack, clak-clak. Ca c'est le porte-bagage d'Aurélie qui vient de casser. Comme les autres, toujours à l'avant, toujours la même pate d'accroche....il y a des oreilles qui doivent siffler.

 

Les cultures laissent place à la steppe et aux champs de coquelicots. Les montagnes qui nous entourent sont de plus enneigées. Avant d'attaquer la dernière grimpette au col, des "accompagnateurs de troupeaux" nous apprennent que nous sommes précédés par un vélo couché. Pas de remorque, deux sacoches à l'arrière, à une journée devant nous. Tiens, tiens.

 

Les déménageurs de yourtes nous doublent dans la cote. Les familles s'installent, précédant de quelques jours Kirgiztan--11-.jpgl'arrivée des troupeaux. Col d’Otmok, 3330m. Notre col le plus haut depuis le début du voyage. Nous redécouvrons la sensation de froid. Celle contre laquelle tu peux lutter en t'habillant, contrairement à la chaleur ou à part te mettre à l'ombre (quand il y en a) pour perdre quelques degrés, tu ne peux rien faire. De l'autre cote du col plus de 70 km de descente nous attendent. Nous rejoignons l'axe Osh-Bishkek. La route s'élargie, les chevaux se font plus nombreux que les moutons, les yourtes s'alignent au bord de la route vendant koumiz, le fameux lait de jument fermente, et crottes de fromage, un concentré de gout, dure et sec.

 

Un choix est à faire : redescendre sur Bichkek ou continuer sur la route centrale ? Tant pis pour les contacts pris à Bichkek, nous décidons de rester en altitude et nous nous enfonçons dans la vallée de Kyzul Oj. Le goudron laisse vite place à la piste et au bord d'une rivière gonflée par les fontes de neige, entre des pentes qui se teintent d'ocre, la question absurde devient : vaut-il mieux du sable dans lequel on s'enfonce et on dérape ou de la tôle ondulée qui fait vibrer même le cerveau ? Grave question ! Nous apprenons que le cyclo nous précède toujours et qu'il est allemand. La question devient : mais comment un velo couche réagit sur les pistes ? Nous ne savons toujours pas la réponse... Les jeunes cavaliers nous regardent passer en rigolant et nous nous disons que voyager à cheval ou avec un âne c'est peut être pas mal non plus. A nouveau la steppe, de plus en plus de chevaux, les yourtes se mettent à l’ abri du vent dans les entrées de vallons et nous, nous continuons notre ascension vers un nouveau col.

 

En redescendant vers le lac Issy-Kul nous retrouvons la civilisation et ses joyeux atours. Quelques énormes camions chinois empruntent comme nous la route normalement interdite aux camions. Ils seront vite remplacés par les 4x4 urbains au nord du Lac. C'est définitif, nous préférons les Lada poussives a ces grosses voitures de citadins pressés d'arriver a Cholpon Alta, la cote d'Azur Kirghize. Nous sommes un peu déçus par le Lac, le soi-disant joyau du Kirghizstan. La route du nord était sans doute la plus rapide, mais pas la plus belle et en terme de lac il aurait mieux valut accepter de faire le détour au Song-Kol. Et oui. Mais quand même, en demandant où nous pourrions trouver de l'eau pour boire, on nous a gentiment envoyé vers les .... douches thermales. Et pendant que Florent se bat avec des escadrons de moustiques (qui n'a jamais vu Florent avec un moustique, ne connait pas la force d'énervement de Florent), Aurélie s'autorise une douche naturellement chaude à l'eau minérale, éclairée par la lumière du soleil couchant. Le grand luxe.

 

Avant de quitter le lac, nous sommes rattrapés par Denis et Marie-The, des Marseillais des Calanques venus dansKirgiztan--13-.jpg la région dans un camping-car quarante-douze étoiles à faire rêver des mamans.... et il m'a même semblé voir des Gerbles dans leurs placards ! Apres Tup, un panneau annonce une route toute neuve sur 75 km. En effet l'asphalte est brillant ! Mais c'est un leurre, après 10 km, nous croisons les premiers engins, puis les travaux passés nous nous retrouvons sur une route défoncée et remblayée en prévision des travaux à venir. Que de bonheur en perspective pour passer le col à la frontière. Heureusement nous quittons le lac et retrouvons ces paysages des montagnes kirghizes que nous aimons tant. Bing, bandang bandang bandang. Quoi ? Un rayon ? Une pédale ? Et non le porte-bagage de Florent. Et oui. Apres avoir cassé l'avant droit (avec trois réparations successives avant le renforcement miracle) puis le gauche, c'est à nouveau le droit qui lâche mais non plus au niveau de la fameuse pate d'accroche, mais à un des nombreux points de jointure...et nous voyons que les tubes sont bels et bien creux. Ha, ha, sacre Folis !

 

Enfin, un peu fourbus nous arrivons à la frontière : un poste perdu au milieu d'un plateau à l'allure de steppe, sur une belle ligne droite. Un passage sans soucis d'autant plus qu'il pleut et que personnes n'a envie d'aller voir ce qu'il y a dans nos sacoches. Le lendemain après une énième descente à 12% (depuis l'Azerbaïdjan toute les pentes font 12%, que ca monte, descende ou même que ce soit plat), nous sommes stoppés dans notre élan par Mathieu et Thibault, deux cyclos qui reviennent du Mexique. L'orage approche et le point d'eau le plus proche est plus bas, demi-tour pour eux, continuité dans la descente pour nous et plantage de tente pour tous sous la ferme.

 

Les orages sont accrochés aux montagnes, mais les montagnes on en sort moins vite que prévu. Du coup il faut qu'Alphonse notre ange gardien se mette au travail et que nous on appuie un peu plus sur les pédales. Ambiance, ambiance quand après avoir esquivé un orage à la sortie des gorges de Charyn (dont d'ailleurs nous n'avons jamais trouvé le fameux sentier d'accès empruntable en taxi...), nous nous retrouvons sous un deuxième au milieu de collines désertiques et qu'à la sortie c'est une belle ligne droite dans la plaine qui nous attend. Nous prenons notre élan, accélération, maintient de la vitesse, attendre Florent qui a du mal à braver le vent (et oui, chacun ses moment de force, y'en a un c'est dans les cotes, l'autre c'est sur le plat contre le vent, moralité on aurait du prendre un tandem pour compléter nos forces et nos faiblesses, mais revenons à nos moutons), regarder les orages s'accrocher aux montagnes, les longer et vite filer se mettre à l'abri derrière les autres montagnes, les dernières avant la plaine d'Almaty. Ha ! la plaine d'Almaty, sa chaleur, ses lignes droites, ses automobilistes....les automobilistes kazakhs, tout un roman, et dire que Florent a failli se faire faucher par une pelleteuse, un comble quand même. Mais bon, nous arrivons entier dans la cité d'Almaty. Une cité verte comme beaucoup ici. On ne sait pas trop quand on quitte la campagne pour la ville, quand on s'approche du centre ville. Les arbres cachent les bâtiments.

 

Et c'est reparti pour le bal des visas. Notre contact en Mongolie c'est trompé pour notre lettre d'invitation, nous n'obtiendrons donc qu'un mois de visa. A nous de le faire prolonger sur place. Quand à la Russie, les Russes eux-mêmes ne souhaitent à personne d'avoir à faire avec l'ambassade. Affaire à suivre.

 

Pour ceux qui ont tenu jusqu'au bout de ce long texte et qui en se rendant sur notre blog trouve que décidément ces deux là ils n’écrivent pas beaucoup, nous avons mis en place un système de newsletter. A chaque nouvelle mise à jour du blog, nous proposons de vous envoyer une nouvelle lettre. Ainsi plus besoin de s'énerver devant un blog qui ne donne pas des informations régulières, nous vous disons quand elles arrivent. L'inscription se fait sur le cote gauche de la page. On va vous proposer soit de s'inscrire à la newsletter, soit de s'inscrire pour connaitre la parution de nouveaux articles. En réalité le seul article de notre blog est la page d'accueil. Donc si vous vous inscrivez à la newsletter, vous recevrez notre annonce de mise a jour du blog (texte), si vous vous inscrivez aux nouveaux articles vous serez tenu au courant du moment où l'on met en ligne nos photos puisque la seule information de l'article est la photo. Capito ? Résumé : newsletter = mise à jour texte, article = mise en ligne des photos. A vous de choisir.


Atkouda ? Francia !1-Kazakhstan--03-.jpg

Almaty, le 28 juin 2009
 
A peine entres dans Aktau, Ciril, rencontre lorsque nous achetions les billets de train, nous prend en charge pour la journée. Tour de la ville. Aktau, ville, chaude, sèche, créée pour l'industrie pétrolière. Visite du musée régional et premier repas kazakh. Florent apprécie le lait de chamelle fermente, pour ma part, je suis prise en flagrant délit. Cyril me dit que j'ai la même tête que son ami américain qui lui avait soutenu que ce truc était forcement très mauvais pour son estomac. Mais j'ai quand même réussi a terminer ma tasse.
 
Le lendemain c'est parti pour 2 jours et 2 nuits de train pour rejoindre Turkestan. Nous prenons place dans les wagons collectifs et découvrons tout un mode d'organisation : la bouteille coupée en deux pour se doucher dans les toilettes, le Samovar qui tourne en permanance et permet d'avoir de l'eau chaude (et a priori potable) pour le thé, les banquettes du bas qui servent de sièges en journée et de couchettes la nuit quand les voisins ont repris place dans les étages supérieurs, notre voisine, l'épicière qui a absolument tout dans ses cartons : des gâteaux au thé en passant par les saucisses et les pâtes chinoises, mais aussi les cartes de recharge pour téléphone portable et les cigarettes sans oublier bières et vodka, bien sur !
Les journées sont rythmées par les arrêts de 20 minutes qui permettent de se réapprovisionner en eau (fraîche), nourriture et plats cuisines. Les 5 prières quotidiennes de Rogan, notre voisin. Il essaye de nous détourner de notre itinéraire. Si on va en Arabie, il vient avec nous. C'est bien là-bas, les femmes sont voilées. Les gens qui montent et qui descendent. Atkouda ? Francia. D'où êtes-vous ? Où allez-vous ? le mariage, les enfants, les kilomètres, les mois. Le jeu des questions qui nous permet de travailler notre russe. Ici personne ne s'étonne que l'on dorme sous la tente, par contre que le gouvernement français
ne nous finance pas ou que l'on ait pas un gros sponsor surprend. Du coup nous avons nos premiers sponsors 1-Kazakhstan--08-.jpgkazakhs qui nous donnent de quoi nous acheter des chachliks, les fameuses brochettes. Les meilleurs questions viendront plus tard, a shimkent ou l'on nous demande si l'on a des gardes du corps, ou encore a la frontière ou le douanier kazakh nous demande si l'on est des missionnaires ! Au Kirgiztan, les gens se préoccuperont du nombre de vélo uses depuis le début du voyage.
 
Turquestan. 15 minutes d'arrêt. 15 minutes pour remonter les 30 wagons, slalomer entre les vendeurs de lait de chamelle, les familles qui descendent, esquiver les pièces du train qui dépassent, ne surtout  pas se mettre sur la voie d'à cote au risque de se prendre le train qui arrive. Rogan ouvre le chemin, Florent suit et Aurelie, en tant que datcha, prend son temps. Les vélos sont la. Ils n'ont pas transpire, eux, pendant ces deux jours. Juste le temps de dire merci et aurevoir a Rogan et le train repart.
 
Turquestan. Le mausolée Yasaoui. Première fois que nous sommes face a une architecture musulmane d'Asie centrale. Le mausolée avec ses coupoles bleues et ses murailles semblent avoir été pose au milieu du champ comme par magie. Le guide nous explique que nous sommes dans un des lieux les plus sacre, aux origines du soufisme d'Asie centrale. Il nous propose d'assister a une cérémonie religieuse le soir meme et de dormir dans la mosquée. Plus tard le gardien du mussée nous invite a dormir chez lui. C'est dit pendant qu'il va chercher femme et enfants, nous prenons un verre de lait de jument fermente avec les guides du mausolée. Les paroles sont sages. Nous sommes tous des êtres humains, descendants des mêmes ancêtres, Les hommes sont fatigues par la guerre et on nous promet un monde sans guerre et sans frontières. Pour bientôt. Peut-être aurons-nous la chance de le connaître. Nous assistons au début de la cérémonie. S'alternent discussions et chants. Le plus jeune mène le chant tandis que les autres donnent le rythme par des vocalises. Notre hôte revient, il est temps d'aller goûter au fameux beshbarmak : viande de cheval bouillie avec des légumes et servi avec de grandes pâtes.  Il règne dans cette ville une sérénité qui nous va bien. Seul regret : tout est allé si vite que nous ne savons pas le nom de notre guide. Si d'aventure quelqu'un passe par Turquestan, s'il vous plaît demandez pour nous1-Kazakhstan--18-.jpg les coordonnées du (seul?) guide qui parle anglais et remerciez le pour nous.
 
Le lendemain nous prenons la route pour Almaty. Il fait chaud, très chaud. Nous avons une petite pensée pour Maxime qui nous avait appris que le Kazakhstan était le grenier a blé de l'URSS. La remarque prend toute sa dimension lorsque les kilomètres se mettent en ligne droite dans des paysages prochent de ceux de la Bausse. Soudain le chien kazakh apparaît. Grand, le port altier, la queue fièrement dressée. Son regard perçant a vu les deux créatures au loin. Il s'approche a petites foulées puis s'élance. Chlaak, Chlaak. Ça y'est les deux cyclos l'ont vu. Accélération, changement de vitesse, acceleration. Chlaak, chlaak, la noble foulée du chien. Chlinkchlink, le moulinage des cyclos. 15 km/h, 30km/h. Le chien se rapproche. Se retourner, regarder, ne pas se retourner, foncer droit devant. La main plonge dans la sacoche avant, en ressort avec un cailloux. Le bras s'élève. Le chien s'arrête, pousse quelques aboiements pour la forme et s'en retourne. Même pas drôle.
 
Quelques kilomètres avant Shimkent une équipe de télévision nous attend, Et oui, c'est le début de la célébrité ! Interview en russe et salutation en kazakh. Sur la route les gens nous photographient, nous filment. On nous voit a Turquestan, on nous arrête a Ekpindi pour un portrait de famille avec les deux cyclos français. A notre tour on essaye de se décomplexer, d'être moins pudique et de nous aussi montrer nos lentilles de verre.
Shimkent. Taraz. Le jeu quand on entre dans un nouveaux pays est de comprendre les rythmes de vie. Si on ne mange pas avant 10 heure du soir en Grece, 18h30 est la bonne heure en Turquie. Attention a ne pas faire attendre les hôtes ! Le deuxième jeu est de comprendre les adresses. Du style : Mavisehir Karsiyaku 2040 sk Pamukale 2/52 K7 D30 a Izmir... Après recherche, traduction et supposition, 2040 est le nom de la rue, M K celui du quartier, Pamukale le nom de l'immeuble, 2/52 son numero, 7 l'etage et 30 l'appartement. Dit comme ça c'est facile, a 20h sous la pluie un peu moins. Au Kazakstan l'adresse se simplifie : Almaty 2-16-39, hé hé, 2 est le numero du microrayon, le micro-quartier, 16 celui de l'immeuble et 39 celui de l'appartement. Ne reste qu'a trouver l'immeuble et la bonne porte.... Nous arrivons donc a Taraz avec notre adresse : Aitekeebee 54#4, un nom de rue, un numéro et un appartement. Facile. Trop facile ? Nous passons trois heures avec Makou, un jeune de la ville, a chercher le 54 entre le 28 et le 70. Mais non rien, personne ne connaît et le téléphone ne répond pas. On fini par accepter l'invitation de Makou et allons dormir dans sa famille. Le lendemain Mickael nous emmène chez lui. On ne risquait pas de trouver et pour cause : le 54 n'est pas dans la rue mais dans une  rue qui lui est perpendiculaire en son début, a une bonne centaine de mètres du carrefour !
Mickael fait parti des nombreux peace corpers du continent. Mais qu'est-ce donc qu'un peace corper ? Une équipe de pacifistes chargée d'amener la paix dans le monde ? Une façon de diffuser des idées et de tisser des liens ? Les peace corpers sont des volontaires envoyés par le gouvernement américain en Asie, Afrique et Amerique latine. Ils sont parachutes, sans vraiment choisir hormis le continent, dans des villages souvent pour enseigner l'anglais, mais pas seulement. C'est avec Dan  a Tbilissi que nous avons découvert ce monde la et depuis ils semblent être partout sur notre route. Avec Mickael nous avons compare nos kit de survie en milieu hostile. Face a sa valise a pharmacie avec produits a moustiques et médicaments anti-epidemies, son filtre a eau, son guide de médecine, son alarme a fuites de gaz, sa moustiquaire et son guide de cuisine, on se dit que notre peau n'est pas encore assez dure pour résister aux moustiques, qu'il va falloir slalomer entre les épidémies, mais que pour les fuites de gaz on devrait s'en sortir. Une blague court chez les peace corpers : ceux qui reviennent d'Afrique finissent par travailler dans le développement, ceux qui reviennent Amérique Latine finissent par travailler dans l'écologie et ceux qui reviennent de Géorgie reviennent alcoolique. Ha ha sacre peace corpers !
 
Et nous reprenons la route. Jean Marin nous double, suivit de Quibron express. Carianne Pyrénées nous klaxonne et les Pullmans medocains ont du oublier la fonction de la pédale frein. Mais ou sommes-nous ? Que se passe-t-il ? Aahhh le transisere. Belledone ou es-tu ? Vercors que fais-tu ? Je met ma culo.... non non c'est pas ça la suite. La suite c'est que nous sommes bel et bien au Kazakhstan, qu'il faut chaud que depuis des jours et des jours nous voyons des montagnes enneigées au loin et que l'on se dit qu'il doit faire meilleur par la haut, donc tayot tayot...
 



En route vers l'Asie2-bivouac--02-.jpg

Cholpon Alta, Kirgiztan, le 28 juin 2009

Mardi 9h30 : un bateau devrait arriver ce soir, mais personne ne sait pour quelle destination il va repartir. Réponse peut-être vers 15h. 14h30, notre ange gardien du CCF, Emilya, téléphone au port. Un bateau est en plein chargement, il va repartir vers Aktau, mais ne prend pas de passager. Un deuxième devrait arriver vers 21h et repart avec marchandises et passagers. A ces mots nous commençons a avoir des doutes. 15h, Florent retourne au port. Pas de nouvelles, peut être un bateau ce soir a 21h (heure d'arrivée). 16h, la femme du port appel Emilya. Le bateau arrive c'est sur. L'heure de départ ? 1h, 2h, 10h après l'arrivée, qui sait ? Mais une chose est sur il faut se dépêcher d'aller acheter les billets. Les prix ont double par rapport a ceux annonces dans le guide et après avoir négocié une réduction de 40$, nous faisons "cadeau" de 10 manats a la guichetière.
Souvenir d'un pays corrompus a tous les degrés, ou les jeunes turcs viennent acheter leur diplôme, ou le salaire officiel ne représente pas le dixième de celui paye en cash, ou les usines sont implantées dans les villages en échange du vote des salaries pour le président, ou l'arnaque est de rigueur et concerne tout le monde, azeriscomme touristes. Une allergie aux mathématiques semble avoir touche tous les épiciers. Si les géorgiens manient le boulier avec dextérité, les azerbaijanais semblent en permanence confondre les touches de leur calculette. Pour autant notre statut de cycliste parait nous avoir épargné l'acharnement des policiers sur les automobilistes. Un fléau que Saakachivili a éradiqué en Georgie, mais qui sévit toujours en Azerbaidjan. Aux dires d'Ozgur, les policiers achètent leur licence et se rémunèrent sur les amendes. Chaque échelon de la hiérarchie prend son pourcentage et rien n'arrive dans les caisse de l'Etat en dehors du prix des licences. Mais que la montagne est belle et en embarquant en ce mois de juin pour les chaudes plaines kazakhs, nous avons une petite nostalgie pour les vertes campagnes caucasiennes.
Retour au port avec nos vélos, nous embarquons avec nos compagnons de voyage : Ali et son 4x4 parti pour un tour du monde d'Istanbul a Istanbul et quelques chauffeurs géorgiens, turcs et azeris. Un petit clandestin est monte a bord. N'en pouvant plus d'attendre qu'une place se libère au port d'Aktau, il a décidé de naître en mer. Les chauffeurs géorgiens se moquent de nous. Il a fallut une journée de voyage a ce jeune couple pour avoir un bébé et nous en 8 mois rien du tout ! Mauvais les français, mauvais. Pendant ce temps le bateau fait une entrée millimétrique au port. Il s'agit de ne pas faire dérailler les trains lors du déchargement.

 

Dans les pays en stan
Talas, Kirgiztan, 14 juin 2009

Deux escargots dans la casserole Kazakh tentent une echappee vers les neiges kirgizs.

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