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Tour du monde a velo - Terre de paysages

Récits - Amérique du sud 3

Mea culpa, suivant les pays les accents sont plus ou moins présents sur les claviers, ce qui explique leur absence dans certains de nos textes. Désolé pour cette difficulté de lecture.

 

Bolivie-09.JPG

Bolivie, Chili, Argentine, sel, sable et soleil

Mis en ligne le 2 février depuis Santiago (Chili)

 

Bolivie, entre lac et désert

 

Le lac Titi Caca, Copacabana, l’ile du soleil, si certains y vont pour méditer et se sentir plus près des astres, nous y allons pour…profiter du paysage. Pour les péruviens c’est la forme du lac qui lui aurait donné son nom, pour les boliviens le nom viendrait d’un rocher de l’ile en forme de puma, Titi Khar'ka  en aymara signifiant rocher du puma. L’ile est belle et touristique. Y randonnent des touristes terrassés par l’altitude et des italiens qui viennent s’exercer à la plongée sous-marine en altitude ! Pour donner le rythme, chaque communauté de l’ile a mis en place un péage, soit trois sur les 11km que fait le sentier. Pas mal.

 

Nous reprenons la route pour la Paz en longeant les montagnes. Les orages se déchainent sur les sommets. La Pampa se peuple. Nous demandons à un berger si nous pouvons camper. Il nous répond que oui sans soucis, mais qu’il faut faire attention aux voleurs. Nous lui répondons qu’au milieu de nul part, personne ne va nous voir. Il nous dit que lui sait qu’on est là et nous demande un peu de monnaie…

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La Paz, la pause, une grande. Nous retrouvons Alvaro et Isabelle. Des amis de Grenoble revenus au pays. La maison d’Isa se part d’une atmosphère boliviano-grenobloise qui nous fait du bien. Après  le repos pour mater une dernière attaque d’E.Choli, les tours en ville, les marchés peuplés de cholita, ces femmes au chapeau melon habillées de mille et un jupons, les fœtus de lama séchés qui doivent certainement apporter beaucoup de chose (les fœtus seraient ramassés sur l’altiplano après avoir été expulsés par le corps de leur génitrice un jour de trop grand froid), les balades au milieu des combis en furies, Alvaro finit par nous pousser sur le Huayna Potosi, sa montagne, encore habitée, pour un temps, de glaciers.

 

Départ  samedi soir avec Isabelle, Javier, un ami et Benjamin, un grenoblois,Huayna-Potossi-03.JPG coloc d'Isabelle et au début d'un volontariat de deux ans en glaciologie, nous campons tous ensemble au pied de la montagne. Arrivée de nuit dans le froid et les giboulées de neige. Isabel ne se souvient plus du chemin pour aller au superbe emplacement de camping près du lac. D'ailleurs elle ne se souvient plus vraiment s'il y avait un emplacement pour camper. On monte, on descend, on ne sait pas trop, on reste au milieu. Un fois les tentes plantées, on réchauffe la tambouille préparée quelques heures plus tôt. Humm. Lendemain matin, grand beau. Le lac est dans un environnement plutôt hostile, mais à la plus grande surprise de Benjamin, il est au pied de son glacier d'étude !

 

Pendant qu'Isabel et Javier redescendent à la Paz, avec Benjamin nous continuons vers le refuge et le camp de base. En chemin nous croisons la si convoitée Paola, une connaissance de Benjamin. Avec ses deux compagnons de cordée, ils ont campé à une heure de marche au-dessus du refuge. Ils nous conseillent l'endroit. Nous continuons de monter. L'orage éclate. C'est la saison. La neige se met à tomber. Cachées derrière une moraine, deux cholitas nous sautent dessus, pour nous sommer de nous enregistrer et surtout de payer le péage. Le ton n'est pas des plus sympathiques et les péages au détour des virages ça commencent à nous souler. Nous passons notre chemin sans nous enregistrer et sans payer. Nous ne sommes pas très fières, mais mais ceux sont des manières qui ne nous plaisent guère. 

Bref, tonnerre, neige, vent, le refuge. On s'y réfugie. Le gardien est au fond duHuayna-Potossi-05.JPG lit. Benjamin se présente (il va quand même travailler pendant deux ans dans les proches alentours). On repart, grimpe sur l'arrête, Aurélie entend un drôle de bruit, on continue et on arrive à la cabane-refuge décrite par Paola. Pas d'emplacement pour camper et surtout le bruit reprend. Les abeilles! Bourdonnement qui annonce l'imminence d'un éclair. Nous jetons piolets et pieux à neige et redescendons à tout berzingue droit dans le glacier. Pas de crampons, pas de piolets, pas de cordes, mais quelle vitesse!  Plus d'une heure pour monter, moins de dix minutes pour descendre! Retour et refuge. Finalement les emplacements à ses cotés sont très bien....et la petite soupe minute aussi....

Dix heures du soir, réveillés par le vent. Ca souffle dure. Drôle de bosses dans les pieds. La neige est passée entre le toit et la tente intérieure. Nous repoussons l'intruse et faisons tomber la neige accumulée sur la toile intérieure. Donc nous n'avons pas une tente quatre saisons... Pendant ce temps, Benjamin est mort de froid, de peur, tout seul dans la tente d'Isa.

Minuit et demi, réveil. La tempête s'est calmée, finalement il n'a pas tant neigé,Huayna-Potossi-12.JPG mais le temps n'est pas des meilleurs. Quelques éclaires au loin, le ciel qui se découvre pour mieux se recouvrir. Flo va voir du coté du refuge, les guides disent que le vent a tourné et que quand il vient de l'ouest, on ne peut pas atteindre le sommet. Mais ils vont y aller, les clients ont payés. Benjamin a petite mine, très froid (et dire que des grenoblois lui avaient dit qu'il n'aurait pas froid dans les Andes avec son équipement, on n'avait bien émis quelques doutes, mais bon...). Le brouillard nous enveloppe. Flo a un petit mal de bide. C'est la goutte qui nous fait rester. Ils sont beaux les hommes! Les guides partent avec leurs clients. Nous nous recouchons. Les étoiles apparaissent. Le lendemain, c'est le soleil qui nous réveille. Le sommet est dégagé. Pas pour longtemps, mais suffisamment pour émerveiller les deux premières cordées qui y sont arrivées. La troisième y est également parvenue, mais la descente semble fastidieuse et longue, longue, longue. Nous décidons de rester pour tenter le lendemain. Pliage de la tente d'Isa, Benjamin se réfugie chez nous. Révision des manipes de cordes et du mouflage (comment sortir quelqu'un d'une crevasse) avant l'orage et la neige. Après-midi dans la purée de pois. On y croit moyen. Nous discutons avec les nouveaux guides. Ils connaissent bien Alvaro, Isabel et toute l'équipe de l'IRD avec laquelle travaille Alvaro et Benjamin (et aussi Isabel, mais pour l'instant de manière bénévole....en attendant la signature d'un contrat). Le premier emmène deux françaises, il ne pense monter qu'avec une, la deuxième a trop froid. Le deuxième guide emmène un couple d'anglais. Et une troisième cordée arrive, un guide et deux français que Benjamin a rencontré la semaine d'avant. Quand on leur raconte notre montée sous l'orage, ils nous demandent si eux aussi peuvent aller écouter les abeilles... Pas tout compris les gars.

Dodo au chaud. Réveil sous un temps pas merveilleux, mais ce n’est pas laHuayna-Potossi-17.JPG tempête. Tout le monde a bien dormis. Pas de mal de ventre. On part en troisième. On rattrape les françaises. Celle qui avait froid a le cul dans la neige, impossible d'aller plus haut, l'autre nous demande si elle peut se mettre sur notre corde. Je crois que ça va pas être possible. Nous sommes déjà trois et on n'embarque pas quelqu'un que l’on ne connait pas dans une montagne que l'on ne connait pas. Désolé. Les français nous distancent et les anglais nous rattrapent. Benjamin est pris de mal de ventre. Premier arrêt. Nous repartons. De derrière je le vois vaciller, un coup à droite, un coup à gauche, et pourtant c'est la partie plate... Deuxième arrêt. Troisième arrêt. Le casque qui ne rentre plus sur le bonnet, la fausse envie de pisser, la pause gâteau, le crampon qui se décroche. Notre apprenti glaciologue ne va pas très bien. Je n'y crois plus vraiment. Flo continue de se renseigner, pas de mal de tête, pas d'envie de vomir, ce n'est pas le mal des montagnes. On continue. Il le pousse, enfin le tire, histoire d'arriver sur la crête, voir si le brouillard est moins épais de l'autre coté. Ouf, nous y sommes, Benjamin a repris du poil de la bête sur les passages techniques et c’est au tour d’Aurélie de flancher. On aperçoit le lac Titi Caca au fond. Les deux autres cordées redescendent du sommet. Nous ne sommes plus très loin, petite arrête vertigineuse et c'est bon. Benjamin va mieux, on se lance dans les derniers mètres, et ça y'est nous y Huayna-Potossi-15.JPGsommes au sommet du Huayna Potossi, notre premier 6000m, 6088 pour être plus précis. On n'y reste pas. Aurélie  a perdu son souffle, un onglet, ça faisait longtemps. Le vent souffle et les nuages montent. Deux photos et on descend, en s'assurant, parce que le vide, il nous fait un peu peur et que nous n’avons pas la main sure des guides (ou l'inconscience...). Descente dans le brouillard. Benjamin ne comprend pas ce qu'il lui est arrivé. L'altitude mon petit, faut pas la sous-estimer, et le froid... Descente facile entre quelques crevasses, enfin ce que l'on en voit. La neige nous prend au refuge et ne nous quitteras pas jusqu'à la Paz...où l'on retrouve la pluie et Isabel avec une bonne soupe bien chaude!

 

De retour de montagne, Florent se casse une dent, non pas sur le chemin de2-Bolivie--06-.jpg la descente mais en mangeant ses flocons d’avoines quotidien. Asi es. Mais comme nous sommes à la Paz tout va bien. C’est comme avoir une crise d’appendicite à Quito, c’est pas si pire. Bon, donc après réparation de la dent, l’estomac au top de sa forme, nous sommes fin prêt pour repartir. Mais cette fois c’est la côte de Flo qui se fait joyeuse. Pas de chute de vélo, non, non, une histoire absurde de vouloir enfoncer les portes fermées. Asi es. La radio ne montre aucune brisure, mais la douleur se fait bien sentir. Impossible de bouger, éternuer, rire, alors ne parlons pas de vélo ! Une bonne semaine de repos s’impose. Pendant ce temps la saison des pluies nous rattrape.

 

Après deux trois soirées et la visite des derniers musées, il est temps de2-Bolivie--09-.jpg partir. La remontée sur l’altiplano est terrible. Pas tant pour le trafic, une bande d’arrêt d’urgence nous met à l’abri des combis, mais pour la pollution qui nous brule les poumons. A force de vivre dans les vallées perdues de montagne nous ne sommes plus habitués à l’atmosphère citadine ! Mais nous finissons par rejoindre l’altiplano et sa belle route goudronnée pour Oruro. Evo nous fait de l’œil sur les panneaux qui annoncent les montants des travaux. Evo dit, Evo accomplit. Evo va-t-il récupérer la mer comme le disent les immenses affiches à La Paz? La mer est un droit, la récupérer est un devoir. Aurait-il un problème politique pour réveiller des histoires vielles de plus d’un siècle ?  Mais il parait que c’est une grande classique des gouvernements boliviens, s’attacher à la mer perdue plutôt qu’à défendre la richesse de la selva et de la sierra. La selva nous ne la verrons pas. Nous restons sur l’altiplano et sur la route du salar d’Uyuni où nous rencontrons Jose. Il avait prévu d’aller à Potosi, mais finalement il s’achète tente et couverture pour nous suivre sur le salar.

 

La route s’avère davantage goudronnée que prévu, la piste sableuse à laquelle2-Bolivie--15-.jpg nous nous attendions s’est élargie et empierrée en vue d’un probable futur goudronnage. Le salar d’Uyuni, plus grande réserve de lithium au monde… D’orages en orages, de refuges en refuges nous arrivons à Salinas au nord du volcan Tunupa, au nord du salar. Deux options s’offrent à nous pour rejoindre la salar. Contourner le volcan par l’ouest, plus court et surtout nous passons prés d’un mirador qui nous permettrait d’avoir une vue de tout le salar. Par contre, d’après un topo de cyclistes  la piste est impraticable par temps de pluie. Ou contourner le volcan par l’est, plus long, nous ne passons pas au pied du mirador, mais la piste est plus sure en cette saison orageuse. Un guide du village nous conseille de passer par l’est. Et c’est partit. Sous le soleil du 2-Bolivie--22-.jpgpetit matin nous fonçons sur la piste jusqu’à…se retrouver complètement embourbés à ne plus pouvoir faire tourner les roues. Une deux trois tentatives d’aller plus loin, parce qu’on voudrait y croire que la route est sèche, que l’on va pouvoir grimper sur le mirador. Mais non, 2km en deux heures c’est trop. Surtout qu’il va falloir les faire en sens inverse maintenant…Cinq heures après être partis de Salinas nous nous retrouvons sur la piste de l’ouest à 4km du village. Qu’importe, il fait beau, presque pas d’orage et la piste est bonne. C’est reparti ! Dans notre empressement nous loupons une intersection et le détour se fait beaucoup plus à l’ouest que prévu. Les kilomètres de notre topo ne nous servent plus à rien. Nous ne savons pas à combien de kilomètres de 2-Bolivie--28-.jpgTahua (le village au sud du volcan, notre point de départ pour la traversée du salar) nous sommes. Nous arrivons sur un salar…en eau. Tahua serait derrière la montagne d’après les habitants de cette rive perdue. Mais quelle montagne ? Là est la question. Après avoir passés plusieurs péninsules en suivant la « cote », nous nous voyons condamnés à mettre les roues dans l’eau. Toujours pas de Tahua en vue. Fatigués nous abandonnons l’idée de rejoindre Tahua et retournons sur la terre ferme face à un magnifique couché de soleil.Nous avons bien fait car c’était 20km de sel qu’il nous restait pour rejoindre notre dernier point de ravitaillement avant la grande traversée.

 

Tahua, un lavage à grandes eaux des vélos s’impose. Sel et boue ne sont 2-Bolivie--37-.jpgpas  la meilleur des cosmétiques pour nos bécanes. Après nous être renseignés auprès des habitants, nous nous élançons vers deux bosses à l’horizon : l’ile aux poissons où nous comptons bien planter la tente. Vu la dureté du sol salé et le vent qui souffle, un bivouac en pleine mer n’est pas vraiment envisageable. Le salar est finalement sec, presque, plat, plus ou moins. Le sel en séchant laisse des hexagones aux rebords relevés. Et ça tap, tap, tap, tap à chaque coup de pédale. Nous arrivons une demi-heure avant le couché de soleil, juste à temps pour monter admirer la vue sur le sommet de l’ile.

J2, nous prenons la direction de l’ile Incahuasi. A 10h nous arrivons en même temps que les jeeps aux passagers qui nous regardent un peu hallucinés. 2-Bolivie--34-.jpgQuelques mètres pour faire le tour de l’ile et nous sommes sur notre point de séparation avec Jose. Il a prévu de rejoindre la ville d’Uyuni à l’ouest, nous allons vers le sud Lipez au sud, toujours. Nous lui donnons une vague direction : tu vois la montagne à deux bosses sous le nuage, tu vises un peu à droite et tu devrais y arriver… Nous le regardons partir, petit pont noir perdu dans l’immensité blanche, espérant qu’il maintienne la ligne droite.

Quand à nous plein sud ou presque. Carte, boussole et paysage ne corresponde pas vraiment…nous nous fions au paysage : à gauche de la grosse montagne pour atteindre une rive que nous ne voyons pas. Et c’est partit ! Quarante kilomètres de sel sec, puis humide, puis franchement en 2-Bolivie--39-.jpgeau. Nous sommes Jesus roulant sur l‘eau, Moïse roulant entre les eaux. Heureusement la couche de sel est dure. Roulez poulette ! Pause pique-nique sur une ile déserte et nous nous enfonçons dans les profondeurs aquatiques. Au loin finit par apparaître un véhicule : exploitation de sel ? Non, dépannage d’une voiture sur la piste qui traverse le sud du salar. La piste est surélevée, elle bloque l’eau et provoque l’inondation du salar. La piste c’est aussi notre ligne d’arrivée. Nous ne pouvions pas la louper ! Fin du voyage en eau salée. Nos beaux vélos noirs aux allures de taxi londonien ont revêtu des robes de mariée !

Revenu sur la terre ferme, le vent nous empêche d’atteindre le prochain 2-Bolivie--42-.jpgvillage. L’eau qu’il nous reste nous la buvons. Nos bas de pantalons se sont transformés en armure, il nous faut presque cinq minutes pour les enlever ! Nous avons faillis dormir avec des paquets de sel accrochés aux jambes en attendant le prochain point d’eau pour faire fondre tout ça.

 

San Juan, midi, seules quelques âmes osent braver le soleil de l’après-midi. Dessalage de toutes nos affaires et nuit …dans un hôtel au mur et sol de sel !

 

Le topo nous annonce neuf jours pédalés pour traverser le sud Lipez, nous 2-Bolivie--45-.jpgpartons les sacoches remplies de dix jours de nourriture, au cas où. Les cinq cents mètres à la sortie du village sont prometteurs : c’est l’ensablage total. Mais pour nous donner du cœur à l’ouvrage la piste se met vite sur un salar asséché, tout plat, tout dur. Nous fonçons jusqu’à Chiguana. Un village abandonné. Une forteresse militaire ravitaillée en eau par train. Des boomkers peint au goût du jour : une tête de mort avec l’inscription « Antofagasta », l’ancien port bolivien devenu chilien suite à la guerre du Pacifique (1879-1883). Les vélos alourdis de deux jours d’eau nous attaquons notre premier col : des pierres dans des ornières sableuses. Que du bonheur ! Nous craignons le pire pour la suite. Mais non c’est finalement plus facile que prévu. La piste 2-Bolivie--55-.jpgs’améliore. Dix kilomètres sur la route internationale, nous donne confiance.  Un petit col où les jeeps semblent souffrir au moins autant que nous et nous entrons dans la vallée des lagunes. Le calme, les flamands roses. Le désert que nous aimons. Nous rejoignons l’hôtel de los flamingos plus vite que prévu. Quand Florent se renseigne auprès d’un jeune pour savoir à qui demander de l’eau, le jeune lui répond à lui bien sur. Nous serons accueillis comme des rois par la jeune équipe de travailleur. Le premier nous propose très vite sa chambre avec l’autorisation du chef de 26 ans. Les filles qui ont quitté l’école un peu trop tôt, nous indique la meilleure douche chaude que nous ayons prise depuis longtemps. La plus jeune, en cachette des autres, remplis nos sacoches. Pâtes, œufs, thé, café, pain, passent en tout discrétion de mains en mains. Chut…Des gamins incroyables qui nous permettent d’apprécier pleinement le plus beau des cadeaux : les couleurs magnifiques du coucher de soleil sur la lagune.

 

Nous partons tôt le lendemain matin pour avancer le plus possible avant le 2-Bolivie--65-.jpgvent de l’après-midi, pour profiter du calme de la matinée. Pas de jeeps pour briser le silence de notre balade au milieu des lagunes. Nouveau col. Le topo pousse le vélo. Nous sommes sur nos bécanes. Nous nous sentons les plus forts du monde…jusqu’au sommet. La descente, nous la passons à pousser les vélos, luttant contre le vent dans trente centimètres de sable. Pendant ce temps les jeeps s’amusent dans les dunes. Certains ralentissent en nous voyant. Quelques photos et hop c’est reparti. Les plus téméraires nous encouragent par la fenêtre. Beaucoup ne s’approchent pas. « Sur votre gauche deux êtres que l’ont dit humains malgré la monture de métal sur laquelle ils passent une grande parti de leur temps. Au vu de la tache noir qui orne leur arrière train nous pouvons supposer que ceux-ci doivent passer plus de six heures quotidiennes sur leurs engins. Le cyclo est une sorte de nomade, sans l’être. Il retourne rarement sur les lieux qu’il a déjà visités. Contrairement aux autres peuples nomades, s’il se déplace en fonction des saisons ce n’est pas pour des raisons agricoles ou de commerces, mais essentiellement pour des raisons de confort. De plus il reste rarement plus d’une semaine au même 2-Bolivie--66-.jpgendroit, en général il déplace même quotidiennement son logis, une sorte de cabane relativement légère constituée d’une armature en métal recouverte d’un tissu le plus souvent synthétique. Le tout est communément appelé tente. En général la tente est accompagné de matelas plus ou moins confortables et de duvets plus ou moins chauds, mais surtout d’un engin, appelé réchaud,  permettant de cuisiner. Celui-ci peut fonctionner au gaz, au bois, à la bouse de vache, mais le plus commun chez les cyclos que l’ont dit au long cours est l’essence. Ce qui explique la présence de cyclos dans les stations essences. Le cyclo est un animal dont il faut se méfier, en pleine expansion alors que son évolution génétique n’est pas toujours en adéquation avec les terrains qu’il traverse. Pour ce manque de préparation le cyclo peut être amené à s’approcher des jeeps pour quémander un peu d’eau, de la nourriture, voir de l’essence. Certains osent même demander à être pris en stop. Pour cela il ne faut pas trop s’en approcher et pour plus de précautions une petite accélération dans la poussière démotivera les plus téméraires. Mais le cyclo ne mort, ne jette pas des pierres, en tout cas pas sur les autres êtres dit humains (hormis un cas unique de folie recensé à ce jour), n’insulte pas à moins d’avoir été poussé à bout. Disons 2-Bolivie--63-.jpgqu’en temps normal le cyclo est un être doux avec lequel on peut converser en toute tranquillité tout en sachant qu’en fin de journée la conversation risque de terminer sur les lieux où il serait possible de camper…soit votre jardin. Mesdames et messieurs encore quelques photos et il nous faudra reprendre la route à travers ce milieu incroyablement hostile pour continuer l’aventure de votre vie. Nous n’avons qu’une soixantaine de litre d’essence pour les imprévus (mais nous aimerions bien pouvoir les vendre dans les villages comme ce qui est prévu)  et seul un hôtel sommaire nous attend en cette fin de journée : vous aurez de l’eau chaude pour la douche salvatrice mais le repas ne sera certainement constitué que de spaghetti à la sauce tomate. Ainsi vous pourrez partager une partie du quotidien de ces êtres dit humain. Des cyclos nous rattrapent ! Mesdames et messieurs, nous partons. »A l’approche de la nuit nous débauchons de notre rôle dans ce safari et nous courons, à la vitesse impressionnante de 4km/h, nous réfugier dans l’anse d’une petite falaise sortie de nulle part.2-Bolivie--69-.jpg

 

Le lendemain nous attend le clou du voyage, l’arbre de pierre, et nous entrons dans la réserve nationale d’Eduardo Avaroa. La piste devient étonnamment bonne, large, nivelée. Sans doute pour canaliser les jeeps, nous nous disons. Que nenni, dans le parc il y a une mine de bauxite à l’est qui exploite le sel à l’est pour l’extraction. Nous passons une nuit rythmée par le va et vient des camions dans un canyon prés de la laguna colorada.

 

Nouveau col, en phase avec les jeeps… Hummmm.  Dans un nuage de poussière le chauffeur d’une jeep (sans touristes, fait rare) nous fait comprendre qu’il faut que l’on roule à droite. Oui mais à droite ça ne roule pas et qui maintient sa droite, avec ou sans moteur, sur ces pistes ? Que l’on prenne 50cm à droite ou à gauche qu’importe tant que l’on n’est pas milieu. A savoir que le chauffeur de jeep n’est pas toujours aigri par la présence de cyclos. Certains s’arrêtent même pour s’inquiéter de nos besoins tandis que ses passagers sont prêts à nous donner tous les litres de coca qu’ils peuvent pour étancher notre soif qu’ils imaginent immense. Après les geysers nous nous jetons dans la piscine thermale. Le cul dans l’eau chaude légèrement salée nous profitons d’un nouveau couché de soleil sur lagune avec flamands roses, bien sur, et lamas qui rentrent nonchalamment au bercail. Elle est pas belle la vie ?

 2-Bolivie--79-.jpg

Col des condors et descente au ralentie pour cause de vent sur les lagunes verte et blanche. La verte est toxique, pas un oiseau, alors que la blanche pousse les cris habituels. Nous nous réfugions dans des ruines en stuff pour notre dernière nuit dans le sud Lipez.

Derniers kilomètres, nous arrivons à 9h à la frontière, c’est l’heure de pointe, le chassé-croisé des touristes qui sortent du salar et prennent le bus pour San Pedro et ceux qui arrivent tout frais pour monter dans les jeeps. Une taxe officialisée par les guides de voyages et autre topo est demandée par les douaniers boliviens. Normal, pas chère pensent environ 99,99% des gens. Seul le cyclo, cet être tordu dit humain, est prêt à en découdre pour ne pas participer à un système de corruption. Les douaniers ont du le sentir car ils ne nous demandent absolument rien…

 

 Chili-1--03-.jpg

Chili, entre cactus et éclaires c’est la fête !

 

Quelques derniers kilomètres pour sortir du désert d’une piste chilienne presque parfaite. S’il n’y avait pas ces sacrées côtes ! Ils doivent avoir de gros moteurs dans ce pays. Enfin nous arrivons sur l’asphalte ! Un panneau routier annonçant qu’il est à nouveau possible de doubler nous souhaite la bienvenue dans une autre civilisation. Soixante-dix kilomètres de descente pour arriver à San Pedro. 2400 mètres plus bas c’est le choc thermique et culturel ! Nous sommes deux êtres hallucinés, couverts de poussières, les lèvres brulées par le vent et le soleil, errant au milieu des maisons en adobe parmi d’autres êtres en short et mini-jupe à fleur. La vision nous parait surréaliste. Nous nous préparons à fêter noël au milieu des cactus avec Robert un cyclo anglais qui vient de casser sa roue libre dans le sud Lipez. Fois gras et chocolat ont supporté les 1000 derniers kilomètres et ont passé la douane sans encombre pour notre plus grand bonheur. Un jour de repos pour dépoussiérage obligatoire, soirée avec une famille française, les Mazets, partis pour trois ans de tour du monde, et nous repartons à l’assaut de la cordillère. Objectif : l’Argentine par le col Sico. On nous l’a annoncé superbe et nous Chili-1--13-.jpgl’avons lu difficile, très difficile. Sortie de San Pedro, la route passe entre une chaîne de volcans et la salar d’Atacama. Le vent du désert nous fouette la joue gauche et fait pencher vélos et bus. Nous traversons des villages indigènes aux allures nord-américaines. Jeans et casquettes sont de mises dans ces villages hésitant entre abandon et jamais fini. Fini l’asphalte, nous prenons de l’altitude sur une piste excellente, le rêve ! Nous continuons de longer des volcans aux pieds devenus verts et peuplés de vigognes et …autruches, heu non, pardon, de nandous nous disent les spécialistes. Les flamands roses paraissent sur les lagunes et les paysages prennent des formes et des couleurs à égayer le plus sec des déserts. Nous passons notre dernière nuit chilienne (pour ce passage-ci) dans une mine abandonnée, mais avec deux gardiens qui nous donnent de l'eau, prêtent des lits et leur cuisine collective pour cuisiner. Grâce à l´antenne satellite, après le prix du repas du réveillons (20% de différences suivant les quartiers de Santiago!!!), le miraculé de l'accident d´avion et les magnifique télénovelas, nous avons même pu apprendre la mort de Kim Jung Il et voir des images de cette Corée du nord dont nous étions si proche, quelles magnifiques pleureuses!Chili-1--18-.jpg

Donc, nous disions donc, après la mine la piste continue de monter jusqu’à un col sans nom mais 500m plus haut que le paso Sico....pour redescendre sur le poste frontière chilien. Ils sont censés être cinq à travailler mais il n´y a que le préposé à la fouille des fruits et légumes qui est levé...les autres doivent encore digérer le barbecue de l’avant veille... On ne leur en veut pas trop, nous n’avons vu le premier véhicule de la journée qu´à 15h, quand nous quittions le poste de frontière argentin, un camion vide du lithium, qu'il venait de décharger à Antofagasta.

 

Argentine, désert en basse altitude

 

Le poste Argentin est tout beau, tout neuf, tout grand. Une équipe d’au moinsArgentine--03-.jpg quinze personnes est d’attaque pour accueillir les deux premiers clients de la journée : nous ! Fort sympathique l’équipe. Ils nous donnent de l´eau, prêtent leur cuisine et presque ils nous auraient donné des lits si l’on ne s´était pas enfuit sur une piste....terrible! Des kilomètres et des kilomètres de tôles ondulées, le vent de face avec les orages qui montent de tout les cotés, comme la route, parce que les douaniers ils sont toujours en bas à l´abri du vent mais les cols ils sont...en haut. Hum, oun vrai plaisir! Mais comme la nature fait bien les choses elle nous offre un superbe feu d’artifice pour le 31 janvier : la foudre tombe sur les montagnes environnantes et finis même par traverser le ciel au-dessus de notre tête. Magnifique ! Heu, oui, bon bref. Argentine--15-.jpgDe cols en cols, de hameaux abonnés, en villages miniers encore sur pied, nous rejoignons l’asphalte pour un dernier col à 4000m. Puis c’est la descente. Cent vingt kilomètres au milieu de cactus, buisson épineux et ânes en liberté (une bestiole qui à tendance à proliférer un peu trop depuis qu’ils ont été abandonnés par les premiers conquistadors, mais il parait qu’on peut le chasser et en faire du saucisson, alors ça va). Les pénitents de rocaille qui bordent la route se sont habillés de gris et ocre. Et le vert fait son apparition, pas une sorte de vert poussiéreux, mais un vrai vert bien gras. Une couleur oubliée depuis des semaines ! Un vert peuplé d’oiseaux. La vue, les oreilles se réjouissent de cette douceur.

 

Non nous n´avons pas plongé dans l´Amazonie, mais au milieu des Kangoos.Argentine--18-.jpg Choc spatio temporel! Des voitures ni déglingues, ni énormes, des trucs presque de tailles normales sauf qu´ils sont récents et propres, des maisons avec des piscines et des pelouses vertes, des banlieues qu´on se croirait dans une série américaine. A Salta, nous sommes accueillis par Cocho et Myriam (une cousine de Pierre-Louis de Grenoble) dans une maison remplie de filles qui parlent français. Il y a même une machine à laver le linge, le truc incroyable! Trois jours de fête et de repas pour reprendre pied avec la civilisation.

Visite de Salta et de ses momies : des enfants incas emmenés en altitude, sur le chemin des dieux. Des explorateurs les ont retrouvés endormis dans la même position qu’il y a cinq cents ans.

Au détour des rues nous tombons sur un groupe de musique : flûte de pans et guitare, la musique que nous pensions entendre au Pérou, nous la rencontrons en Argentine !

 

Nous en profitons pour faire une petite pause musicale avant d’attaquer de nouveaux déserts.

Tout d’abord la cumbia péruvienne, l’idole des chauffeurs de bus, arriba, arriba las manos ! Lima, Cusco, Ayacucho, Cajamarca, arriba, arriba! tududududu!  

 

 

 

Ensuite petit tour en Bolivie avec les conquistadoras de Potossi.

 

 


 

Les indigènes du continent se lèvent, en Bolivi avec les Wayna rap,

 

 


 

 

 

au Chili avec WecheKeche Ñi Trawun et le rap mapuche.

 

 


 

 

Pour finir sur des notes plus douces, visite du terminal de bus de Tijuana.

 

 


 

 

(un grand merci à Isabel et Liliana, nos conseillères musicales)

 

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Fin de la pause musicale nous remontons sur nos bicyclettes direction le sud. Nous laissons de côté la route 40 (un petit peu marre de la piste, il faut bien l’avouer) pour remonter la quebrada de las conchas et ses magnifiques falaises rouges. Cafayatte, visite du musée du vin pour attendre la venue de l’orage… Petit détour par les ruines de Quilmes. Un peuple qui avait résisté aux incas, mais n’a pas survécu à la conquête européenne. Les derniers survivants des guerres indiennes ont fini par être déplacés à Buenos-Aires où ils ont fondé le village de…Quilmes.

Nous longeons la montagne, l’orage s’y déchaine. Nous accélérons pour se mettre à l’abri dans un village que l’on espère proche. L’orage passe par-dessus la montagne. Nous accélérons. Les éclaires ne se contentent plus de tomber au sol mais rebondissent pour traverser le ciel au-dessus de notre tête. 35km/h penchés par un fort vent de côté, nous nous réfugions dans l’église juste avant la tempête. Ouf. Le lendemain l’orage nous prend dans la pampa. Nous passons la nuit à faire des exercices mentaux destinés à créer une bulle d’énergie qui nous protège de la foudre. Le surlendemain nous ne nous faisons pas avoir. En début d’après-midi nous montons en haut d’un col. De l’autre côté tout est noir, aucune échappée possible. Demi-tour vers le dernier village où quelqu’un nous avait proposé son toit. Une heure de  Argentine--34-.jpgmontée, huit minutes de descente et une soirée passée à fêter l’anniversaire  de Fernando au son du floklore argentin. Deux jours plus tard, notre peur de l’orage nous vaut une ballade en pelleteuse. Face aux gouttes qui tombent du ciel au pied de la côte Miranda nous nous réfugions dans un acapamento vial, les cantonniers du coin. Les trois générations de la famille Ortiz nous charrient face au ciel qui se couvre, découvre, couvre, découvre. Bref, face à la proposition d’un lit et d’une douche, nous restons, ce qui nous vaut un petit tour dans la pelle d’une grosse machine pour aller réparer le canal qui alimente le campement et qui avait été emporté par les dernières fortes pluies. La soirée se termine autour d’une milanesa et de verres de fernet au coca, la boisson Argentine--35-.jpgnationale.

 

Le lendemain nous faisons la connaissance de Manu et Aurélien qui font un tour du monde au moyen de différentes locomotions et de Sandrine, Philippe, Cédric, Margot, Léna et Nicolas, notre première rencontre avec une famille à vélo, française comme il se doit ! Tout le monde est tout sourire et cette bonne humeur efface tout notre scepticisme quand à allier voyage, vélos et  enfants.

 

Après la visite du parc de Talampaya, nous squeezons la vallée de la lune pourArgentine--37-.jpg filer rendre visite à San Expedito, le saint des causes désespérées mais surtout rapide. L’ami qu’il nous faut. Nous n’avons plus d’orages. Par contre la terre se met à trembler. Un peu, pas trop, juste le temps de se dire qu’est-ce qu’on fait, on sort dehors, on est dehors, bon, bin on reste dehors. Toit le soir. La nuit, la maison craque sous les secousses. Puis rien. Le lendemain Gladys remplis nos sacoches de victuailles et de cinq kilos de raisins secs…qu’il faudra manger avant la frontière au risque de tout perdre. Un peu plus loin Florent discute avec les vendeurs de légumes « vous venez d’où ?, de France, comment ça se fait que tu parles ma langue si tu viens de France ? heu… » et hop deux sacs de tomates et autres fruits viennent alourdir la charge de produits interdits.

Derniers kilomètres de désert et dernière nuit sur la pelouse du commissariat de Jocoli avant d’entrer au petit matin dans Mendoza. Trois jours de repos chez Olivier, un ami de la sœur de Florent, et c’est reparti.

 

Une journée entière pour sortir de Mendoza, parce que la vie de cyclos estArgentine--48-.jpg parfois bien difficile. Nous profitons de la présence d’un consulat honoraire français pour faire nos procurations. Mais avant les paperasses, le cœur fendu, nous avons du accepter le pique-nique offert par le consul, une série de petits sandwichs et desserts accompagnés de deux verres de vins du coin, puis il y a eu la visite de la cave avec  dégustations et enfin nous avons pu remplir les papiers. Ouf, nous avons failli ne pas pouvoir voter avec tout ce vin! Le fait est que le consul honoraire est avant tout le directeur d'une des plus grande cave de Mendoza et que pour faire plus simple il a fait déplacer les bureaux du consulat dans la cave. Ceci explique cela. Les jambes coupées par un vin a plus de 15°, nous finissons la journée chez les pompiers (en pleine forme ne vous en faite pas) qui venait de recevoir du matériel des pompiers français, voiture de Cannes et vestes de Haute-Savoie!
Ensuite nous attaquons la côte, pour de vrai, le vent dans le dos pour Argentine--61-.jpgune fois! Tellement rapides que nous rattrapons un couple de belges partit deux jours plus tôt et que nous croisons sans les voir deux français qui venaient en sens inverse (dont avec un vélo à main : Thomas Papay ), l’information nous avait été donnée par le consul puis confirmée par les belges. Mais le vent, nous l’avons quand même eu de face pour monter jusqu'au Christ rédempteur, la rédemption ça se gagne! Le Christ, statue, en haut du col, le vrai celui où l’on monte sur un chemin de terre, a un pied en Argentine, l’autre au Chili, pour celer la paix entre voisins.

 

La frontière. Nous mangeons le reste de nos raisins secs avec les douaniers (les fruits et légumes ne peuvent pas passer la frontière chilienne, donc oui nous pouvons manger 5 kilos de raisins secs en une semaine!) et nous allons poser notre tente sur les pelouses de la station de portillo, la première station de ski d'Amérique du sud et comme le chef (de la cuisine) trouve qu'il n' y a  pas beaucoup d'employés en cette saison creuse (une cinquantaine au lien de 500) il nous invite à manger. Le lendemain ce sont des policiers qui nous offrent la douche. Le père était chef de la police criminelle et le fils est inspecteur pour les homicides. Ils nous ont laissé tous leurs contacts au cas où...

Aujourd'hui nous sommes chez Jorge et Gallia et le petit Santiago de Grenoble qui a bien grandis. Presque en haut de la montagne (les fourbes, ils avaient fait exprès de ne rien nous dire!). Nous sommes en pleine  lonnnngue séance de réparation de vélos interrompue par des repas de salades gargantuestes et des visites aux cousins éloignés. Une sœur de l’arrière grand-mère d’Aurélie a émigré au Chili, il y a fort longtemps. Depuis le contact est resté d’un côté et l’autre de l’Atlantique et Aurélie a eu droit à une leçon de révision pour ne pas se perdre au milieu de tous les descendants !

 

C’est les vacances, les amis, le bonheur !

 

 

 

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