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Tour du monde a velo - Terre de paysages

Récits - Anatolie, Caucase

 

Mea culpa, suivant les pays les accents sont plus ou moins présents sur les claviers, ce qui explique leur absence dans certains de nos textes. Désolé pour cette difficulté de lecture.




Passage de frontières réussi !georgie--80-.jpg
Bakou, le 28 mai 2009
 
Enfin, après 5 semaines passées à Tbilissi en tentant par tous les moyens d'obtenir cette fameuse lettre d'invitation, nous avons réussi à obtenir nos visas en quelques heures. La lettre s'était simplement égarée dans les bureaux du ministère à Bakou qui heureusement une fois l'erreur soulevée nous en a acceptée une deuxième et l'a attestée dans la journée. Une fois la fameuse lettre remise à l'ambassade, il n'a plus fallut que faire une aller-retour à la banque pour payer nos visas et le temps d'un coup de tampon, tout était fini.
Pour fêter ça, la Géorgie a organisé un concert de départ à Tbilissi ! En fait cette année l'eurovision avait lieu en Russie et la politique agissant sur tous les domaines, les groupes géorgiens n'ont pas eu l'autorisation de se présenter à Moscou. Pour donner le change la jeunesse de Tbilissi a eu droit à un concert en plein aire avec tous les groupes ayant concouru pour représenter la Géorgie. Et la musique fut !
 
Le lendemain départ à 6. Une sorte de mini cyclo parade internationale a pris la route de l'Azerbaidjan avec Alex et Natalie du Minessota, Maxime de St Etienne et Beatrice de Grenoble. Nous avons décidé de couper à travers la montagne pour prendre les petites routes...qui deviennent vite des pistes. Le col est dur à passer au milieu des cailloux mais la tranquillité des lieux récompensent nos efforts. Nous découvrons les chiens du Caucase qui n'ont rien à envier aux kangals de Turquie. Mais tout comme eux, ils semblent plus clairvoyant que leurs congénères bâtards et ne se jettent pas dans nos roues. Enfin...
Au bord des pistes, des villages habités de grands bâtiments soviétiques vides. Les statues de Staline nous regardent passer et les femmes en robes de chambre (en guise de manteaux chic?) nous saluent de la main. Nous avons l'impression de rejoindre le fin fond de la Georgie et pourtant les marchroutka ne cessent de nous doubler dans des nuages de poussières.
 georgie--85-.jpg
Nous laissons Natalie et Alex à Lagodekhi et nous continuons avec Maxime et Beatrice en direction de la frontière. Les douaniers plus intéressés par nos visas américains que par nos visas azerbaidjanais, ne nous posent pas trop de problèmes. Ils testent le vélo de Maxime, lui offre un bonbon, me demande si je suis allée en Arménie et en oublient de nous rendre nos passeports. Bienvenue en Azerbaidjan. La première nuit ressemble à une image préconçue de l'Azerbaidjan. On nous avait dit l'Azerbaidjan c'est comme la Turquie, du coup nous tentons notre chance du coté des stations services et nous passons la nuit derrières des aspirateurs à noisettes géants, sous l'oeil bienveillant du président père. 
Nous longeons les verts piémonts du Caucase. Les campagnes sont plus cultivées qu'en Georgie, les troupeaux plus importants, mais ... ne sont gardés que part des bergers. Pas de chiens, le bonheur ! Les routes redeviennent pistes, les ladas sont toujours plus nombreuses, mais elles sont concurrencées par les side-cars et les cavaliers, sortent de sheep-boy à l'azeris. On se fait prendre en photo par les jeunes bergers. Grâce a la technologie, la situation s'inverse. Ce n'est plus les touristes qui prennent les gens en photos de manière outrancière, mais les autochtones qui nous montrent leur oeil numérique sans un mot. Le soir est peuplé de cris étranges, le chiens azeris semblent être pris de transe au coucher du soleil.
 
Nous laissons Beatrice et Maxime grimper vers les villages de montagne et nous continuons sous un soleil de plomb. Grhhrh nous avons passé l'hiver à attendre le printemps et voila que nous reprenons le vélo en été. L'attente à Tbilissi ne nous a pas seulement déphasés par rapport aux saisons des ... deux années à venir, mais nous a aussi fait louper les températures clémentes. Nous sommes arrives en polaire à Tbilissi, nous quittons la capitale en suant sous nos pantalons.
Finis la douce campagne ombragée, place à la steppe vallonnée. Les arbres se font rares et la route ne cesse de monter et descendre. Le lendemain, c'est le désert qui nous attend. Plus d'arbres, plus d'eau. Seulement le soleil et le vent qui se met bien sur en diagonale face. Il suffit de rejoindre la route principale pour que les conditions se dégradent. La route est en travaux, par tronçons. Un coup asphalte, un coup piste. Et comme à l'approche de toute capitale, les automobilistes deviennent de plus en plus stupides, ne supportant pas trop d'avoir devant eux des vélos qui pédalent au ralentis. On se fait doubler de tous les cotés, droite, gauche, lada, 4x4, tous les monde s'y met.
 
Arrivée à Bakou. Ozgur n'est pas chez lui. Les voisins nous ouvrent leur porte et devant nos têtes de vagabonds poussiéreux, nous préparent vite a manger et nous mettraient bien sous la douche si nous ne devions pas aller chez Ozgur. Le lendemain nous avons un aperçu des fameux vent de Bakou et au vu des difficultés que nous avons pour avancer rien qu'à pied nous avons une petite pensée pour Bea qui a du devoir lester ses sacoches de plomb pour ne pas s'envoler dans le désert.
 
Aujourd'hui 28 Mai, fête de l'indepence (de 1991), jour férié. Nous attendons le bateau pour Aktau. Nous avons obtenu nos visas Kazakh et Kirgiz rapidement, en une journée, mais pas assez rapidement pour attraper le bateau de mardi soir. Le prochain ? dans 5, 7 jours ou plus. Personne ne sait. A nous de rendre visite au port tous les matins pour connaître les probabilités d'arrivée du bateau dans la journée et donc de son départ des le chargement effectue.
 
Deux jours plus tard, 30 mai. Le bateau n'a pas mis 5 jours ni 7, mais 3. Nous l'avons loupé.... Le prochain ? dans 5, 7 jours ou plus.... quand les azerbaidjanais appellent, le chiffre devient 2...ok on y va tous les jours pour de vrai maintenant.
 


On the road again

Tbilissi, le 15 mai 2009

 

Demain depart pour Baku, qui l'eu cru ?

 

 

Escapades caucasiennes2-caucase--09-.jpg
Tbilissi, le 6 avril 2009

Apres épuisement de nos différentes pistes pour l’obtention de la lettre d’invitation (LOI pour les intimes), nous avons mis tous nos espoirs entre les mains d’une agence de voyage géorgienne qui travaille en partenariat avec une agence azerbaidjanaise. Une fois remis dollars et demandes, il ne nous reste plus qu’à attendre, encore un peu.


Le grand Caucase n’est pas loin, nous en avons eu un avant-goût il y a deux semaines, juste de quoi avoir envie d’y retourner. C’est dit, nous sautons dans un marchroutka direction Khazbegui (ou Stepantsminda selon les humeurs sémantiques des gouvernements au pouvoir), au bout de la route militaire, à une dizaine de kilomètres de la frontière russe et au pied du Mont Kazbek (ou Mt Mkinvartseveri, 5033m). Tentative de prise de renseignements à la maison de la montagne. Vako guide et fondateur des lieux nous ouvre la porte de la partie gîte, mais ne nous ait pas d’une grande utilité pour planifier les jours à venir : « les choses à faire dans la région ? ôf vous savez il y a de la neige. Ha, cette vallée l à ? oui pourquoi pas, il y a des villages. Celle-ci ? oui pourquoi pas, il n’y a plus personne, si vous voulez du sauvage, il faut aller là. Par contre n’oubliez pas vos passeports, il y a un chek-point, la vallée mène en Ossétie du sud. Passer de cette vallée à celle la ? ôf il y a de la neige. Le Kazbek ? ôf il y a le glacier, mais il y a de la neige … et il y a toujours des polonais pour se lancer sans équipements dans la tempête. La météo ? ôf ça change vite. »


Le lendemain petite grimpette vers le monastère de Tsminda Sameba en compagnie d’Alex et Natalie, les deux cyclos américains eux aussi en attente de leur LOI pour aller en Azerbaïdjan. Bravant le vent nous décidons de continuer plus haut, doublant des groupes d’ukrainiens et de géorgiens surchargés en route vers le Kazbek. Nous nous arrêtons peu avant le glacier, le temps de voir que les conditions d’enneigement et météo (du moment) sont optimales pour l’ascension. Malheureusement, pas de crampons, pas de Mont.
Apres avoir évoqué Grenoble et les fameux Cabaresto de Kolexi tout en dégustant une bonne soupe en l’honneur de ses artistes (et oui, vous ne saviez pas que Kolexi était connu jusqu’au fin fond du Minesota ? Comment ça vous ne connaissez pas Kolexi ??), nous nous sommes enfoncés dans la vallée de Sno (…), carte touristique au 250.000 en poche, avec l’idée de passer le col de Gudamakari (2347m) avant de redescendre dans la vallée de Shavi Aragvi. Et oui, il nous l’avait dit le monsieur, il y a de la neige. Et la neige, elle fond, formant des torrents glaces peu agréables à traverser. Par contre la neige en s’accumulant au fond des vallées nous permet de passer au-dessus de ces même torrents et de grimper jusqu’au col : un petit plateau, blanc de neige, entouré de monts dépassant allègrement les 3000m. Sentiment d’espace et de souffle après l’étroitesse des vallées. L’autre coté : une face sud bien pentue. La neige : fondue, ne laisse que des névés peu surs et par endroit a provoqué des éboulements de terrains et la disparition de la sente. Au fond, des gros nuages noirs nous font avaler notre fromage trop salé et notre alva bien sucré en triple vitesse. Pour raison de sécurité nous rebroussons chemin et couront planter la tente au fond de la vallée sous des trombes d’eau et sous l’oeil amusé des vachers redescendant leur troupeau. La redescente en bus semble être la partie la plus périlleuse de notre escapade. Nous regardons avec doute la réparation du pneu du marchroutka tout en espérant qu’il ne soit pas tombé trop de neige au col de la croix. Face a la route, les géorgiens ont deux solutions : apprendre à conduire ou prier. Apparemment ils ont choisis la deuxième solution, il y a quelques années encore il était bien plus facile d’acheter son permis de conduire que de passer l’examen (de toute façon pourquoi apprendre ?). Les passagers se signent devant chaque église, croix ou icône. Heureusement le chauffeur semble en être exempte.


A notre arrivée à Tbilissi nous apprenons qu’il y a eu une tentative de coup d’Etat. En faite, la petite mutinerie n’a pas dure bien longtemps et les soldats ont rendus les armes avec le sourire…un coup de pub pour Saakachvili ? Quand aux visas, et bien le ministère à Bakou a bloqué toute les demandes de lettre d’invitation jusqu'à vendredi…attendre, toujours attendre. Pour Alex et Natalie, la lettre d’invitation a ete envoyee a l’ambassade d’Azerbaijan à ... Washington !



Je crois que ça va pas être ....georgie--67-.jpg

Tbilissi, le 28/04/2008

Deux semaines. Deux semaines que matin, midi et soir, nous traversons la ville pour nous rendre à l'internet café. Descente sur les bains de Tbilissi, virage à gauche au milieu des travaux, attention au débris qui tombent, remontée de la rue en courbe au milieu des petites épiceries et des vendeurs de Radjapouri, traversée de la place de liberté, slalom entre les « cell » misent en place par l'opposition et sa chaîne de tele, petit regard sur le « meeting » demandant la démission de Saakachvili toujours présent devant le parlement, cric cric, les mangeurs de graines de tournesols sont toujours là, virage à gauche dans la petite rue, entrée dans l'internet café, et au milieu des fesses et des seins....non toujours pas de solutions pour notre visa Azeris... Mamamia. Entre deux appels à l'aide nous rencontrons chaque jour plus de cyclos venant se jeter contre le mur. C'est fous ce qu'il y a comme vélocipédiste dans la région ! Maxime et Bea que l'on avait rencontre à Ankara et qui vu notre immobilité administrative n'ont pas mis longtemps à nous rattraper, Betty et Jean-Pierre, les plus expérimentés d'entre nous, Nathalie et Alex, les empêchés de traverser l'Iran pour cause de mauvaise nationalité et bien sur nos compagnons de chambre Inigo et Aitor, les seuls à avoir eu leur visa. Allez les gars, revenez-nous voir dans 3 ans quand on aura fondé la première communauté française de Tbilissi !

 

 

Radjapouri : de l’adjarouli au phenovani ! georgie--05-.jpg

Tbilissi, le 18/04/2008 

 

Climat subtropical oblige, il a bien sur fallu que nous quittions Batumi sous des trombes d’eau. Première pause : le jardin botanique du Cap vert ... il y a des choses dont il est difficile de se séparer. Après s’être réchauffés dans la guitoune de la gardienne, on reprend la route, la principale, celle dont on nous a prédis qu’elle était pleine de camions, mais celle que l’on a préférée prendre tout simplement parce que le col de l’autre est à priori ferme jusqu’en mai. Peut-être parce qu’on est le 8 avril, jour précédent le 9 et la fameuse grosse manifestation contre Saakachvili ou peut-être parce que tous les camions sont bloques de l’autre cote de la frontière, en tout cas la fameuse transgeorgienne ressemble plus à une petite départementale qu’à une nationale hyper circulée. Savoir qu’un toit nous attend à la fin de la journée, nous aide à avancer à travers brouillard et plaine. Manana et Zouri se demandent comment les amis de Natia ont réussi à trouver leur maison. En tout cas nous on est bien content d’arriver dans un foyer aussi chaleureux. On nous met devant le poêle et les voisins commencent leur visite les uns après les autres. Arrivent Laurent et Martine, deux français venus s’installer dans le village de leurs origines. On passera une soirée à déguster les bons plats de Manana, à parler français, géorgiens et anglais quand les plus jeunes du village débarquerons pour se faire à leur tour traducteurs. 

 

Le lendemain c’est reparti sous la pluie. A midi, alors que nous tentions de dire les deux mots de géorgiens que nous connaissions, des flics s’arrêtent : « bonjour, ça va, ils ne vous posent pas de problèmes ? non non on discutait. Vous venez d’où, vous allez où ? Sapranguetie, Tbilissi, Bakou. Bien, au revoir. Au revoir. ». On remonte sur les vélos direction Kutaisi. Une voiture de flics ralentit à notre niveau : « Vous venez d’où, vous allez où ? Sapranguetie, Tbilissi, Bakou. Bien, au revoir. Au revoir. ». Pause pipi, une voiture de flics s’arrêtent, rebelote. Plus loin une voiture ralentit nous double, nouvelle pause, elle s’arrête 100m devant nous, on redémarre, elle redémarre, on la voit passer en sens inverse puis elle revient derrière nous, nous redouble, à nouveau on la voit en sens inverse. Plus loin une autre voiture nous double, nous fait signe de s’arrêter. Toujours les mêmes questions, de toute façon ils ne parlent pas anglais, pour ne pas évoquer notre géorgien. Serions nous suivis par hasard ? Arrivés à Kutaisi, les mêmes derniers flics « vous allez où maintenant ? Heu visiter la cathédrale. Bien suivez-nous». Ils nous laissent devant la porte. On visite. On repart. Cette fois c’est un simple citoyen qui nous pose la question. Il nous met sur la route du monastère prêt duquel nous voulons passer la nuit. A la sortie de la ville, un homme dans son 4x4 blanc « vous allez où ?  Monastère de Gelati. C’est par-là. Merci ». Dans la cote, il nous double. Nous attend l’air de rien, repart quand on est à moins de 100m, puis quand on le croise en sens inverse il fait mine, arrive à notre niveau, de prendre un chemin de terre. C’est quoi ce bordel ??? On passe devant un poste de police et hop un 4x4 blanc nous arrête 100m après. « Où allez-vous ? Gelati. C’est par-là. Ben oui y’à qu’une route ». Cette fois la filature ne tente même pas de se faire discrète et on se prend quelques bon gaz d’échappements dans la figure quand on les rattrape et que le 4x4 à du mal à re-démarrer. Ouf après 2 heures de cote on arrive au monastère. « bon maintenant vous allez dormir où ? On va planter la tente par la. Ha non c’est pas possible, il faut que vous alliez dans un hôtel a Kutaisi. Comment ça pas possible, il est hors de question que nous redescendions dormir dans ungeorgie--24-.jpg hôtel. Oui mais ici c’est dangereux il y plein de loups et de brigands. Et bien on va faire comme d’habitude on va demander aux gens si on peut dormir dans leur jardin, on va essayer la première, puis la deuxième maison, etc. Non non il faut aller à l’hôtel » Heureusement notre jeune traducteur du moment a une idée, il connaît des gens qui habitent au virage du dessous, on va leur demander. Et hop c’est reparti, on suit les jeunes, on est suivis par les flics. Ceux sont eux qui vont demander à la famille de nous accueillir. Super introduction. Le lendemain, on remonte au monastère, un flic est là à se geler depuis 1h30 (à cause du retard pris sur notre planning « officiel »), C’est bon les vélos sont bien gardes on peut visiter tranquille. Redescente, repassage devant le poste de police, on tourne à gauche vers le deuxième monastère et le doux bruit du 4x4 se fait entendre. C’est bon, les gardiens de nos vélos sont réveilles ! On retourne sur la nationale....seuls. On reverra bien quelques voitures, mais la filature s’effiloche au fur et à mesure de la journée. Enfin tranquille, tranquille pour faire les pauses pipi quand on veut, tranquille pour discuter avec Yannis, cyclo breton qui rentre chez lui après avoir acheté un vélo a Singapour il y a un an et demi, tranquille pour se rapprocher des monastères et demander en toute simplicité où  il est possible de planter la tente. Mais l’hospitalité des géorgiens est telle que la tente restera bien au sec dans les sacoches et que notre traversée de la Géorgie va se transformer en gigantesque dégustation culinaire : radjapouri (littéralement pain au fromage), kefali (poisson grille), khveli (fromage), lobio (potage de haricots rouges à la coriandre), matsoni (yaourt amer), miel, mtchadi (galette de mais), salade verte sucrée à l’aneth, ravioli géorgien, kababi, badridjanis salati nigvzit (aubergine grillée à la sauce aux noix pilées), adjapsandali (salade de légumes), patates sautees, lavachi (pain plat), muraba (fruits confits en jus), soupe au riz et à la coriandre, etc, etc, le tout accompagne de vin et de vodka bien sur ! Si le coeur y est, les mots manquent et notre petit guide de conversation est bien utile mais pas toujours suffisant pour développer les discussions. Aurélie a bien tente un apprentissage du Backgammon géorgien, mais les règles de fin de partie sont restées obscures. Si les toilettes sont toujours au fond du jardin avec plus ou moins d’électricité, la télé trône dans toutes les maisons. Ce qui nous a permis de tous les soirs avoir quelques images de la manifestation qui se poursuit à Tbilissi. Saakachvili n’a toujours pas démissionne (pour y mettre qui à la place de toute façon, se demande-t-on dans chaque maison) et le mouvement semble s’effilocher. On continue la route. Gori, le musée Staline, la ville troglodyte, les villages de réfugiés et Cherchvebi, petit village de bord de route où  nous nous arrêtons demander de l’eau. Le seul point d’eau est tout en haut du village. Planter la tente dans un des champs et toujours impossible. Vous comprenez avec le froid qu’il fait. Un gars nous invite chez lui. Tout le village semble se rassembler autour de nous. Un deuxième veut que nous allions chez lui. Dans son dos les gamins me font signe que c’est pour aller boire des coups. Et vu sa tête (délit de faciès, je sais..), j’insiste pour que nous allions chez le premier qui de son cote nous dit que le deuxième à trois enfants. Forcement les enfants c’est gage de confiance. Devant nos têtes de ceux qui font style de rien comprendre, le premier nous embarque chez lui. En traversant le village il continuera la répartition des chèvres et des moutons dans chaque maisons. Manifestement toutes les bêtes du village passent leur journée ensemble au-dessus du village. Le soir venu quelqu’un va les chercher et la répartition se fait au fur et à mesure de la descente dans le village. Arrivés à la maison, on dit bonjour à sa femme, qui sort. Le voisin débarque. On se met autour du poêle. La fille du voisin arrive à son tour. Elle repart et revient avec de la nourriture. La femme est toujours dehors. Puis d’autres voisins arrivent. On commence à manger tous ensemble. La femme est toujoursgeorgie--34-.jpg dehors. La femme du voisin arrive. Les hommes s’évertuent à faire boire Florent. Les femmes sont excusées. Soudain tout le monde sort. Ne reste plus que le voisin. Dehors, des engueulades de bonne-femmes. La femme du voisin revient et nous dit que nous devons aller chez elle pour passer la nuit. On ne comprend pas tout mais on est bien force de suivre. Dehors, la femme reste dans l’ombre. Arrivés chez les voisins, ils nous disent que la femme de leur voisin est un peu folle. Mais nous on se demande s’ils ne sont pas un peu tous fou et on est bien content que ces voisins aient deux filles qui semblent à peu prêt tenir la route. Le lendemain matin, l’homme nous pose les mêmes questions que la veille, il a tout oublie et sa femme nous sert d’autorité deux verres de vodka. Ouf la route est toujours là ! 

 

A Tbilissi Rusudan et sa maman nous accueillent, on continue nos découvertes culinaires. Tbilissi, nouvelle pause visa. Deux jours pour finir de rassembler tous les documents qui prouveront aux américains combien on est des gens bien, remplis de bonnes intentions. Après les passages des nombreux portiques électroniques et avoir fait accepter le fait que nous pouvons avoir un rendez-vous commun puisque celui de Florent n’a pas été note sur leur liste mais que nous voyageons ensemble, nous présentons nos questionnaires, et là on nous dit non, non pas possible, vous portez des lunettes sur la photo, c’est interdit. Comment ça c’est interdit, j’ai fait exprès de les garder pour ressembler le plus à moi-même. Non, c’est interdit, si vous revenez avant 10h30 avec de bonnes photos vous pouvez faire l’interview sinon il faut prendre un autre rendez-vous. Et hop, c’est parti, le gars de l’entrée est habitue au problème et les taxis qui attendent dehors aussi manifestement. On revient avec la bonne photo. Et l’interview «  vous voyagez à vélo, vous allez où ? A l’ouest, dommage parce que moi je viens de l’ouest », un autre « alors vous voyagez à vélo, vous voulez aller où ? C’est super, bon ben c’est fini, si on avait des cas aussi facile que les votre à chaque fois ce serait vraiment bien». « Et nos papiers vous n’en voulez pas, vous ne les avez même pas regarde ? » « Non, non, je vous fais confiance ». Et voila, le seul problème une affaire de lunettes. Tout ça pour ça. Il n’y plus qu’a attendre nos passeports pour aller voir les azéris, qui eux ont complique leur procédure. Ils ont du se rendre compte que tous les voyageurs venaient faire leur demande à Tbilissi parce que s’y était plus facile. Depuis le 4 avril, il est nécessaire d’avoir une invitation certifiée par le consulat du ministère des affaires étrangères à Bakou. On compte toujours sur Ozdur. 

 

Aujourd’hui, toujours a Tbilissi, mais changement de maison. Rusudan est parti en vadrouille pour quelques jours et il était impossible que nous restions chez elle (même si on a lu dans les yeux de sa mère qu’elle aurait bien continue à nous faire des petits plats et à nous parler de l’histoire française). Grâce à Nicolas, belge de son Etat, que nous avions rencontre au musée Staline à Gori, nous sommes aujourd’hui accueillis par Daniel, américain qui effectue des recherches sur les réfugiés, et Till, allemand qui fait une thèse sur les ONG. Depuis 2 jours, nous naviguons dans le milieu international de Tbilissi, entre critique des aides au développement et récits de vie dans différentes régions du monde. Une ouverture qui nous fait du bien et nous fait presque sentir à la maison. Parfois le monde semble être si simple.  

Nous attendons deux cyclistes espagnols, est-ce que ce seront ceux rencontres à Istanbul ?

 

 

5 avril 2009 : Arrivée en Georgie !georgie--00-.jpg

Batumi, le 07/04/2009

 

Pendant ces quelques jours passés sur les bords de la mer noire, la route est sensiblement la même : presque plate (presque...), 2x2 ou 2x3 voies, la mer à gauche, la montagne à droite, les villes teintées de vert, bleu, rose se succèdent, derrière un virage : une mosquée, un petit port, après le port : un virage... Si l'on apprécie l'asphalte de la nouvelle route pour enfiler les kilomètres sans trop souffrir, on se dit qu'une telle destruction du littoral n'était peut-être pas nécessaire pour satisfaire notre vitesse. Les camions débordant de ballons aux couleurs fluots nous doublent en klaxonnant, suivent ceux chargés de tuyaux et de sacs de noisettes. Attila nous arrête. Il rêve d'aller en Inde en vélo. On le retrouvera un peu plus tard pour une discussion face à la mer sous le soleil de fin de journée. Il nous indique une plage ou passer la nuit. On continue bien après la fameuse plage en question coincée dans un virage en pleine ville. Les stations services se font rares. Les terrains sont de plus en plus pentus et le tissu urbain s'intensifie. Enfin le chien de PO ! Pas de salle pour les routiers. Erkan qui lavait son Dolmus nous invite chez lui. Les vélos restent à la station et nous on prend la direction de son canapé. Espagne 2, Turquie 1, mais quel goal ! Le lendemain, 6h, cantine des célibataires pour un bon bouillon aux tripes et a l'ail...de quoi nous caler le ventre jusqu'à Trabzon ou nous attend Gokhan et sa copine pour une bonne grillade d'anchois. 

Objectif : rejoindre Batumi en 2 jours (240 km). On appuie sur les pédales. Le soleil est avec nous. La monotonie de la route nous fait mal aux fesses, au dos. Abdos, abdos dirait docteur Magnol. Et oui, si les cuisses et les mollets s'affairent, le haut du corps est lui en mode pause. Bientôt nous ne pourrons même plus porter nos bagages ! Les noisettes laissent place au thé. Un 4x4 s'arrête "Visitor may be lost. Please be patient". Deux sud-africains en sortent. Ils sont sur la route depuis un moment et continuent en attendant de rentrer chez pour la coupe du monde de 2010. La route redevient telle qu'elle était avant la construction de "l'Autobahn". La rustine (seule et unique) nous lâche 15 km avant la frontière. Soudain les premiers camions arrêtés apparaissent. Nous en doublerons une file ininterrompue jusqu'au poste frontière. Les turques se posent quelques questions face à nos tampons d'entrée mis sur un papier à part et non sur nos passeports. Quand Alvaro nous avait demandait si l'on avait assez de place pour tous les visas sur nos passeports, on avait décidé de montrer nos cartes d'identité tant que cela était possible. Tant pis pour nous, coup de tampon sur la dernière page pour sortir de Turquie. Les géorgiens apposeront le leur à cotte. Ouf, une page pour les deux pays, on est dans les comptes !

Changement de pays, changement d'ambiance. Devant, une croix, on se retourne, une mosquée. Les vaches ne sont plus tenus en laisse mais courent en toute liberté dans les villes et villages. On arrive à Batumi. Un papi nous demande. On dit Grenoble. Il nous répond Stendhal ! Un autre s'évertue à nous trouver un endroit ou dormir alors que nous attendons Volkan. Oui, oui il ne va pas tarder. Et le capitaine arrive. Avec lui on passera en douceur de la Turquie à la Georgie. Turque, il nous emmène dans la cantine turque, dans le bar turc, ou se retrouvent tout ceux qui ont des problèmes avec leur État d'origine.

Aujourd'hui on a retrouvé Natia. On regarde quelques photos : Grenoble, Parc Paul Mistral, Cap Berriat... Et puis on évoque la Georgie et le 9 avril à venir. Une grosse manifestation est prévue contre le gouvernement. Sakachvili craignant l'arrivée massive de manifestant dans la capitale, les trains sont bloqués jusqu'à nouvel ordre. La population (grandement aidée par les discours médiatiques) craint les débordements et que Sakachvili fasse appel à l'armée et tire sur la foule. Et nous ce n'est pas en lisant les journaux que l'on va y comprendre quelque chose... en géorgien Georgie s'écrit :  საქართველო ! (et se dit Sakarvelo).



Karadeniz, mais pourquoi donc es-tu noire ?P3310033.jpg
Trabzon, le 03/04/2009
 
29 mars : premiers coups de pédale au bord de la mer noire. Les drapeaux sont à terre : c'est jour d'élections ! C'est la fin de nombreuses semaines de campagnes effrénées. Finis le concours de disco-mobile ventant les mérites de chaque parti et candidat dans les villes et la campagnes. Finis les drapeaux flottant par milliers dans les rues du moindre petit village. La route est à nous. Nous filons sur l'alsphate neuf et bien que nos vélos aient pas mal pris la poussière ces derniers temps, nous avalons les kilomètres comme jamais (130 km avant-hier !). Les invitations a prendre le thé se succèdent. Nous découvrons les commodités des stations services turques : toilettes (bien sur), karcher (oui on sait, c'est pas terrible pour le vélo, mais une fois en 7 mois...), thé en libre service et parfois une pièce pour les gens de passage avec lit et douche à disposition. De quoi tranquilliser les fins de journée.
On nous avait dit 300 jours de pluie par an au bord de la mer noire. On a du tomber sur les 65 autres ! Mais comme ils disent ici, s'il ne pleut pas, il y a du brouillard, rendant la mer....toute noire !
 

 
Du plateau anatolien à la mer noire  P3300020.jpg
Trabzon, le 03/04/2009
 
Contrairement à beaucoup de voyageurs ce n'est pas en Turquie que nous poserons nos valises. Le malaise devient trop important quand nous traversons des villages où seule la présence masculine est visible. Malaise d'être regardée soit comme une putain, soit d'être ignorée, inexistante. Histoire qu'un sourire de remerciement ne soit plus pris comme une invitation à coucher, j'apprends à baisser le regard, à me transformer en objet oublié dans un coin. Mais même en essayant d'entendre le fait que ce refus de me dire bonjour puisse être une certaine forme de respect ou de pudeur vis à vis de la femme d'autrui (bien que parfois être la femme et la fille de personnes présentes dans la pièce à cotée ne protège de rien du tout), je continue à m'offusquer intérieurement lorsque je paye avec l'argent sortie de mon porte-monnaie et que le vendeur ignore ma main tendue pour rendre la monnaie à Florent. Comme nous l'a dit Abdhulla à Ordu, en Turquie on se rapproche de l'Orient, d'une autre culture. Mais qu'en pensent les femmes ? Peut-être que nous devrions apprendre à voyager autrement. Florent chez les hommes, moi chez les femmes et alors je découvrirai un autre monde, sans doute plus souriant !
 
Mais tout ça n'est que problèmes féminins, Flo quant à lui évoquerait notre tendance à la pigeonnade. Le prix du ticket de bus urbain qui change au grès des chauffeurs jusqu'à ce que nous demandions avec insistance combien coûte un ticket et que le dit chauffeur se dise "merde ils savent compter". Le papi qui insiste gentiment pour que nous le suivions parce que c'est sur nous allons nous perdre dans cette vallée au passage unique et qui une fois le passage "délicat" passé nous montre un des ces chiens maigrichon en nous faisant comprendre qu'il a besoin de viandes ; oui mais pourquoi les autres sont-ils plus que bien portant ? Le vendeur de pâtisseries qui nous en rajoute d'autorité quatre de plus parce qu'il faut que nous les goûtions ; oui mais non remballez-moi tout ça SVP. Ceux qui range les bagages dans les bus et avec l'aide d'autres passagers essayent de nous faire payer un ticket supplémentaire pour les vélos ; et non c'est gratuit pour les vélos et de toute façon c'est trop tard, ils sont bien accrochés dans les soutes et nous bien assis dans le bus. Ceux qui nous proposent de dormir dans leur réserve plutôt que de nous laisser planter la tente n'importe où puis qui nous invitent à manger et le lendemain se mettent en travers de la porte en nous disant bon bin maintenant il faut payer ; et si on n'en avait discuté la veille ce n'aurait pas été plus simple ? Tout ça est bien normal me dirait vous, c'est le jeu de l'autochtone, pauvre, vis à vis du touriste, riche. Mais une relation commerciale peut être agréable si elle est annoncée comme tel dès le début et toujours essayer de grappiller quelques centimes par-ci par-là ne fait que nous rendre à chaque fois plus aigris et plus méfiants. Toujours sur nos gardes.
 
Mais si nous nous permettons d'étaler nos tourments de voyageurs c'est aussi parce qu'à coté de tout ceci des choses nous surprennent agréablement tel l'argent dans les dolmuş, mini-bus, qui passe de mains en mains jusqu'au chauffeur et quelques minutes plus tard la monnaie qui revient à son propriétaire par le même trajet. Surtout c'est aussi parce que sur les bords de la mer noire nous découvrons une autre forme de relation, plus simple, sans arrière-pensées. Comme nous l'a dit le gérant de la station service où nous avons dormis il y a quelques jours : il n'y a qu'un Dieu, nous sommes tous des Hommes et tant que nous parlons avec le coeur, il n'y a pas de problèmes. Et effectivement même le soleil est de retour !
 
 
 
İstanbul : retour vers l'EuropeP3200297.jpg
Ordu, le 31/03/2009
 
Et oui, ne cherchez pas la logique dans notre trajet...nous l'avons un peu perdue. Nous avions finalement décidés d'aller a Istanbul le temps d'attendre nos visas. Nos demandes ont été abandonnées, mais pas l'idée de se rendre dans cette belle ville surtout que Babeth et Jean-Marc (la maman et l'oncle d'Aurélie) avaient prévus de nous y rejoindre.
 
Pour poursuivre notre traversée du plateau anatolien nous avons cette fois choisis le train. Plus rapide que le vélo, moins que le bus, le train court au milieu des teintes vertes, marrons, grises. Au détour d'une colline apparaissent moutons, bergers et Kangals, dans des paysages plats se dressent des immeubles colorées formant les villes de ce bout du monde-ci, la statue d'Atatürk, monumentale, veille sur tous.
Nous nous arrêtons un peu avant le terminus. Ce n'est que le lendemain que nous découvrons la belle gare d'Haydarpaşa au bord de l'eau. D'ici il est possible de rejoindre Teheran, d'une traite, en 69 heures. A la gare d'en face, Sinkeci, Paris est affiché aux arrivées (au coté de Budapest, Belgrade...) Entre les deux le Bosphore et ses "bateaux-bus". De quoi faire rêver les amateurs de voyages ferroviaires.
 
Aurélie remet sa casquette de guide touristique et comme quelques années plus tôt lance tout le monde dans une visite effrénée de la ville. Heureusement des pauses hammams et resto branché sont prévus et même une séance dégustation de kebabs au beurre (merci Fabienne!).
 
Le sac alourdis de spécialités françaises nous repartons vers l'Asie tandis que Jean-Marc puis Babeth retourne au coeur de l'Europe. En revenant à Ankara nous rencontrons Beatrice, et son compagnon de route Maxime, grenobloise en route vers kathmandou  : www.solenoctis.com. Décidément la région est une grande productrice de velocipedistes !
 
 
Ankara : visas s'il vous plaît !P3260582.jpg
Ordu, le 31/03/2009
 
Nous quittons Göreme dans une tempête de neige...bien au chaud dans le bus. Traversée rapide d'un plateau anatolien qui nous rapproche toujours un peu plus de la grandeur des paysages d'Asie centrale.
À Ankara, Deniz nous reçoit au milieu des ambassades. Nous ne pouvions pas rêver mieux comme camp de base pour faire nos demandes de visas (USA et Azerbaidjan).
Renseignement pris, Obama vient en visite en Turquie la semaine prochaine, l'ambassade est donc fermee pour deux semaines. L'ambassade d'Azerbaidjan nous demande des voucher (invitation ou réservation d'hôtel) et une lettre de recommandation. Non contente d'habiter au milieu des ambassades, Deniz a également un ancien colocataire qui vit aujourd'hui à Bakou. La lettre d'invitation nous sera faxée quelques heures plus tard. Quand à la lettre de recommandation, l'ambassade de France nous en fournit une précisant ... qu'elle ne délivre pas
de lettre de recommandation ! Les Azeris nous renvoient à nouveau vers notre ambassade pour demander un lettre confirmant que nos passeports sont valides (!?). L'ambassade de France refuse de nous fournir un tel papier ne voulant pas rentrer dans le jeu de la demande de documents toujours plus absurdes. Mais ne souhaitant pas nous laisser partir dans l'inquiétude et les interrogations sur les possibilités de poursuites de notre voyage, l'assistante du consul s'est renseignée pour nous auprès de l'ambassade de France à Tbilissi : il y est très facile d'obtenir le visa Azeri (c'est ce que tout le monde fait), la Géorgie est un pays très sur en dehors des régions séparatistes, seuls problèmes : l'état des routes et la conduite des géorgiens (mais nous avions eu les mêmes mises en garde pour la Turquie et finalement mieux vaut rouler sur une route turque bien large que sur une nationale française). Nous partons donc serein vers İstanbul. De tout façon l'ambassade d'Azerbaidjan vient de fermer pour cause de référendum...
 
 
 
Cappadoce : enfin l'hiver !P4000001--28-.jpg
Ankara, le 26/03/2009

Le souvenir de récits de cyclos avec des stalactites de glaces tombant du nez ajoutes aux nombreuses mises en garde des turcs nous ont a nouveau poussé vers l'otogar pour notre traversée du plateau anatolien. Et effectivement ce sont les flocons qui nous ont accueillis au petit matin en gare de Göreme. A force d'osciller entre printemps et automne, nous avons finis par trouver l'hiver !

Si l'on trouve des représentations de Pamukkale dans tous les kebabs, on trouve des photos de Cappadoce dans toutes les agences de voyages. Et pour cause ! L'érosion du plateau anatolien a formé des vallées au fond desquelles on découvre d'étranges formations géologiques. La composition du plateau - couche sédimentaire de cendre issue des volcans recouverte d'une fine couche de lave plus dure - a non seulement permis l'apparition des ces fameuses cheminées de fées mais elle en a aussi fait un lieu refuge pour ces habitants : Églises byzantines logées dans les cheminées, pigeonniers et habitations dans les falaises et villes souterraines pouvant accueillir quelques milliers d'habitants pendant plusieurs mois en cas d'invasions.
Armés des croquis présents sur les publicités des hôtels, seules cartes que nous avons trouvées, nous partons nous enfoncer dans les profondeurs du plateau. Les schémas sont assez approximatifs et n'indiquent pas toujours tous la même chose, les vallées nommées parfois en turc, parfois en anglais ont aussi plusieurs noms et les tenanciers des jardins de thé, également propriétaires des églises byzantines attenantes se font un malin plaisir à détourner les panneaux indicatifs, voir à les supprimer si besoin. Mais il suffit de prendre un peu d'altitude, remonter sur le plateau pour repérer le chemin de retour. Ces vallées sont de merveilleux terrains de jeux : suivre des tunnels étroits, grimper dans une ouverture et découvrir des églises troglodytes, peintes ou pas, rentrer dans une salle et s'apercevoir que c'est un ancien réfectoire avec longue table et bancs creusés dans la roche et cuisine attenante, faire l'inventaire du nombre de petites cavités carrées servant de nichoirs aux pigeons, remonter un canyon, grimper des échelles creusées dans la roche, suivre un mince filet d'eau dans des tunnels bien sombre et finir par déboucher sur le plateau et tout ça sans carte aux trésors !
 
 

15 jours de randos sur la cote lycienneP2240631.jpg
Trabzon, le 03/04/2009
 
NB. : le récit ci-dessous est purement fictif toute ressemblance à  des faits réels ou personnes n'est que pure coïncidence. Les formalités c'est con, mais ça évite bien des malentendus. İl parait que certains sont venus pour prendre des vacances au bord de la mer méditerranée turque, fin février début mars... ils ont bien de la chance - parce que 15 jours plus tard c'était la tempête de neige !
 
Nous arrivons donc tranquillou samedi soir à l'hôtel où nous sommes très heureux de retrouver Yves. Yves ne cache pas son soulagement parce qu'à cause d'un malentendu sur son horaire d'arrivée, il tourne en rond dans sa chambre d'hôtel depuis 5 heures. Quelques çai (prononcez Tchaye) plus tard et une assiette de friands mystérieux, tout le monde va mieux. Le matin petit dej' turc - olives - fromages - concombre - tomates - confiture - pain - gâteaux - thé - ha oui j'oubliai l'oeuf, celui qui normalement ne ce fait jamais oublier au cour de la journée... Puis direction Mehmet's home où nous avons stocké sacs et vivres pour notre aventure. Les kilos répartis, première épreuve : rejoindre la gare routière, sachant que les bus n'ont aucun numéro, qu'il n'y a pas d'arrêt de bus, que le chauffeur va vouloir grappiller quelques centimes sur le ticket...
Et pourtant c'est tellement simple. Nous arrivons à Kaş, profitons de la mosquée non pas pour nos ablutions mais pour faire le plein d'eau. Ces quelques heures de jours nous permettent de trouver un petit coin sympa pour planter la tente. İl fait beau, la belle vie. Au petit matin changement de décors, de quoi vous faire adorer la rando sur la cote lycienne : il pleut, l'orage donne le ton toute la journée, et la terre super argileuse permet à chaque pas une nouvelle figure artistique !
Heureusement à midi nous trouvons une ruine pour manger au sec, mais c'est tellement propre qu'on hésite même à poser nos sacs à terre. Tout les puits que nous croisons et indiqués sur notre vague carte sont effectivement en eau, mais plutôt croupissante et boueuse. Ça promet ! En fin d'après-midi nous sommes réconfortés par quelques éclaircies. Merci Zeus. Et puis nous entendons des clochettes. Moutons ? Chèvres ? Ce petit bruit si bucolique dans nos massifs réveille en nous une vraie angoisse, troupeau = chiens... Et ici les chiens, des grands kangals à la gueule carré, le moins on les voit, le mieux on se porte. Mais les surprendre c'est pire. Alors je glousse toute une série de bruit Arrh...Outch... les "promeneurs dans les bois tant que le chien n'y est pas" j'ai pas encore essayé. Bon, ce qui devait arriver arriva, quelques chèvres aux poils longs pas vraiment farouches, une ferme faite de quatre piquets de bois avec une bâche plastique en guise de murs et de toits, quelques branchages bien épineux comme clôture. Et Merd... les voici les deux gros molosses qui vont vous faire regretter d'avoir des ridicules bâtons de marche à la place d'un bon fusil. P2240634.jpg
Tout va bien, je vais bien, on contrôle la situation. Nous n'allons pas mourir dans la seconde mais ils sont quand même un peu agressifs (malheureusement on aura vu pire). Yves point ses bâtons en direction des monstres avec son expérience caussenarde. Je gueule un peu pour réveiller le berger qui dans ces situations tarde toujours trop pour venir. Les abrutis montrent leurs crocs. Je demande à ce que l'on recule franchement. Et là, le salut, la bergère sort de son trou. Putain grouille, parce que Yves faut pas qu'il craque avec ses bâtons.
Tranquille, peinarde, la bergère arrive une brindille à la main - oui oui une brindille - et la secoue devant ses deux cons de clébards, qui comme des esclaves s'allongent par terre en miaulant leur mère... Je ne sais pas où l'on en trouve des brindilles comme celle-ci, mais nous sommes preneurs ! Merci.
Heureusement la journée n'est pas finie. La nuit arrive, toujours pas d'eau ni de place en vue pour camper. A la ferme suivante nous demandons. L'eau ? L'eau, pas de problèmes : dans la citerne. La tente ? Face aux touristes en périles que nous sommes ils débarrassent le rez-de-chaussée d'une très simple maison à deux étages et nous offre leur débarras comme refuge. Une petite flambée et ils nous invitent à prendre le thé à l'étage. Comme à la mosquée nous nous déchaussons, petit lavement de figure, mains et pieds. Aurélie nous le dira plus tard, alors qu'avec Yves nous nous évertuions à ne pas nous ressalir les pieds sur le balcon terreux, elle subissait l'affront du fermier qui tentait de la peloter. La femme du fermier nous a fait asseoir autour du poil central de l'unique pièce, non meublée, avec un simple rideau pour séparer la couche. Et là c'est royal, à la lueur d'un butagaz on nous offre aussi à manger.
Lorsque nous rejoignons notre remise à savoir comment dormir dans la poussière sans salir nos duvets, après un festival de soulagement gastrique en tout genre nous entendons le patron sortir sur le balcon et pisser de l'étage.
Les violents orages et les chiens qui cris au loup nous réveillent toutes les 10 min. C'est la fête !
 
Ça commence fort la cote lycienne, d'autant qu'avec Aurélie nous serrons dérangés par de très sympathiques diarrhées.
Mais des les jours suivants nous profiterons d'un très bel itinéraire entre montagne et mer, à croiser des petits villages déglingues et des sites antiques perdus dans la garrigue. Grâce à Yves nous passerons des belles veillées autour de feux de camp. Toujours garce à Yves nous nous sommes arrêtés plusieurs fois dans des pensions, profitant d'une douche, d'un vrai lit et parfois du repas de la patronne.P3061071.jpg
Une petite avancée en bus nous fera éviter une interminable plaine de serres, l'option montagne semblant compromise au vu de la neige et des conditions météo. Nous visiterons entre autre Myrah, avec ses tombes troglodytes et son super théâtre, l'église Saint Nicolas (renommé baba noel!), Olympos une citée perdue dans les lauriers au bord de la mer, Phaselis et les fameuses chimères. Ce sont de drôles de flammes sortant du sol (un mélange diabolique de méthane et d'autres gaz puant). Quelques conseils pour les prochains : ne campez pas à cote c'est ıinterdit (on a du remarcher une petite heure de nuit après s'être fait furieusement virer par le rangeurs. Et ne pissez pas sur les flammes, contrairement à ce qui est écrit dans tous les guides, le gaz ne s'enflamme pas tout seul au contact de l'air...
 
Nous avons aussi eu la chance de croiser İsabelle et Bruno partis pour un long périple en vélo autour du monde : www.roueslibres.net
 
15 jours de belle rando à travers une végétation en éveille, à se frayer un chemin au milieu des chèvres, à jongler de temps en temps avec les petites épiceries locales et les transports en commun, à parfaire notre turc, et surtout à profiter avec Yves d'un printemps méditerranéen.


Premier pas en TurquieP2120255.jpg
Antalya, le 10/03/2009
 
Après avoir étudié notre route á la jumelle depuis l'île grecque de Chios, nous débarquons en Turquie le 11 février. Nos premiers pas en Asie mineure. Car comme on nous l'a dit jusqu'à maintenant, la Turquie n'est pas l'Europe, peut-être l'Asie et en aucun cas un pays arabe. La Turquie, c'est la Turquie. Un carrefour entre les peuples et les cultures. Pour nous c'est un pont qui nous mène un peu plus vers l'orient.
A peine débarqués, nous enfourchons nos bicyclettes direction İzmir. La route court en ligne droite au milieu des collines désertes. Peu á peu les arbres remplacent les cailloux et, en rejoignant la baie d'İzmir, nous retrouvons la civilisation, sa circulation, ses concerts de klaxons. Que la ville semble loin. Un cycliste s'arrête et se propose de nous accompagner jusqu'à la ville. Après avoir été survolés par un escadron d'hélicoptères et assister au rassemblement des bidasses, Arkan nous guide á travers champs d'orangers, parcs et pistes cyclables pour nous laisser devant le port ... car ce que nous avions oublié de regarder dans notre ignorance de voyageurs c'est qu'İzmir est la troisième ville de Turquie avec ses 2 millions 600 mille habitants et que notre hôte du soir habitait á l'exacte opposé de notre entrée dans la ville. Soit une bonne vingtaine de kilomètres de voies rapides avec des voitures qui se croisent dans tous les sens ... ou 20 minutes de bateaux et 5 kilomètres de vélo. Grace á Arkan nous somme arrivés entiers chez Ertrügül et sa famille. Seulement bien trempés, mais ça c'est devenu une habitude.
 
Après İzmir direction la cote lycienne. Mais les quelques jours pris á Athenes se sont rappelés á nous et P2150457.jpgcomme nous voulions aller á Pamukkale (vous savez ces concrétions de travertin que l'on voit dans presque tous les kebabs), que la Turquie est grande et montagneuse et qu'Yves (le papa d'Aurelie) nous rejoignait á Antalya le 21 février, il a fallut se décider : soit se gaver de patators et rouler jours et nuits, soit équiper nos vélos de moteurs, soit mettre tout le monde dans un bus. Finalement comme nous avions déjà des problèmes de ventre et que nous préférons les transports en commun aux transports individuels motorisés nous avons choisis l'option bus. En acceptant de faire un petit détour nos vélos ont pu voyager confortablement dans de grandes soutes. Jusqu'en Turquie les seuls transports en commun que nous avions utilises été le bateau et le train ... pour cause d'annulation de bateau. En une semaine nous nous sommes rattrapés : İzmir - Ephesus - İzmir - Denizli - Moğla - Fethiye. Le record revenant au vendredi 13 février avec 6h de transport en communs pour faire l'aller retour á la cite antique d'Ephesus. 80km...il est parfois plus rapide de préférer le vélo.
 
La cote Lycienne, Fethiye-Antalya : plus de 300km en 3 jours, finis le farniente, il va falloir pédaler ! Nous faisons le trajet par la route, nous y reviendrons par les chemins avec Yves. Entre 2 coups de pédales et 2 gouttes de pluie nous prenons note des endroits á éviter á pied : les deltas des rivières se sont peu á peu envasés, créant des zones fertiles propices á une agriculture sous serre intensive. Notre guide indique un bourg agricole. Dans nos têtes des fermes où il va être facile de demander á dormir dans un bout de champs ...  en réalité une ville de 50.000 habitants, des barres d'immeubles au milieu d'une mer de plastique. İmpossible de planter la tente. La nuit tombe. On continue vers les montagnes, on sort de la ville, dans le noir des aboiements se font entendre. Devant, á droite, á gauche ... souvenir d'un fameux virage grec. Demi-tour express. Finalement les pelouses de l'hôpital nous mettrons á l'abri de ces aboiement nocturnes.
 
Le lendemain, c'est á peine si les chiens daignent nous jeter un regard ! En bas de la cote nous faisons la P2190551.jpgconnaissance de Thierry, cyclo suisse en route vers l'Egypte. Ensemble nous passons le col dans le brouillard. Dans la redescente la pluie nous rattrape. Et c'est bien sure au bord de la 2x2 voies, une vingtaine de kilomètres avant Antalya, sous la pluie et á la nuit tombante que nous avons notre première crevaison. Mais grace á la super cape rose de Thierry,

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